jeudi 20 décembre 2012

10 événements clés en marketing en 2012



Voici mon top 10 des nouvelles marketing et publicité de 2012 :

1. Kodak se met sous la loi de la protection sur les faillites []
Absent de taille à la soirée des Oscars 2012. Pour la première fois depuis des lunes, les acteurs reçoivent leurs statuettes dans un théâtre sans nom plutôt qu’au Kodak Theatre. 

On apprendra dans les jours qui suivent que Kodak traîne une dette de 6,7 milliards $ qui annonce à toute fin pratique une transformation radicale (entre autres, vente de nombreux brevets) de ce géant de l’ère industrielle fondé par George Eastman en 1889.

2. Bell achète Astral Media
En mars, transaction majeure dans l'industrie des médias canadiens : Bell achète Astral Media pour 3,38 milliards $.

En achetant Astral, Bell met la main sur des chaînes payantes de films, un réseau radiophonique comptant 84 stations réparties dans 50 marchés au Canada (le 2e plus important réseau au pays avec 17,1 % du marché), 100 sites Web qui touchent 3 millions d'internautes chaque mois et 9500 panneaux d'affichage publicitaires au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Ceci dit, le nerf de la guerre, ce sont assurément les 24 chaînes de télé spécialisées qui passent sous le giron de Bell (the Movie Network/HBO Canada, Super Écran, Musique Plus, Family, Canal Vie, Historia, Canal D, VRAK.TV, etc.), des canaux rentables et en croissance qui représentent 15 % du marché canadien à eux seuls.

Mais attention : chercher à contrôler plus de 40 % de la tarte médiatique au Canada peut se faire à vos risques et périls. BCE l’a appris à ses dépens à la fin de 2012.
En octobre, le CRTC annule l’achat d’Astral Media par BCE. Dans les faits, l’organisme fédéral avait trois options : approuver, refuser ou modifier l’entente.

En novembre, on apprend que Bell présentera une nouvelle offre au CRTC. À suivre...

3. Revenus record de commandite pour les jeux de Londres
Les Jeux olympiques de Londres qui ont lieu à l’été 2012 génèrent des revenus totaux de commandite de l’ordre de 2,2 milliards de dollars, selon Advertising Age.

Par rapport aux Jeux de 2006 à Turin et de 2008 en Chine, il s’agit d’une augmentation des droits de commandite significative. À l’époque, les commanditaires officiels avaient payé 866 millions de dollars au total pour les deux jeux (ceux de Chine et d’Italie).

À titre de comparaison, les revenus totaux de commandite aux Jeux de Montréal s'élevaient à 7 millions $.

4. Lancement du dernier film de Batman dans le chaos
En juillet, lancement du film The Dark Knight Rises mettant en vedette Christian Bale dans le rôle de Batman. Lors de la première, un cinglé tue plusieurs cinéphiles dans un cinéma aux États-Unis. Cela n’empêche pas la franchise Batman de connaître un très grand succès aux guichets.

En parallèle, lancement très réussi en mars 2012 du film Hunger Games sur les écrans canadiens et américains avec des revenus de 408 millions $ en Amérique du nord.

Pour maximiser les chances de réussite du lancement du film Hunger Games, la stratégie de mise en marché s’éloigne des réflexes classiques du marketing cinématographique. L’opération marketing de Lionsgate mise plutôt sur l’utilisation des médias sociaux.

Sur Facebook, on pouvait constater avec amusement que chaque district (l’équivalent de nos provinces au Canada) possédait sa propre page. Le Capitole (la capitale maudite des romans d’Hunger Games) avait aussi son propre compte Twitter. En fait, il était même possible d’obtenir sur Internet une carte d’identité en bonne et due forme de Panem, le pays imaginaire dans lequel se déroule le roman d’Hunger Games !

Mention honorable à la fin de 2012 : Skyfall, 23e épisode des aventures de James Bond, est un hymne au placement de produit ; une occasion en or pour Heineken, Coke Zero, Walther (revolver), Procter & Gamble, Aston Martin et Omega de s’associer avec le célèbre agent 007. Pour un, Heineken débourse plus de 45 millions $ pour que James Bond troque son traditionnel Vodka Martini pour une bière froide.

5. Marketing viral : record pour Gangnam Style de PSY
On le sait, la croissance rapide d'Internet et des médias sociaux permet désormais aux spécialistes de la mise en marché de lancer de nouveaux produits sans passer par les médias de masse.

Les effets conjugués de la publicité, du bouche à oreille et du marketing sur Internet -- ce qu’on appelle communément le marketing viral -- permet désormais aux marques de connaître à l'occasion un développement soudain et rapide.

À preuve, le clip du chanteur sud-coréen Psy intitulé Gangnam Style génère plus de 1 milliard de clics en quelques mois sur YouTube, un nouveau record de viralité sur le Net.

6. Conflit dans la LNH
Coût dur pour la CBC : un conflit dans la LNH retarde le début de la saison 2012-2013 et vient réduire substantiellement les revenus publicitaires du diffuseur public.

Rappelons que la CBC tire près de 50 % de ses revenus publicitaires totaux de la vente de publicité à Hockey Night in Canada (HNIC). Le hockey de la CBC, c’est aussi 3 millions de téléspectateurs qui regardent les matchs du samedi soir (coût moyen de la pub en saison régulière à la CBC : 16 000 à 20 000 $ / 30 secondes). 

En fait, la soirée du hockey de la CBC, c’est 450 heures de programmation et 120 millions $ de publicité par saison.

Comble de malheur, l’entente liant la LNH à la CBC expirera en 2014 (dernière année de contrat si on exclut la saison actuelle). Pour la CBC, ce conflit arrive donc à un très mauvais moment. 

7. Lancement en bourse de facebook
Le 18 mai 2012, le site de réseautage Facebook fait une entrée remarquée en bourse.

Facebook, c'est l'histoire de Mark Zuckerberg, un universitaire américain qui a une drôle d’idée en 2003 : écrire un premier programme informatique pour un site Internet sur lequel on retrouverait des photos d'étudiantes de l’Université Harvard.

Zuckerberg nomme ce site « Facemash ». Sur celui-ci, il demande aux internautes d'évaluer la beauté -- de donner une cote -- à chacune des étudiantes. 

Ce premier site de Zuckerberg est un succès instantané : lors des quatre premières heures d'existence, Facemash, l’ancêtre de Facebook, attire 450 visiteurs et 22 000 visionnements de photos de filles. Mieux encore, le visiteur moyen vote à 48 reprises ! 

Neuf ans plus tard, au moment de lancer Facebook sur le NASDAQ, le site franchit le cap du milliard de membres.

8. Disney fait l’acquisition de Lucasfilm
En octobre, Disney fait l’acquisition de Lucasfilm et de la marque Star Wars pour un montant de 4,05 milliards $.

À une époque où les studios d’Hollywood privilégient les séries et les valeurs sûres, force est de constater que l’on retrouve dans la marque Star Wars une recette éprouvée, donc rassurante pour un géant comme Disney.

Évidemment, coup de chapeau à George Lucas. Depuis le lancement du premier Star Wars le 25 mai 1977 dans 45 salles (contre 2655 salles de nos jours), George Lucas a plus d’une fois fait preuve d'un sens aigu de la mise en marché, d’abord en révolutionnant l’univers des effets spéciaux (il fonde Industrial Light and Magic ou ILM) ; ensuite, en réinventant le monde du son grâce à THX Ltd, du jeux vidéo avec LucasArts, de la post-production et du mixage son avec Skywalker Sound et de l'animation avec le célèbre studio Pixar.

9. Nike abandonne Lance Armstrong
Coup de théâtre dans le monde de la commandite sportive en octobre : Nike abandonne Lance Armstrong.

Trois éléments pèsent dans la décision de Nike. Premièrement, les récentes révélations de l’agence antidopage américaine (USADA) relatives à Lance Armstrong. Ces révélations sont pour le moins accablantes et révèlent au grand jour un véritable système de triche.

Deuxièmement, la décision de Lance Armstrong de ne pas se défendre contre les allégations de l’agence antidopage américaine. Cette annonce faite au mois d’août dernier a eu l’effet d’une bombe aux États-Unis, en particulier, dans un article cinglant publié dans le New York Times.

Enfin, un troisième facteur, moins connu celui-là, et lié directement à l’image de Nike. Il y a plusieurs années, l’entreprise spécialisée dans les chaussures, les vêtements et le matériel de sport a réalisé une série de deux messages publicitaires portant précisément sur les rumeurs de dopages de l’athlète, messages dans lesquels Armstrong nie ces informations.

10. Red Bull Stratos : vive le marketing événementiel
En créant un événement sportif (et scientifique extrême) comme le Red Bull Stratos, le géant de la boisson énergisante Red Bull a entretenu pendant des semaines sa visibilité et son capital de sympathie auprès des adolescents et des jeunes adultes, ses deux publics de choix.

Mieux encore, en concevant cet événement, Red Bull devient un créateur de records mais aussi un créateur de contenus et de sensations fortes.

Dans les faits, on devine que les effets de ce marketing événementiel de Red Bull sont nombreux et spectaculaires. Les clients potentiels se reconnaissent dans son image extrême entretenue par son association tous azimuts à un homme qui s’apprête à sauter dans le vide à 36 000 mètres d’altitude (Red Bull Stratos) ou par celui qui dévale en patin, au péril de sa vie, une pente glacée à toute vitesse (Red Bull Crashed Ice). 

En ce qui me concerne, il s'agit à l'évidence de la manoeuvre marketing la plus réussie de 2012.

samedi 15 décembre 2012

15 meilleures publicités de jouets (vintage)


À quelques jours de Noël, Voici mon TOP 15 des meilleurs messages publicitaires de jouets (vintage) :

Pour ceux qui préfèrent écouter une entrevue radiophonique avec Gilles Parent du FM 93 sur ce sujet, cliquer ici :


Slinky (’60)

Slinky est créé par accident. Imaginé par l'ingénieur Richard James en 1943, il est destiné initialement aux fabricants de bateaux qui cherchent à limiter le mal de mer en absorbant l’impact des vagues sur la coque.  

Après avoir frappé un de ses ressorts par accident à la fin d’un boat show, James regarde l’un de ses ressorts se déplacer comme par magie. Sa femme Betty, peu impressionnée au départ déniche le nom Slinky.

En 1945, Slinky est un succès monstre. Avec le temps, 250 millions de Slinkys ont été vendus.


Monsieur Patate

Monsieur Patate est inventé en 1949 par George Lerner. L'objectif initial de cet inventeur est simple et noble : faire aimer les légumes aux enfants. Il crée un ensemble de 28 pièces en plastique qui seront distribuées initialement dans les boîtes de céréales, ceci toutefois, sans patate de plastique. Pour cela, Monsieur Lerner reçoit 5000 $. 

Conscient que son idée peut faire du chemin, Lerner rachète les droits sur son invention pour 7000 $.

La société Hassenfeld Brothers, qui deviendra plus tard Hasbro, décide de commercialiser Monsieur Patate avec l'idée d'origine (une vraie patate). Le jouet est lancé en 1952 et utilise pour la première fois la publicité à la télévision. Il coûte alors 98 sous. C'est un coup de circuit ! Lerner recevra jusqu'à sa mort 5 % sur les ventes de chaque Monsieur Patate.

En 1964, Hasbro apporte une modification anodine qui relance la marque, cela suite à des pressions du gouvernement américain : on remplace la vrai patate par une patate en plastique avec des trous pour insérer les pièces de plastique (1964). Autre coup de circuit !

Le jeu connaît une troisième vie grâce au film Toy Story en 1995 dans lequel Monsieur Patate joue un rôle clé. Au total, plus de 100 millions de Monsieur Patate ont été vendus depuis 1952.


Barbie (première publicité / 1959)

Barbie (diminutif de Barbara, nom de la fille de Madame Handler) est une poupée fabriquée par la société américaine de jouets Mattel et lancée en mars 1959 par Ruth Handler qui, il faut le dire, s’inspire d'une poupée allemande appelée Bild Lilli que l’on offre aux hommes lors des enterrements de vie de jeunesse.

Pour éviter des problèmes avec la poupée Bild Lilli, Mattel achète les droit de Bilt Lilli en 1964. On fait ensuite disparaître la poupée allemande du marché.

À l'origine, la poupée est vendue blonde ou brune. Suite à des plaintes de parents, la taille de ses seins est réduite. Ceci dit, la taille de seins sera augmentée à nouveau en 1997. Par ailleurs, jusqu'en 1971, Barbie regarde de côté et non de face. 

La première année, 350 000 poupées sont vendues au total. Depuis ce temps, 1 milliard de poupées ont fait le bonheur des petites filles à travers le monde.

Barbie est le premier jouet à utiliser intensivement la publicité TV pour rejoindre sa clientèle.


Etch a Sketch (’60)

Inventé par le français André Cassagnes et présenté pour la première fois à la Foire du Jouet de 1959 à Nuremberg, en Allemagne. Le Magic Screen ou  l'Ardoise Magique / Télécran en français, devient un coup de circuit lors du Noël de 1960. D'ailleurs, pour assurer l’approvisionnement, on gardera l’usine ouverte jusqu'à midi le jour de Noël 1960.


G.I. Joe (’60)

Initialement, un certain Stanley Weston est approché par Hasbro pour créer une poupée masculine basée sur un film intitulé G.I Joe et un show de télévision The Lieutenant.

Dans les faits, G.I. Joe est conçu par Walter Hansen et Phil Kraczkowski et fait son apparition sur les tablettes en 1964. Pour différencier les G.I Joe des poupées, on lui ajoute des genoux qui plient et une cicatrice sur le visage. On crée aussi le terme « figurine d'action » pour attirer les garçons.


De 1964 à 1968, les figurines de G.I Joe sont nommées: «Rocky», le marin et soldat, «Skip», le marin et «Ace», le pilote.

G.I. Joe est un succès instantané mais la guerre du Vietnam vient ralentir les ventes. Mais bien vite, la conquête de l'espace au début des années 70 relance la franchise. À la fin des années 70, un autre phénomène donne un coup de pouce aux ventes de G.I Joe : le film Star Wars remet les figurines d'action au goût du jour.  


Superball (’60)

Quand la Superball est lancée à l’été 1965, elle devient rapidement le jouet le plus populaire de l'année. Lors de la première année seulement, on en vend sept millions à 98 cents chacune.

La recette de la Superball repose sur la compression d'un caoutchouc synthétique -- 3500 livres de pression par pouce carré. Elle est inventée par le chimiste Norman Stingley. 


Spirograph  

Le Spirograph, jouet à succès, est conçu par l'ingénieur britannique Denys Fisher, qui le présente pour la première fois en 1965 à la Foire internationale du jouet de Nuremberg. 

Les droits de distribution aux États-Unis sont acquis par Kenner qui l’introduit sur ​​le marché américain en 1966. De nos jours, Spirograph est une marque déposée de Hasbro.


Operation 

Inventé par John Spinello dans le cadre d’un devoir au collège. Malheureusement pour lui, Spinello vend le jeu à son parrain, Marvin Glass, pour 500 $ et un emploi.  

Le jeu est lancé en 1965 par la compagnie Milton Bradley qui, pris d'un sentiment de culpabilité, finira par rémunérer John Spinello à sa juste valeur. De nos jours, Hasbro détient les droits sur le jeu Operation. 

Fait à noter, selon le pays, le jeu Operation n'est pas joué de la même manière. Par exemple, aux États-Unis, le « médecin » est payé en argent pour chaque opération. En Angleterre, le « médecin » collectionne plutôt des portions de corps : coeur, dent, etc. 

Par voie de conséquence, le gagnant aux États-Unis est celui qui a le plus d'argent (et non celui qui réalise le plus d'opérations). En Angleterre, le gagnant est celui qui possède le plus de morceaux du corps.  


Lite-Brite 

Le Lite-Brite est lancé en 1967 par Hasbro. Lite-Brite, c’est l’histoire d’un inventeur qui, au hasard d’une promenade à Time Square, est impressionné par les lumières et les jeux de couleurs des publicités. Un peu à la manière de Georges-Pierre Seurat, il a l’idée de créer un jeu créatif mettant en vedette des petits bouts de verre lumineux qui deviendront des dessins. 


Hot Wheels (1968) 

Inventé par le mari du créateur de la Barbie, Elliot Handler, en 1968. Le célèbre logo Hot Wheels est créé par Rick Irons qui travaillait pour Mattel à cette époque. 


Easy-Bake Oven (1972) 

Lancé par Kenner Products, maintenant une division de Hasbro, en 1963. La première année, plus d'un demi-million de fours sont vendus à 15,95 $ chacun (16 millions entre 1963 et 1997). 

Le four est chauffé par une ampoule. Dans les faits, il s’agit d’un Lite-Brite tourné à 90 degrés.  


Tonka 

Initialement, l’objectif des créateurs de Tonka est de fabriquer des outils de jardinage. Après quelques modifications, un changement de marché et l'addition d'un nouveau logo créé par Erling Eklof, l'entreprise commence à vendre des jouets en métal. Pour nommer la compagnie, on choisit le mot sioux «Tanka» ou Tonka qui signifie «grand» ou «Big».

Avec le temps, l'acier est graduellement remplacé par le plastique (spécialement vrai à partir de la fin des années '80).


SSP Racers de Kenner



Smash up derby de Kenner

Evel Knievel

vendredi 14 décembre 2012

Décès de l'inventeur du code barre



Le premier code barre breveté date du 7 octobre 1952 : No. 2,612,994. Il est l'oeuvre de Norman Woodland, décédé le 9 décembre dernier, et de Bernard Silver, deux gradués du Drexel Institute of Technology de Philadelphie. 

L'objectif initial de Woodland et Silver consiste à trouver un moyen d'inventorier les produits en magasin. Ce brevet sera éventuellement acheté pour 15 000 $ par Philco qui malheureusement n'en saisit par tout de suite l'immense potentiel commercial.

Initialement, le code barre de Woodland et Silver est rond et non rectangulaire comme c'est le cas avec celui que l'on utilise aujourd'hui. Pour « faire parler » le code barre, les deux inventeurs s'inspirent du code morse avec des masses plus foncées et plus pales. 

Fait à noter, Woodland va aussi développer le laser capable de lire le code barre dans les années 1970. Woodland avait d'ailleurs pensé utilisé l'ultraviolet pour la conception de son premier code barre avant de privilégier une petite icône noire. 

Dans les années 70, George J. Laurer, un employé de IBM, va améliorer significativement le code barre en lui ajoutant un symbole d'identification des produits ou code universel des produits (CUP).  

Il voit juste en concevant un petit rectangle composé de 59 barres hachurées avec des chiffres. Évidemment, ces petits traits qu'IBM n’a jamais brevetés (!!!) réduisent le temps passé à la caisse enregistreuse des épiceries. 

Mais le code barre a un autre avantage : il permet de mesurer instantanément les stocks et les mouvements de produits dans les magasins en fonction du prix ou de l’emplacement des produits. On peut donc l’utiliser en magasin, en pharmacie ou sur les colis pour suivre leurs déplacements.

Utilisé pour la première fois afin de lire le prix d'un paquet de 10 gommes Juicy Fruit le 26 juin 1974 en Ohio (prix: 67 cents), le code barre est devenu de nos jours un petit dessin noir et blanc que l’on retrouve sur tous les produits. 
 
On estime que les codes barres sont scannés quotidiennement plus de 10 milliards de fois dans le monde entier. Mais les jours du code barre sont peut-être comptés à cause des matrices à deux dimensions et d’un nouveau gadget appelé « identification par radiofréquence » ou RFID, en anglais.

Le RFID est une nouvelle technologie qui permet de suivre littéralement les produits de leur conception jusqu’au moment où nous les déposons dans nos sacs à la sortie des grandes surfaces. Des expériences sont d’ailleurs en cours dans certaines bannières.

dimanche 2 décembre 2012

Histoire de jouets : Monsieur Patate

Monsieur Patate est inventé en 1949 par George Lerner. L'objectif initial de Lerner est simple et noble : faire aimer les légumes aux enfants. Pour ce faire, il crée un ensemble de 28 pièces en plastique qui seront distribuées initialement dans les boîtes de céréales, ceci toutefois, sans patate de plastique. Pour cela, Monsieur Lerner reçoit 5000 $. 

Conscient que son idée peut faire du chemin, Lerner rachète les droits sur son invention pour 7000 $.

La société Hassenfeld Brothers, qui deviendra plus tard Hasbro, décide de commercialiser Monsieur Patate avec l'idée d'origine (une vraie patate). Le jouet est lancé en 1952 et utilise pour la première fois la publicité à la télévision. Il coûte alors 98 sous. C'est un coup de circuit ! Lerner recevra jusqu'à sa mort 5 % sur les ventes de chaque Monsieur Patate.

En 1964, Hasbro apporte une modification anodine qui relance la marque, cela suite à des pressions du gouvernement américain : on remplace la vraie patate par une patate en plastique avec des trous pour insérer les pièces de plastique (1964). Autre coup de circuit !

Le jeu connaît une troisième vie grâce au film Toy Story en 1995, dans lequel Monsieur Patate joue un rôle clé. Au total, plus de 100 millions de Monsieur Patate ont été vendus depuis 1952.

samedi 1 décembre 2012

Histoire de jouets : Hot Wheels

Inventé par le mari du créateur de la Barbie, Elliot Handler, en 1968, la Hot Wheels est l’un des jouets les plus populaires de tous les temps. 

De nos jours, on compte au moins 100 000 modèles et variations de la Hot Wheels. En 1991, on a franchi le cap de la milliardième voiture Hot Wheels vendue.

Comment expliquer cet engouement pour ces petites voitures de métal dont le logo a été dessiné par Rick Irons ? À l’occasion du temps des fêtes, je me penche sur l'historique des voitures Hot Wheels avec Gilles Parent : origine, marketing, publicité, etc. 

Pour écouter l'entrevue, cliquer ici.

Voir aussi

vendredi 30 novembre 2012

Nouveau logo pour TVA



TVA dévoilait hier matin son nouveau logo. Conçu par l'agence Sid Lee, ce logo de TVA se veut plus moderne, flexible, épuré, dynamique et simple que le logo précédent. Autant de caractéristiques qui vont faciliter son utilisation et sa déclinaison sur les différentes plateformes médias de TVA.

Comme le rappelait il y a quelques années Pierre Léonard, Vice-président, directeur création / Branding et design / Montréal à Parallèle, gestion de marques : « Un logo communique beaucoup. Les formes et les couleurs transmettent des idées. Les milliers de caractères typographiques existants ont été conçus pour faire ressortir des valeurs qu’ils ajoutent aux mots ».

Un logo symbolise votre marque. Il doit être simple, donner une image positive de votre produit et véhiculer un message. Il doit aussi être original (pensons au logo de l'UQAM avec un accent sur la lettre A), s’adapter aux circonstances (pensons au logo de Google) et traverser les années, 10 à 15 ans idéalement dans le cas d’un logo médias (PS : celui de TVA avait 22 ans avait sa cure de rafraîchissement !).

Au fond, un logo n’est pas seulement un truc pour attirer l’attention des gens. C’est aussi une façon d’évoquer des ambiances et de jouer sur les émotions.

Quand vous décidez d’utiliser la couleur, les formes et les lignes dans la conception de votre logo, votre choix devrait se baser sur des critères objectifs comme la visibilité et la lisibilité, mais aussi sur des critères subjectifs comme les idées que la combinaison de ces éléments graphiques évoquent auprès des consommateurs.

Mission accomplie donc pour TVA et Sid Lee !

jeudi 15 novembre 2012

St-Pierre/Condit : un moment clé pour la UFC



La Ultimate Fighting Championship (UFC) tiendra samedi soir au Centre Bell un gala de combats extrêmes. Au menu, un duel mettant en vedette le champion québécois Georges St-Pierre contre Carlos Condit.

Créée en 1993 à Denver, la UFC est devenue avec le temps la plus importante organisation de combat libre au monde. Comme je le mentionne en entrevue à Benoît Dutrizac, elle doit en partie sa popularité au talent de mise en marché de Dana White, ancien professeur d’aérobie de Las Vegas devenu homme d’affaires, promoteur et actuel président de la UFC.

En janvier 2001, White fait l’acquisition de la UFC avec les gérants de casino Frank Fertitta III et Lorenzo Fertitta pour la modique somme de 2 millions $.

À son arrivée, White revoit de fond en comble les façons de faire de la UFC. Conscient des problèmes d’image de la ligue et désireux de mettre fin aux poursuites à répétition qui entachent la réputation de la franchise, White choisit de nettoyer le monde du combat extrême pour multiplier les occasions d’affaires.  

Pour ce faire, Dana White crée des catégories de pugilistes (jusque là, un lutteur de 300 livres pouvait affronter un spécialiste du karaté de 150 livres) ; il adopte le livre de règlements de la New Jersey Athletic Control Board, lequel interdit les coups derrière la tête ; et il développe le marché de la télévision à la carte (pay-per-view, en anglais), s’inspirant en cela des combats Ali-Frazier, premiers événements du genre à être diffusés à la télévision payante.

De nos jours, grâce à un contrat avec HBO, la boxe reste le sport de matelas le plus populaire en Amérique du nord, mais la durée des combats, la forme de l’arène et la grosseur des gants en font un sport ringard pour toute une génération de jeune gavée de sport extrême.

Quant à la lutte, on le sait maintenant, c’est un spectacle arrangé, donc faux. En outre, les scandales de consommation de stéroïdes, les décès de lutteurs et les excès de langage dans le ring et à la télévision ont fini par nuire à l’image de la WWE.

Sans surprise, les revenus sont stables depuis quelques années. En 2011, la WWE générait des revenus de l’ordre 480 millions $.

En ce qui a trait à la UFC, son modèle d’affaires a l’avantage de garantir des revenus constants grâce à la présentation de galas d’art martiaux à la télévision payante – entre 12 et 16 soirées par an. Ces galas attirent jusqu’à 1,5 millions de clients.

Ceci dit, en terme de revenus totaux, la UFC reste le 3e sport de matelas derrière la boxe et la lutte. Elle peut toutefois se targuer de générer autour de 170 millions $ par an à la télévision payante et d’attirer des commanditaires de premier plan comme Bud Light et Harley-Davidson.

Plus récemment, elle a aussi signé un contrat avec Fox qui lui garantit un accès à la télévision généraliste et des revenus de 700 millions $ au total pour les sept prochaines années.

Mise au monde dans la tête du grand public par une téléréalité, The Ultimate Fighter, présentée à l’antenne de Spike TV de 2005 à 2011, la UFC a donc réussi à se tailler une place au soleil. Mais les défis restent entiers.

Les combats extrêmes multiplient les blessures et les combattants charismatiques à la Georges St-Pierre se font rares. Pour ces deux raisons, la UFC a besoin d’un Georges St-Pierre en grande forme. D’autant plus qu’en cas de victoire samedi, on planifie un prochain combat St-Pierre-Silva dans un stade du Brésil, au stade des Cowboys de Dallas ou au Centre Rogers à Toronto.

vendredi 9 novembre 2012

Placement de produit dans Skyfall

Skyfall, 23e épisode des aventures de James Bond, est un hymne au placement de produit ; une occasion en or pour Heineken, Coke Zero, Walther (revolver), Procter & Gamble, Aston Martin et Omega de s’associer avec le célèbre agent 007. 

Signe des temps, Heineken n'a pas hésité a débourser plus de 45 millions $ pour que James Bond troque sa Vodka Martini pour une bière froide.  

Comment expliquer cet engouement des annonceurs pour James Bond : image, visibilité ? Plus tôt cette semaine, je me penchais sur l'historique du placement de produit dans les James Bond avec Gilles Parent : origine, premiers annonceurs, motivations des entreprises, etc. 

Pour écouter l'entrevue, cliquer ici.

dimanche 4 novembre 2012

Quand James Bond devient une publicité


Lancement dans les prochains jours de Skyfall, le 23e film consacré aux aventures de James Bond. 

Mais l'agent 007, c'est aussi un prétexte en or pour s'associer à un phénomène plus grand que nature et faire ce qu'on appelle communément du placement de produit.

Au cinéma, le placement de produit a débuté officiellement avec le film E.T. Dans une scène clé, un jeune garçon tentait en effet d’établir le contact avec un extraterrestre.

 

Ceci dit, le placement de produit existait déjà en 1873 dans le roman Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne, puis plus tard dans le film The Garage, en 1919, mettant en vedette Fatty Arbuckle.

Dans le cas de la série James Bond, le placement de produit fait son apparition dès le premier film de la série, Dr. No, en 1962. À l’époque, Pan Am et Smirnoff s’associent à Sean Connery.

En 1974, le fabricant de voiture AMC signe un contrat de 5 millions $ pour apparaître dans le film L’homme au pistolet d’or. Dans une scène célèbre du film, on peut voir une AMC tourner sur elle-même. 


Ceci dit, vous noterez que le volant est du mauvais côté (nous sommes en Thaïlande) dans un pays qui ne comptait pas de concessionnaire AMC à l’époque.

En 1997, dans le film Demain ne meurt jamais, 100 % des frais de tournage sont financés à même le placement de produit.

En 2006, dans le film Casino Royale, Daniel Craig se permet d’apostropher un quidam qui ose lui demander s’il porte une Rolex. « Non, c’est une Omega », lui répond sèchement Bond.

Plus près de nous, le film Skyfall sera l’occasion pour Heineken, Coke Zero, Walther (revolver), Procter & Gamble, Aston Martin et Omega de s’associer avec le célèbre agent 007. Pour un, Heineken a déboursé plus de 45 millions $ pour que James Bond troque son traditionnel Martini Vodka pour une bière froide.


Pour les marques, l’association avec le mythe de Bond permet de bâtir ou de maintenir la notoriété de la marque, de rejoindre un auditoire captif, d’éviter le zapping et de façonner l’image du produit (voir mon autre billet à ce sujet).

Sans surprise, le placement de produit est devenu un mode important de communication (voir l'excellent article de Christine Fortier sur
l'histoire du placement de produit).

Aux États-Unis, on évalue que les grands studios de cinéma génèrent plus de 1,2 milliard $ par année en revenus de placement contre 1,8 milliard $ à la télévision (source : Newell, Salmon et Chang).

Il y a quelques années, plus du quart du film Minority Report a été financé à l’aide du placement de produit. Tour à tour, des marques comme Nokia, Lexus et Gap étaient utilisées par le comédien Tom Cruise.

Des années auparavant, l’acteur avait confirmé le pouvoir vendeur du placement de produit. Il avait fait augmenter de 80 % les ventes de verres fumés Oakley après les avoir portés dans Mission impossible 2.

Tom Cruise avait réussi une performance similaire avec la marque Ray-Ban dans le film Risky Business lancé en 1983, faisant passer les ventes annuelles de 18 000 paires à 360 000 paires, puis éventuellement à 4 millions pour Ray-Ban.

Au Québec, le placement de produit a fait son apparition dans la série Lance et compte. À l’époque, la vedette du National, Pierre Lambert, faisait chaque semaine son plein d’essence chez Ultramar.

La pétrolière avait payé 700 000 $ pour commanditer 12 émissions. À la suite de ce placement, la notoriété et le capital de sympathie d’Ultramar explosèrent.


Voir aussi
L'histoire du placement publicitaire dans les James Bond, entrevue avec Benoît Dutrizac au 98,5FM.

Tout ce que vous voulez savoir sur les origines de James Bond, entrevue avec Gilles Parent du FM93.