mardi 18 juin 2013

Place Banque Scotia deviendra le Centre Canadian Tire

Le propriétaire des Senateurs d’Ottawa confirmera ce matin que l’amphithéâtre des Sénateurs se nommera désormais le Centre Canadian Tire.

Dans les faits, les effets de la commandite sportive sont nombreux. En commanditant un amphithéâtre sportif et en s’associant au hockey, véritable religion au Canada, une entreprise comme Canadian Tire cherche à augmenter sa visibilité et son capital de sympathie auprès du public, un élément particulièrement important avec la multiplication des bannières en sol canadien, entre autres, l’arrivée de Target.

Concrètement, Canadian Tire cherche à maximiser les éléments suivants : exclusivité d’association, droit de se présenter comme le commanditaire officiel, droit d’utiliser le nom, le logo et l’image de l’événement, visibilité sur le site de l’événement, visibilité sur le matériel publicitaire et promotionnel, visibilité sur les produits dérivés, occasions d’actions de relations publiques et d'affaires (vendre ses services/produits dans l'amphithéâtre), billets pour l’événement, droits de tournage TV et cinéma, etc. 

Pour toutes ces raisons, les entreprises sont prêtes à débourser des sommes importantes pour associer leurs marques à un stade sportif : Air Canada Centre, Toronto : 1,5 million $ (expire en 2019) - American Airlines Arena, Dallas : 2,1 millions $ (expire en 2019) - Gaylord Center, Nashville : 4 millions $ (expire en 2018) - HP Pavilion, San Jose : 3,1 millions $ (expire en 2016) - Pepsi Center, Denver : 3,4 millions $ (expire en 2019)

Les critères permettant d’évaluer le montant de la commandite sont nombreux : nombre de visiteurs, visibilité sur les lieux de l’événement et sur le matériel publicitaire, image de l’événement, potentiel commercial, couverture par les médias, mentions des commanditaires et présence de la télévision ; des éléments centraux pour une entreprise comme Canadian Tire.

Ceci dit, il est à espérer que ce changement de nom sera là pour durer, un élément central pour assurer l'efficacité de la commandite de nom. En effet, depuis la création du domicile des Sénateurs, il s’agit du quatrième nom à occuper la façade de l’édifice après le Palladium, le Centre Corel et la Place Scotia.

Pour la célèbre banque, il s’agit d’un moindre mal, celle-ci étant déjà associée à l’amphithéâtre des Flames de Calgary (Scotiabank Saddledome).

mercredi 12 juin 2013

Sur les origines de la Coupe Stanley

En ce début de série finale de la Coupe Stanley opposant les Bruins de Boston aux Black Hawks de Chicago, retour obligé sur les origines du trophée le plus célèbre du sport professionnel en Amérique du Nord.


Quelles sont les origines de la Coupe Stanley ? Combien existe-t-il de Coupe Stanley ? Quelles sont les meilleures anecdotes reliées à la Coupe Stanley ? 

En entrevue, j'en parle avec Ray Cloutier de l'émission Le retour de Gilles Parent à l'antenne du FM93 avec en prime une histoire savoureuse sur la Coupe Avco (AMH), premier trophée commandité dans l’histoire du sport professionnel.

lundi 10 juin 2013

Placement de produits dans Superman – Man of Steel



Superman – Man of Steel, le dernier épisode des aventures de Superman qui sera lancé cette semaine, est un hymne au placement de produit. 

Concrètement, on parle de plus de 100 ententes marketing ; une occasion en or pour Gillette, Walmart, Sears, Nokia, Chrysler, Kellogg et Hershey de s’associer avec le célèbre protecteur de la veuve et de l’orphelin.

Signe des temps, la centaine de commanditaires et de partenaires médias n'a pas hésité à débourser plus de 160 millions $ au total pour s’associer au superhéros le plus populaire de tous les temps. 

Créé en 1932 par Jerry Siegel et Joe Shuster, deux juifs de Cleveland, Superman est considéré comme le premier superhéros de l’histoire. 

Officiellement, Superman est lancé en juin 1938. Il fait alors la couverture du premier numéro d’Action Comics. Mais comme on doute de son potentiel commercial, il sera absent de la couverture des numéros subséquents. Erreur !

Depuis sa création, la franchise de Superman a généré plus d’un milliard $ de revenu. Or, les cocréateurs ont reçu initialement la joyeuse somme de 130 $ pour le personnage de Superman.

Comment expliquer cet engouement pour Superman ? Quel est la recette « superhéros » de Siegel et Shuster ? Plus tôt aujourd’hui, je me suis penché sur dans le détail sur les origines du phénomène Superman.

Pour écouter l'entrevue, cliquer ici.

jeudi 6 juin 2013

Radio-Canada devient ICI



Dans les prochains mois, Radio-Canada a confirmé en conférence de presse la disparition progressive de l’expression « Radio-Canada ». Ainsi, la Première Chaîne s’appellera désormais Ici Première ; la télévision de Radio-Canada se transformera en Ici Télé ; et le site web de la SRC deviendra Ici.ca.

Graduellement nous verrons aussi les expressions Ici ARTV, Ici Explora, Ici RDI, Ici Info, Ici Musique et Ici Tou.TV pour identifier les autres plateformes médias de Radio-Canada. Dans le langage du métier, on parle de campagne de repositionnement ou de rebranding.

Le positionnement d’un produit dépend de plusieurs éléments. Un des aspects les plus importants dans la réussite d’un positionnement tient au nom que l’on donne à un produit. Pour gagner, il faut donner un nom qui le positionne clairement dans l’esprit des gens : Budget pour une entreprise de location de voitures à bas prix ou Ultrabright pour un dentifrice qui rend les dents blanches.
 
Un autre élément important dans la réussite d’un positionnement tient au logo qui représente le produit. Un logo symbolise la marque. Il doit être simple, donner une image positive de votre produit et véhiculer un message. Il doit aussi être original et traverser les années, 10 à 15 ans idéalement.

Un troisième élément important qu’il faut prendre en considération est le slogan que l’on accole à un produit. 

Difficile à réaliser, le positionnement d’un produit est encore plus difficile à modifier. Qu'est-ce qui détermine le branding, la personnalité de la marque Radio-Canada ? Pourquoi modifier son nom de marque ? Est-ce qu'il y a des risques à changer de nom ? J’en parle avec Benoît Dutrizac.

jeudi 16 mai 2013

Star Trek « série culte numéro 1 »



À l'occasion du lancement de Star Trek Into Darkness, retour obligé sur l’histoire de la série Star Trek (Patrouille du cosmos, en français).

Créée par Gene Roddenberry dans les années 60, la série Star Trek a été nommée « série culte numéro 1 » de l’histoire de la télévision par le magazine américain TV Guide.

Dans les faits, Star Trek (l’original) est une série télévisée en 79 épisodes de 45 minutes, diffusée entre le 8 septembre 1966 et le 3 juin 1969 sur le réseau NBC (trois saisons au total, mais sans jamais occuper le Top 30 des émissions les plus populaires).

Dès 1970, la série Star Trek est disponible dans plus de 60 marchés sur la planète. Il faut dire que la composition de l’équipage (un Blanc, une Noire, un Russe, un Asiatique, un Britannique et un extraterrestre) facilite l'identification. Ce Benetton avant l’heure deviendra par la suite la norme dans l'ensemble de la production télévisuelle hollywoodienne.

Au Québec, la série Star Trek sera traduite par Sonolab et diffusée à partir de 1971 à l'antenne de TVA et rediffusée sur Prise 2 quelques décennies plus tard.

Éventuellement, sous le poids des baby-boomers qui vieillissent, la série donnera naissance à des films, des romans, des jeux vidéo, d’autres séries et de grandes rencontres – des trade shows – durant lesquelles les admirateurs de la première heure échangent des souvenirs et des produits dérivés déguisés en Spock, le Comiccon Montréal 2012 étant un exemple parmi tant d’autres de cette popularité tous azimuts.

Dans cette entrevue réalisée avec BenoîtDutrizac à l’occasion du passage de William Shatner à Montréal il y quelque temps, je discute en détail du phénomène Star Trek. Un pur moment de nostalgie avec en prime plusieurs anecdotes et les incontournables sons de portes coulissantes et de téléportations.

mardi 7 mai 2013

Conférence sur la géolocalisation à l'ACFAS


Dans le cadre du Congrès annuel de l’ACFAS, je donnais cet après-midi une conférence intitulée « Le concept de géolocalisation ou l’éloge du local».

Cette conférence visait à sensibiliser les participants aux techniques de géolocalisation. Dans un premier temps, je me suis penché sur l’évolution du Web. Par la suite, j’ai donné quelques chiffres sur le potentiel de la géolocalisation (influence 5,1 % des ventes dans les magasins aux États-Unis en 2012) et je me suis penché sur les 5 types de géolocalisation.

Bien sûr, on retrouvait aussi dans ma présentation co-signée par Audrey Portela, détentrice d’une maîtrise en communication de l’Université d’Ottawa, une étude de cas, plus précisément la campagne de géolocalisation de la ville de Montréal lancée en 2011 sous la direction de Guillaume Brunet qui travaille maintenant à Substance Stratégies numériques.

Comme le rappelait le libellé de ce colloque intitulé «Usage des médias sociaux : enjeux sur la e-réputation des organisations » organisé par Francine Charest et Alain Lavigne de l’Université Laval :

« Le Web 2.0 est devenu l’un des plus puissants outils de communication. Ce phénomène suscite de multiples questionnements. C’est sous l’angle des mutations qu’il induit sur les pratiques des professionnels en relations publiques qu’il nous intéresse d’étudier les usages des médias sociaux par ce groupe de professionnels et d’en analyser l'incidence sur la e-réputation des organisations. »

« Bien que ce secteur d’activités représente une catégorie d’usagers très active dans les médias sociaux, il a peu fait l’objet d’études fondamentales. À la lumière de la revue de littérature menée sous l’approche de l’appropriation (De Certeau, 1980, Jouet, 2000; Boullier, 2009; Breton et Proulx, 2012; Millerand, Proulx, Rueff, 2010) nous savons qu’il existe des écarts importants dans les usages et les pratiques des médias sociaux, notamment entre les usages prescrits (De Certeau) ou prévus par les stratèges de la communication et les usages effectifs des usagers ou des publics. »

« Charest et Bédard (2009) ont montré que le Web 2.0 était la revanche des internautes de se réapproprier l'Internet tel qu’il avait été conçu par Tim Berners-Lee en 1993, soit comme un outil d’échange et de partage d’information. Il a été clairement montré que la première génération d'Internet a plutôt été utilisée par les communicateurs à des fins de diffusion et de promotion. Or, cette réappropriation d'Internet par les usagers oblige les professionnels à utiliser ces nouveaux médias comme un moyen de communication interactif avec leurs publics pour ainsi satisfaire les besoins d’information et de communication associés aux nouvelles façons de communiquer dans les médias sociaux. »

« Ce nouvel Art de faire (De Certeau) se rapprocherait des cinq indicateurs de la théorie de gestion des relations de Ledingham et Bruning (1998, 2003) appliquée aux relations publiques, soit la fiabilité, la transparence, l’implication, l’investissement et l’engagement à long terme. »

Ce colloque multidisciplinaire visait à rassembler des chercheurs de différents horizons. Parmi les nombreux intervenants, on comptait Josianne Millette - UQAM - Université du Québec à Montréal, Pascal Plantard - Université Rennes 2, Marielle Metge - USTV, Lukasz Bochenek - Université de Neuchâtel, Valérie Larroche - Université Lyon 3 et Florian MARTIN-BARITEAU - Université de Montréal.


On comptait aussi sur Serge AGOSTINELLI - Université d'Aix-Marseille, France, Anthony Doucet - Université Laval, Alain Lavigne - Université Laval, François Grenon - Université Laval, Patrice Leroux - Université de Montréal, Antoine Dupin - Université Laval, Guillaume Brunet - Substance Stratégies numériques, Pierre-Thomas Choquette - Le Cabinet de relations publiques NATIONAL et François Grenon - Université Laval.

vendredi 3 mai 2013

Marc Simoneau meurt à 72 ans



L'ex-animateur de radio et journaliste de sport Marc Simoneau est décédé ce matin à l’âge de 72 ans.

Véritable bourreau de travail, Marc Simoneau prenait rarement plus d’une semaine de vacance par an et couchait régulièrement dans le stationnment du Colisée. 

Ce passionné des Nordiques et de baseball a engagé la première femme animatrice de ligne ouverte de sport au Québec, Danielle Rainville. (Ceci dit, je précise que Marcelle Saint-Cyr et Robin Herman ont été les premières femmes  à entrer dans le vestiaire après un match de la LNH dans les années 70.)

Marc Simoneau a aussi lancé la mode des collections de cartes de sports, engagé Alain Crête « un petit jeune talentueux » à la description des matchs des Nordiques, fait une place de choix au sport amateur à Québec et jasé football de la LNF dans ses émissions avant que cela ne devienne « in » de le faire dans les lignes ouvertes.

Par ailleurs, Marc Simoneau se faisait un devoir d'enregistrer des dizaines de matchs de hockey par semaine par l’intermédiaire de sa célèbre antenne parabolique.

Celui qui s’est fait connaître à la radio de CHRC et de CJRP avec André Arthur (un duo du tonnerre et des joutes verbales inoubliables !) découpait des centaines d'articles dans les journaux afin d'alimenter ses échanges avec les amateurs de sports (« son grand livre bleu »). Véritable junkie de l'info, il se faisait également un devoir de dévorer le USA Today afin de s'alimenter en nouvelles.

Ses entrevues et ses disputes avec Réjean Tremblay sont mémorables. Ses bulletins de sport à la télévision de Télé Capitale et son amour pour Madeleine, son épouse, alimentaient la légende. Mais plus que tout, Marc Simoneau était reconnu pour son langage coloré et son style direct, sans détour, un journaliste authentique comme il y en a très peu aujourd'hui.
 
Roi du scoop, Marc Simoneau a joué un rôle clé en 1979 dans le boycott des produits Molson à Québec. Devant ce tollé, le Canadien de Montréal, propriété de Molson, exigea un nouveau vote sur la fusion qui permit aux Nordiques de Québec d'accéder à la LNH. 

Marc Simoneau était un personnage unique dans l'histoire du hockey et du sport à Québec. Des heures et des heures de plaisir à l'écouter sur mon radio AM. 

En 2011, j'ai eu le privilège de rencontrer Monsieur Simoneau pendant plusieurs heures à sa maison. J'en garderai toujours un souvenir indélébile. C'est à ce moment que j'ai compris que Marc Simoneau, c'était Monsieur Passion, un homme entier. J'en parle d'ailleurs ici avec Gilles Parent du FM93.

mercredi 24 avril 2013

Coca-Cola parle d'obésité dans une publicité




Depuis hier, vous pouvez voir au Canada la nouvelle publicité de Coca-Cola qui aborde de front le problème de l'obésité.

Pour la multinationale de la boisson gazeuse, cette campagne est une occasion de se positionner dans le débat sur la prise de poids et de répondre aux arguments de ses détracteurs. Selon Coca-Cola, il revient « à chacun d'être conscient du fait que toutes les calories comptent dans la gestion du poids d'une personne. »

Est-ce la pression sociale qui oblige la compagnie à se pencher sur ce problème ? J'en parle avec Yves-Gérard Mehou-Loko à l'antenne de Radio-Canada.

mardi 23 avril 2013

La téléréalité fête son 40e anniversaire



Mine de rien, la téléréalité célèbre cette année son 40e anniversaire de naissance. Comme le rappellait récemment Nathalie Collard, journaliste au quotidien La Presse, cette « vache à lait de la télé » a transformé l’univers des médias grand public.  

On s’entend pour dire que la première émission empruntant directement à la téléréalité a été diffusée en 1973 à la chaîne américaine Public Broadcasting System (PBS). Il s’agit d’un documentaire réaliste intitulé An American Family, alors expérimental, qui présente la vie d’une famille blanche, cultivée, de classe moyenne.

Pendant sept mois, le producteur Craig Gilbert filme les moindres gestes de la famille Loud (300 heures de tournage au total). Lors de la présentation de l’épisode final, plus de 10 millions de téléspectateurs regarderont l’émission que l’on présentera alors comme une expérience de nature sociologique.

Malgré ce succès immédiat de cote d’écoute, le documentaire intimiste ne gagne que lentement en popularité. En 1974, la BBC propose The Family, un concept semblable à celui de PBS. Huit ans plus tard, la chaîne australienne ABC lance à son tour une émission qui s’inspire de la série An American Family.

En 1982, la grève de 22 semaines des scénaristes va obliger les grands réseaux américains à revoir en profondeur leur stratégie de programmation. Pour se prémunir contre les effets de la grève tant sur le plan de la programmation que sur celui des cotes d’écoute, les réseaux CBS, ABC et NBC vont commander des dizaines de séries s’apparentant à la téléréalité.

En 1987, il y a déjà 37 émissions de téléréalité aux États-Unis. Ce nouveau genre a l’avantage de mettre en scène des gens ordinaires, et il ne nécessite pas a priori de scénarisation ou d’acteurs connus.

Lorsque la chaîne MTV lance The Real World, en 1992, on qu’on assiste à l’émergence d’un nouveau genre. Dans cette téléréalité, sept jeunes âgés de 18 à 25 ans partagent une maison ou un appartement. Chaque épisode dure 22 minutes et les caméras sont omniprésentes – on filme dans toutes les pièces, sauf dans la salle de bain. En 1994, la série fut l’une des premières à mettre en scène un participant séropositif.

Avec l’émergence de nouvelles émissions au milieu des années 1990, la téléréalité s’internationalise. Cette téléréalité de seconde génération provient des Pays-Bas, de la Suède, de la France, de l'Australie, du Japon et de la Grande-Bretagne.

En Suède, la série Expedition Robinson est vendue dans une vingtaine de pays. En Grande-Bretagne, la téléréalité Changing Rooms lancée en 1996 met en vedette des couples chargés de redécorer leur maison. En France, l’émission Perdu de vue tente de réconcilier des couples.  

Officiellement, le concept de la téléréalité émerge en 1994 dans la tête de Joop Van Ende et John De Mol, fondateurs de la société de production néerlandaise Endemol.

John De Mol est un producteur d’émissions de télévision et il travaille brièvement à la radio. De son côté, Joop Van Ende possède une entreprise spécialisée dans le multimédia, le divertissement et le théâtre commercial.

Au milieu des années 1990, la télévision des Pays-Bas se globalise et Endemol vend sa recette aux différentes télévisions du monde. C’est à ce moment que De Mol et Den Ende fusionnent leurs entreprises.

En 1996, l’entreprise inscrit ses actions à la bourse d’Amsterdam et elle étend ses ramifications au Portugal, au Danemark, en Espagne et en Allemagne.

Contrôlée par le géant espagnol Telefonica qui en a fait l’acquisition au coût de 5 milliards $ de dollars américains en 2000, la transaction dessine les contours d’un nouvel ordre médiatique. 

En 1997, lorsque le chanteur Bob Geldof propose Exposition Robinson à la télévision suédoise, la téléréalité entre de plein pied dans son âge d’or.

Développée par Planet 24, l’action se déroule généralement sur une île déserte. Lors de la diffusion initiale en Suède, le premier participant éjecté par le vote populaire se suicida, ce qui suscita un important débat moral dans tout le pays.

En 1999, l’émission Big Brother, présentée initialement aux Pays-Bas et vendue dans plus de 70 pays, introduit le temps réel par la diffusion en direct. Autre nouveauté, il est possible d’observer les participants 24 heures par jour, grâce à Internet.

En 2000, CBS présente la première de Survivor, une adaptation de Expedition Robinson. Mark Burnett, un ancien parachutiste, est le créateur de Survivor. Le premier épisode de la série attire 15,5 millions de téléspectateurs.

Lors de la finale présentée le 16 août, 51 millions de personnes sont rivées à leur écran. L’émission culte pave la voie à toute une série d’émissions incluant The Mole (2001), Fear Factor (2001) et The Amazing Race. 

Au Québec, les téléréalités Star Académie, Occupation double, Facteur de risques et La Voix ont fait le délice des téléspectateurs.

Même si certains échecs laissent entrevoir une éventuelle lassitude du public, on peut penser que la téléréalité est là pour durer. Les liens qui unissent convergence, marketing et divertissement populaire sont solides. Ils expliquent en partie pourquoi la téléréalité est devenue un espace incontournable dans le secteur des médias.


Voir aussi :
Comment expliquer le succès de La Voix ?
Entrevue avec Marie-France Bazzo sur la téléréalité
10 facteurs qui expliquent le succès de la téléréalité   

jeudi 18 avril 2013

Gesca lance la Presse+


L’industrie des médias papiers est en crise et le lancement ce matin de La Presse+, une toute nouvelle édition numérique gratuite du journal La Presse pour la tablette numérique iPad, le confirme une fois de plus.

Après trois ans de recherche et de développement et un investissement de 40 millions $, dont 2 millions $ seulement en recherche, cette nouvelle édition numérique exploite les capacités multifonctionnelles d’iPad avec une interface graphique fort réussie qui s’inspire, entre autres, de Flipboard et de l’application du quotidien The Guardian.

Les contenus présentés sont distinctifs grâce à une présentation visuelle composée de textes, d’images interactives, de vidéos, de galeries de photos, de dossiers à onglets et d’écrans défilants qui enrichissent la nouvelle.

Les utilisateurs découvriront aussi la toute nouvelle section Pause qui vise plus particulièrement la clientèle féminine, publiée du lundi au samedi sur un thème différent : famille, santé, mode, etc.

La Presse+ vient s’ajouter aux autres plateformes de l’écosystème de La Presse : format papier, site web et plateforme mobile. Au total, ces différentes plateformes attirent actuellement 1,7 million de lecteurs (environ 900 000 sur Internet et 800 000 pour la version papier).

Mais La Presse+, c’est aussi une toute nouvelle manière de penser la publicité, le nerf de la guerre dans une logique d’abonnement gratuit. Dans ce cas, La Presse+ a choisit de s’éloigner de la douzaine de formats publicitaires que l’on retrouve actuellement sur Internet et d’innover.

Dans un souci de séduction auprès des annonceurs potentiels, La Presse a confectionné une centaine de nouveaux gabarits et formats publicitaires. La Presse+ a d’ailleurs pris soin d’organiser au préalable des rencontres avec des annonceurs et des agences de publicité pour tester différents concepts.

En faisant le pari du GRATUIT, La Presse+ joue gros et va à l’encontre du mouvement général que l’on observe dans l’industrie des médias papiers.

Pour la plupart des journaux papier à travers le monde, la solution priorisée pour faire face aux baisses de tirage -- et donc aux baisses de ventes de publicité -- réside dans la formule « site payant d’information ».

Au Canada, le Globe and Mail est un bon exemple de ce mouvement général. Il faut dire que le succès du New York Times, du Financial Times et du Wall Street Journal ont eu un effet d'entraînement sur plusieurs autres quotidiens à l’échelle nord américaine.

Le Wall Street Journal a été le premier à imposer un abonnement payant, en 1997. Aux États-Unis, selon le Poynter Institute, on évalue à environ 16% la proportion des journaux qui ont instauré l'abonnement payant sur le web.

Ceci dit, à l’usage, l’option payante sur le Net est efficace quand un quotidien offre un contenu spécialisé, exclusif et/ou international. En effet, on sait que les gens ne paieront pas pour accéder à des nouvelles générales, ce qui joue contre les médias généralistes basés sur le scoop et la nouvelle de la journée.

Cette annonce de La Presse qui a des échos jusqu’en Europe montre à quel point l’industrie de la nouvelle et de l'information a changé en 80 ans.

D’abord avec l’avènement des chaînes de nouvelles en continue à la télévision qui ont eu pour effet de transformer la notion d’information et de rendre presque caduque le journal papier. Ensuite avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux qui permettent de s’informer instantanément à peu de frais. 

Au-delà de ces deux facteurs clés, plusieurs phénomènes expliquent le lent déclin des quotidiens : les quotidiens ont augmenté leur tarif, la classe moyenne a quitté les centres-villes, les jeunes lisent de moins en moins et un plus grand nombre de lecteurs affirment lire l’exemplaire de quelqu’un d’autre, que ce soit dans le restaurant, au bureau ou chez un ami.
 

En décembre 2012, le magazine Newsweek a mis fin a sa version papier et a lancé une application partiellement payante, cela afin d’économiser 40 millions $ en frais d’impression et de distribution annuellement.

La Presse dont les frais d’impression sont de 90 millions $, une somme énorme, choisi une autre avenue, celle du village gaulois : initier une nouvelle génération de lecteurs à l’information par l’entremise des multiples possibilités du numérique tout en garantissant à ses lecteurs actuels un transfert de plateforme tout en douceur.

En faisant reposer une grande partie de cette nouvelle stratégie sur la tablette iPad (Android viendra plus tard), La Presse prend un autre risque : elle est à la merci de la croissance d’une plateforme unique. En entrevue, les dirigeants de La Presse+ prétendent que 600 000 lecteurs de La Presse possèdent déjà une tablette iPad. Personnellement, ce chiffre m’apparaît un peu élevé.

Pari risqué également, parce qu’avec la stratégie Gesca, il ne peut pas y avoir de retour en arrière, le gratuit ne pouvant pas redevenir payant.

Enfin, pari risqué, car pour rentabiliser l’opération, cela sous-tend que les annonceurs vont emboîter le pas pour contrebalancer la baisse de revenu générée par la baisse des abonnements papiers et des ventes en kiosque. Dans un Québec historiquement frileux de changements, le risque n’est pas négligeable.