vendredi 27 juillet 2012

20 chiffres clés sur les médias québécois selon Jean-François Dumas


Dans le cadre de mes interventions à l’antenne de l’émission de Benoît Dutrizac au FM98,5 à Montréal les lundis après-midi, j'ai la chance de partager l’antenne avec Jean-François Dumas, président d’Influence Communication. 

À l’aube d’une campagne électorale durant laquelle la couverture média jouera fort probablement un rôle central, voici les 20 caractérisques clés des médias québécois que vous devez garder en tête, ceci gracieuseté des entrevues de Jean-François Dumas et des bilans annuels d'Influence Communication : 

1. Trois groupes de presse génèrent à eux seuls plus de 80 % de l’information pour l’ensemble du Québec. C’est dire l’état de la concentration des médias au Québec. 

2. Année après année, l’actualité comporte au total entre 1,7 et 1,9 million d’éléments de nouvelles provenant des médias traditionnels au Québec. 

3. Les faits divers, le sport, la politique et les nouvelles locales représentent plus de 58 % de l’actualité au Québec en 2011. 

4. Dans les médias traditionnels, 85 % des nouvelles vivent et meurent en 24 heures ou moins / en comparaison, il y a dix ans, 69 % des nouvelles duraient moins de 24 heures.

5. Dans les médias traditionnels, seulement 12 % des dossiers subsistent jusqu’à 72 heures.

6. En revanche, dans les médias sociaux, on vit plus que jamais à l’époque du consommer/jeter : 95 % des mots clés disparaissent tout au plus en 120 minutes.

7. Généralement, une grosse nouvelle génère une couverture 19 fois plus élevée dans les médias sociaux que dans les médias traditionnels comme la radio, la télévision et les journaux.

8. Dans les médias traditionnels, une nouvelle importante obtient généralement un poids médias égal ou supérieur à 1 % sur 7 jours.

9. Environ une nouvelle sur 10 000 frappe la barre du point de pourcentage.

10. Une catastrophe, un scandale ou une campagne électorale atteint généralement un volume moyen de 3 à 5 %.

11. On considère qu’une nouvelle devient une éclipse médiatique lorsqu’elle occupe au moins 20 % du contenu d’information pendant un minimum de deux heures. 

12. L’été est le meilleur moment pour annoncer une mauvaise nouvelle : si une journée moyenne compte environ 7000 nouvelles, ce volume chute de 35 à 50 % entre juin et août. 

13. En 2011, nous avons accordé 40 % moins de couverture aux sujets économiques que les médias de l’ensemble du Canada et 2,18 fois moins que la moyenne internationale. 

14. Ceci dit, la cuisine occupe en moyenne 18 fois plus de place que la pauvreté dans les médias québécois. En fait, la cuisine surpasse maintenant le poids médias de la culture dans les médias d’ici. 

15. Dans le même sens, en 2011, le sport occupe 6 % plus d’espace chez nous que dans les médias de l’ensemble du Canada et surpasse la moyenne internationale par 32 % ! 

16. Le Canadien occupe à lui seul 79 % de toute la couverture sportive au Québec - une nouvelle sur dix (9,67 %), tous thèmes confondus. 

17. Au Québec, 0,6 % de l’actualité est « exclusive »; au total en 2011, quelque 102 000 nouvelles furent « exclusives » ou 279 nouvelles par jour, dans les journaux, à la radio, à la télévision ou sur le Web.

18. Sans surprise, la radio se révèle le média le plus actif pour couvrir les nouvelles locales. 

19. Cela me surprend souvent mais il semble que c’est à Montréal qu’on parle le moins d’actualité locale. 

20. Toujours pas convaincu de l’importance de la couverture médias pour les entreprises et les organisations publiques ? En 2008, Jean-François Dumas a établi un lien entre le poids médias des partis politiques en campagne électorale et le pourcentage de vote obtenu lors de la journée des élections. Que dire de plus à l’aube d’une campagne électorale au Québec ?

mercredi 25 juillet 2012

Nike devient la première firme à faire dans le marketing d'embuscade aux Jeux olympiques de Londres 2012



Il suffisait d’en parler pour qu’il se montre le bout du nez. Avant même le début des Jeux olympiques, Nike devient la première firme à tester les limites des règles olympiques sur le marketing d’embuscade (ou ambush marketing, en anglais). 

En effet, Nike lance aujourd’hui une campagne de publicité TV mettant en vedette des athlètes amateurs qui ont une chose en commun : ils habitent dans une ville nommée Londres, que ce soit en Afrique du Sud, en Jamaïque, aux États-Unis ou au Canada. 

Visiblement, Nike cherche ainsi à s’associer indirectement à l’événement même si elle ne détient pas les droits de commandite. Ce faisant, l’entreprise entretient avec talent de la confusion dans l’esprit des consommateurs. Le commanditaire officiel et ennemi juré de Nike, la firme Adidas, se voit ainsi contraint de partager sa visibilité.

Cette campagne de publicité à la télévision sera suivie d’une campagne d'affichage mettant en vedette des joueurs du basketball et de tennis. 

Pour protéger les commanditaires officiels des Jeux olympiques de Londres, le comité organisateur de Londres 2012 avait pourtant promis d’exercer un contrôle serré sur les médias traditionnels et les médias sociaux (messages des athlètes et des bénévoles). 

Selon le magazine Stratégie, les mots «jeux», «2012», «deux mille douze», «médaille», «or», «argent» et «bronze» sont protégés. Le CIO a aussi signé une entente de veille avec Twitter. 

À noter, par ailleurs, que le stade O2 Arena (du nom d'O2, filiale de Telefonica) a été rebaptisé North Greenwich Arena pour la durée des Jeux, afin de ne pas faire de l'ombre au commanditaire BT, concurrent d'O2. 

Ceci dit, ce n’est pas la première fois que Nike contourne habilement les règlements du CIO en matière de publicité et de commandite. 

Durant les Jeux olympiques de 1992, le fabricant de chaussures sportives Reebok était un commanditaire officiel. Or, la publicité de son principal concurrent, Nike, utilisait six joueurs de l’équipe nationale de basketball des États-Unis pour annoncer ses produits. 

Ce faisant, Nike bénéficiait d’une partie du prestige associé aux entreprises liées directement aux Jeux olympiques, et ce, sans avoir à débourser les droits de commandite.

mardi 24 juillet 2012

Publicité d'Adidas pour les Jeux olympiques de Londres 2012 mettant en vedette David Beckham



Comme je le mentionnais dans un billet précédant, les Jeux olympiques de Londres qui vont débuter dans quelques jours vont générer des revenus totaux de commandite de l’ordre de 2,2 milliards de dollars, selon Advertising Age. 

Parmi les commanditaires officiels des Jeux de Londres (partenaires officiels de 2e rang à ne pas confondre avec les commanditaires officiels), on retrouve, BP, BMW, Adidas, BT, EDF, Lloyds TSB et British Airways. 

Parler d'Adidas comme on le fait dans ce message publicitaire de grande qualité, c'est bien sûr évoquer par la bande l'histoire d'une des plus grandes rivalités du marketing moderne – la bataille Adidas versus Nike - laquelle repose avant tout sur le capital émotion de chacune des marques, alimenté dans ce cas-ci par le joueur de soccer David Beckham.

En plus de favoriser l’attention et l’identification, les vedettes du sport bénéficient généralement d’un fort capital de sympathie qui, on l'espère, sera associé par glissement à la marque.

Pour acquérir rapidement un taux de notoriété satisfaisant, Friedman et Friedman confirment que la célébrité est un formidable accélérateur. Dans les faits, la vedette représente une assurance sur la visualisation du message publicitaire.

Pour des communications destinées à des millions d’individus, le porte-parole permet de livrer un message cohérent et fort.

Mais attention : si vous employez une star, il est important de vous assurer qu’il y a un lien entre la vedette choisie (un sportif britannique de grand renom pour des jeux se déroulant à Londres), le produit (le dépassement de soi sur le plan sportif) et le public cible (la planète). Sinon le message échouera le plus souvent.

lundi 23 juillet 2012

Est-ce que c'est plus difficile pour une femme d’être en politique ?


À l'aube d'une campagne électorale qui promet d'être enlevante, après les contestations du leadership de Madame Pauline Marois à la tête du Parti Québécois, les sondages, les démissions et les déclarations chocs de plusieurs membres de son caucus, je crois que la question se pose (même si c’est toujours délicat)  : est-ce que c’est plus difficile d’être en politique pour une femme que pour un homme ?

Pour répondre à cette question d’actualité, je puise dans le mémoire de maîtrise de l’une de mes étudiantes en communication de l’Université d’Ottawa, Caroline Dauphinais. En 2010, cette étudiante brillante s’est posé cette question d'actualité en se penchant plus particulièrement sur le rôle du sexe des candidats en marketing politique : perception, image, couverture médias, etc. 

Dans un premier temps, Madame Dauphinais a identifié les études universitaires existantes sur le marketing politique au féminin. Par la suite, dans son mémoire intitulé « Le marketing politique au féminin », elle a analysé le contenu des documents colligés en fonction des 4 P du modèle « marketing-mix » élaboré par Jerome McCarthy. Voici donc, en résumé, ce qu’elle a découvert* : 

Selon Dervuille et Pionchon (2005 : 78), « [il y a] aujourd’hui encore, dans l’esprit d’une majorité de citoyens et d’acteurs politiques des deux sexes, la prégnance de représentations sociales qui sont largement antagonistes avec l’engagement politique au féminin ».

Mosconi estime que les femmes évoluent en campagne sous un double standard, c’est-à-dire que les attentes de la société diffèrent en fonction du sexe du candidat/chef (Mosconi, 2004 : 3). Ces attentes différentes seraient organisées selon les stéréotypes reliés au sexe des politiciens.

Manon Tremblay, professeure à l'Université d'Ottawa, précise que l’électorat évalue les femmes et les hommes en politique en fonction de leurs traits de caractères et des stéréotypes constitutifs des genres féminins et masculins (2008 : 61). Ainsi, les hommes sont perçus comme étant « plus compétents en économie, dans les travaux publics, les affaires étrangères et militaires et dans la gestion des ressources naturelles » (Tremblay, 2008 : 62).

Du côté des politiciennes, elles sont perçues comme étant plus près de la population et compétentes dans les portefeuilles de l’éducation, la culture, les services à la communauté, les soins aux enfants, aux personnes âgées et aux handicapés. Madame Tremblay note également qu’il y a des « zones mitoyennes comme les communications, l’environnement, la justice et le tourisme » (2008 : 62).

Comment expliquer cet écart dans le rôle des uns et des autres ? Selon Lawless « les enjeux et les traits associés aux femmes sont liés au domaine traditionnel de la famille, alors que les expertises politiques et les caractéristiques associées aux hommes tendent à être visibles dans la sphère publique » (Lawless, 2004 : 480).

À cet égard, les politiciennes seraient donc dans une voie sans issue : « selon laquelle les candidates agressives et affirmées apparaissent comme non-féminines, et par conséquent, inacceptables en politique, mais celles qui assurent leur féminité sont jugées comme étant inefficaces » (Hitchon, Chang & Harris, 2001: 50)

Comme l'écrivait il y a quelque temps Vincent Marissal en parlant de Pauline Marois (et qui tend à confirmer les observations ci-dessus) : « J'ai toujours eu beaucoup de respect pour l'engagement de Mme Marois (qui ne l'a pas facile et qui pourrait fort bien vivre sans la politique) et j'ai souvent noté qu'on l'attaquait pour toutes sortes de mauvaises raisons (parce qu'elle est une femme, parce qu'elle est riche, parce qu'elle est trop élégante, parce qu'elle ne parle pas assez de souveraineté...)

Déjà à l’époque où elle tenait le rôle de la Première dame américaine, les critiques reprochaient à Hillary Clinton une image incohérente et un manque de personnalité. On se demandait qui était la vraie Hillary Clinton. Dans la presse, le tailleur-pantalon qu’elle portait jour après jour faisait même douter de sa capacité à tenir le rôle de présidente. 

En 2008, durant la course à la chefferie du Parti démocrate, on se souviendra qu'on a commenté abondamment sur le visage de Madame Clinton (est-ce qu'elle serait trop vieille pour être présidente ?) avant de s'intéresser aux larmes versées lors d'une rencontre avec ses suporteurs et les médias.

 En résumé, rappelle Caroline Dauphinais, il semble que les médias soient intéressés par la candidature des politiciennes essentiellement parce qu’elles font de bonnes histoires. 

« En cadrant les nouvelles d’après une logique basée sur la productivité, les médias reproduisent généralement les stéréotypes de genres et en s’appuyant sur cette logique de bon sens renforcent l’inclusion limitée des femmes dans la sphère publique » (Roncarolo, 2000 : 117). 

En d’autres mots, tout se passe comme si les politiciennes étaient mises sur un piédestal avant d’être rejetées. Accueil initial enthousiaste, puis rejet dans un deuxième temps. Parlez-en à Kim Campbell et Hilary Clinton...

 * Je tire ce texte directement du mémoire de Madame Dauphinais et je la remercie de m’autoriser à le faire.

jeudi 19 juillet 2012

L’histoire fascinante de Batman


À l'occasion du lancement du film The Dark Knight Rises mettant en vedette Christian Bale dans le rôle de Batman, il m’apparaît opportun de se pencher sur les origines du 2e personnage le plus populaire de l’histoire des comic books derrière Superman et devant Spiderman, selon IGN Top 100 Comic Book Heroes of All Time.

Comme je le mentionne en entrevue à Catherine Bachand du FM93, on retrouve dans le personnage de Batman, créé en 1939, des thèmes éternels (le personnage binaire, orphelin et costumé), des personnages archétypaux (le Joker, le Penguin, la Catwoman, le Sphinx, Mr Freeze), une ville maudite (Gotham City) et un faire-valoir ou sidekick, Robin, qui permit d’ailleurs à l’époque de doubler les ventes de bandes dessinées Batman en kiosque.

Pour maximiser les chances de réussite de ce super héros dont les ventes ont frisé le million de copies durant le golden age des comic books, Batman profite de la machine de DC Comics (et sa première incarnation National Publications), l’un des deux géants du comic books avec Marvel Comic.

L’efficacité du personnage repose aussi sur la personnalité de Batman, un personnage sombre qui aime tuer et accepte parfois de transgresser la loi pour s’attaquer au mal.

Enfin, on ne pourrait parler de Batman sans parler des gadgets de ce superhéros, entre autres, la batmobile, la batcoptère, les batmenottes et le batsignale.

À l’ère de la télévision naissante dans les années soixante, la série télévisée Batman – plus de 120 épisodes entre 1966 et 1968 sur la chaîne ABC – va contribuer à remettre au goût du jour le personnage de Batman.

Fait à signaler, le film de Batman lancé en 1984 repose davantage sur la psychologie des personnages imaginés par les créateurs originaux que sur le personnage de la série télévisée des années 60.

En outre, le film est lancé au moment où la franchise de Batman traverse sa plus importante crise : baisse de vente, rumeurs de fin de parution, assassinat puis renaissance de Robin, etc.

Pour tout savoir sur cet incontournable personnage de l'industrie des superhéros que nous devons à deux créateurs (Bob Kane et Bill Finger) et non à un seul comme on l'a cru pendant des décennies, je vous invite à écouter l'entrevue que j'accordais à Catherine Bachand du FM93.

mardi 3 juillet 2012

Quand consommer rime avec image : le cas de la publicité automobile


Dans un article récent intitulé « Dis-moi ce que tu conduis, je te dirai qui tu es! » auquel j’ai eu la chance de participer, la journaliste Julie Champagne du quotidien La Presse se demande si notre voiture serait le reflet plus ou moins conscient de notre identité, en d’autres mots « Pourquoi et comment la voiture exprime-t-elle notre statut social ? »

D'un point de vue sociologique et psychologique, l'étude de la publicité permet en effet de comprendre comment s'articulent de l'intérieur les « significations sociales et culturelles intrinsèques à la publicité ».

D’entrée de jeu, Jean-Jacques Stréliski, professeur associé à HEC Montréal et spécialiste en stratégie de l'image rappelle que « Notre voiture nous représente fondamentalement. Ce phénomène est connu et documenté depuis plusieurs années, tant sur le plan de la communication que de la psychologie. »

En fait, le marketing automobile joue des signes, fait intervenir ceux-ci et rejette momentanément ceux-là. Mais la société de consommation récupère aussi ses propres modes et propres mythes. La panoplie d'objets renvoie alors à un système symbolique.

Si on épluche un message publicitaire dans le domaine de l’automobile, on aboutit toujours à une motivation spécifique. La difficulté est d’en choisir une seule, celle qui fera vendre le plus le produit.

Que vous le vouliez ou non, la publicité automobile repose toujours sur une promesse de satisfaction. Il faut répondre à un besoin ou à un désir.

« La clé du succès, dit John Petrof, se résume à essayer de répondre le plus exactement possible aux besoins du consommateur. Tenter de satisfaire les consommateurs sans savoir ce qui les motive reviendrait à viser une cible en pleine obscurité. »

Pour réussir dans l’environnement ultra compétitif d’aujourd’hui, un géant de l'automobile comme Ford, Chysler, GM ou Toyota doit apprendre à se tailler une niche précise dans le marché. Si vous voulez gagner, il faudra positionner votre produit, c’est-à-dire cibler, segmenter, donc choisir.

De nos jours, un produit ne peut pas être à la fois un produit pour les hommes et un produit pour les femmes, un produit pour les jeunes et un produit pour les gens plus âgés. 

« Dans la jungle de la communication, rappellent Al Ries et Jack Trout, le seul espoir de ramener une belle proie est d’être sélectif, de se concentrer sur des cibles bien délimitées, de pratiquer la segmentation. »

Comme le rappelle avec justesse Madame Champagne à l'aide de nombreux exemples concrets, en marketing, nous n’achetons pas des produits, nous achetons des positionnements, donc des images. 

Dans les faits, c’est le désir d’exprimer notre personnalité qui nous guide dans le choix des produits et des marques. Qu’il s’agisse de bières, de cigarettes, de dentifrices, de quincailleries, de chaussures de sport ou d’automobiles, dépenser est une façon de communiquer notre identité sociale. Un article à lire absolument !

vendredi 29 juin 2012

Jeux olympiques de Londres : des revenus de 2,2 milliards $ en commandite


Les Jeux olympiques de Londres qui vont débuter dans quelques semaines vont générer des revenus totaux de commandite de l’ordre de 2,2 milliards de dollars, selon Advertising Age.

Par rapport aux Jeux de 2006 à Turin et de 2008 en Chine, il s’agit d’une augmentation des droits de commandite significative qui sera la bienvenue dans le contexte économique que l'on connaît actuellement. À l’époque, les commanditaires officiels avaient payé 866 millions de dollars au total pour les deux jeux (Chine et Italie).

À titre de comparaison, les revenus totaux de commandite aux Jeux de Montréal s'élevaient à 7 millions $. 

À Lillehamer, les programmes de marketing rapportent 500 millions $. À Atlanta, les Jeux sont pour la première fois entièrement financés par le privée. C'est dire l'importance qu'a pris la commandite dans les 25 dernières années aux Jeux olympiques.

À Londres, les partenaires mondiaux - onze plus précisément - paient environ 100 millions de dollars en argent et en échange de services au CIO pour devenir un commanditaire de premier plan. On parle ici de Visa, Samsung, Panasonic, Omega, Dow, McDonald's, P&G, GE, Atos Origin, Acer et Coca-Cola.

Parmi les commanditaires officiels des Jeux de Londres (partenaires officiels de 2e rang), on retrouve, BP, BMW, Adidas, BT, EDF, Lloyds TSB et British Airways. C’est sans compter les supporters officiels (7 entreprises) et les fournisseurs (17 entreprises).

Au Canada, RBC, Rona et Petro-Canada sont parmi les commanditaires les plus actifs des Jeux olympiques de Londres.

Outre les occasions exclusives en matière de marketing mondial, le comité international olympique (CIO) rappelle que les partenaires reçoivent également « le droit d’utilisation de toute l’imagerie olympique ainsi que les désignations olympiques appropriées sur les produits ; la possibilité d’accueil aux Jeux olympiques ; une publicité directe et des opportunités promotionnelles, y compris un accès préférentiel à la publicité au cours de la diffusion olympique ; des concessions sur site / franchises et vente de produits / opportunités de représentation ; une protection contre le marketing pirate; et la reconnaissance de leur soutien au travers d’un vaste programme de reconnaissance envers le parrainage olympique. »

Comme l'indique le blogue de FusionMarketing, une division de Cossette, « avec leurs milliards de téléspectateurs, les Jeux olympiques d’été sont en tête des événements les plus regardés à travers le globe, suivis des Coupes du Monde de foot de la FIFA et des Jeux olympiques d’hiver. »

« Au Canada, les Jeux d’hiver sont les plus regardés. Ceux de Turin en 2006 et de Salt Lake City en 2002 ont respectivement rejoint un total de 100,2 millions et 81,7 millions d’auditeurs en 2 semaines de diffusion. »

Une recherche de Decima Research réalisée il y a quelques années semble confirmer la force de la commandite olympique auprès des téléspectateurs. En effet, on constate que 59 % des répondants sont plus susceptibles de se procurer le produit des commanditaires ; 74 % ont une meilleure image du commanditaire ; et 76 % pensent que le commanditaire est le leader dans son secteur d’activité.

En raison de l’efficacité des commandites et des coûts de plus en plus élevés qu’elles engrangent, de plus en plus d’entreprises tentent malheureusement de s’associer indirectement aux Jeux olympiques sans défrayer les montants exigés. 

On appelle communément ce phénomène du marketing d’embuscade ou ambush marketing. L’ambush marketing (marketing d’embuscade) est une stratégie utilisée par les entreprises qui ne détiennent pas les droits d’une commandite. La stratégie consiste à s’associer indirectement à l’événement. 

En faisant du marketing d’embuscade, l’entreprise fautive crée de la confusion dans l’esprit des consommateurs. Le commanditaire officiel se voit ainsi contraint de partager sa visibilité.

Dans le passé, plusieurs entreprises ont eut recours au marketing d’embuscade. Pendant les Jeux olympiques de 1984, Kodak a commandité l’équipe américaine d’athlétisme. Pourtant, c’est Fuji qui était le commanditaire officiel des Jeux.

Durant les Jeux olympiques d’hiver de 1988, Wendy’s distribua des affiches montrant des scènes de sports d’hiver. À peu près au même moment, McDonald’s investissait des sommes considérables à titre de commanditaire officiel. 

En 1990, Coca-Cola était commanditaire officiel de la Coupe du monde. Pour mettre des bâtons dans les roues de Coca-Cola, Pepsi décida de devenir le commanditaire de l’équipe du Brésil.

Durant les Jeux olympiques de 1992, le fabricant de chaussures sportives Reebok était un commanditaire officiel. Or, la publicité de son principal concurrent, Nike, utilisait six joueurs de l’équipe nationale de basketball des États-Unis pour annoncer ses produits. 

Ce faisant, Nike bénéficiait d’une partie du prestige associé aux entreprises liées directement aux Jeux olympiques, et ce, sans avoir à débourser une somme importante d’argent.

Pour protéger les commanditaires cette année, le comité d'organisation de Londres 2012 a créé un périmètre de sécurité d'un kilomètre autour de chaque site olympique. On compte aussi exercer un contrôle serré sur les médias traditionnels et les médias sociaux (messages des athlètes et des bénévoles). 

Selon le magazine Stratégie, les mots «jeux», «2012», «deux mille douze», «médaille», «or», «argent» et «bronze» sont protégés. Le CIO a aussi signé une entente de veille avec Twitter.

À noter, par ailleurs, que le stade O2 Arena (du nom d'O2, filiale de Telefonica) a été rebaptisé North Greenwich Arena pour la durée des Jeux, afin de ne pas faire de l'ombre au commanditaire BT, concurrent d'O2.

lundi 25 juin 2012

Lancement d'une publicité du Parti libéral mettant en vedette Pauline Marois




Lancement ce soir d'une deuxième publicité du Parti libéral mettant cette fois en vedette la chef du Parti Québécois Pauline Marois. 

Dans cette publicité de 15 secondes qui confirme que nous irons voter en septembre, on voit la chef du Parti Québécois qui frappe de façon malhabile deux couvercles de casseroles.

Le message sans voix hors champ, ni argumentaire écrit, est fort subtil et s'inscrit dans la stratégie de repositionnement de Madame Marois annoncé par le Parti libéral il y a quelques jours dans une première publicité. 

Le visuel en monochrome est livré avec un léger ralenti, ce qui lui confère un pouvoir d'évocation important. Du côté sonore, pas de musique ni commentaire ; le message laisse plutôt la place au bruit des casseroles. Voici donc un message qui utilise avec talent les forces de la télévision, le média de l'image par excellence.

Dans sa facture d'ensemble et sans jamais le dire explicitement, le message publicitaire du Parti libéral suggère le tintamare et par voie de conséquence, le pouvoir de la rue versus celui des élus. C'est un message d'autant plus puissant qu'il laissera peu de place à la critique puisqu'il a été diffusé à l'origine par le Parti Québécois lui-même sur les médias sociaux.

Mais c'est le traitement du message qui fait cette fois toute la différence.

lundi 18 juin 2012

Publicité télévisée du Parti libéral


Dans un message d'une durée de 60 secondes lancé aujourd'hui sur les chaînes de télévision du Québec, le premier ministre Jean Charest s'adresse directement aux Québécois, sans artifice, musique ou montage. 

Visuellement, Monsieur Charest parle directement aux téléspectateurs. Le rythme est posé et le décor est dénudé. 

La posture est sobre. À l'exception de la cravate bleue de Monsieur Charest, le blanc est omniprésent. Le message laisse également voir un premier ministre sans veston, ni pupitre, bureau ou drapeau à l'arrière-scène.

Sur le plan du contenu, le message contient l'essentiel de l'axe communicationnel de la prochaine élection qui sera fort probablement déclenché au mois d'août : « Être premier ministre, ce n'est pas un concours de popularité ; c'est travailler dans l'intérêt de tous les Québécois et prendre des décisions difficiles pour le long terme. » 

Détail intéressant, on note l'absence de slogan à la fin du message.

Au passage, le premier ministre fait preuve d'humilité, reconnaissant que gérer le Québec « ça peut pas être parfait et on n'a pas réponse à tout ». 

Enfin, Monsieur Charest ne parle jamais directement de la compétition. Ceci dit, le thème clé -- ou mot clé du message -- est responsabilité par opposition bien sûr à irresponsabilité dans un prélude à la stratégie libérale à l'égard de la chef du parti québécois, Pauline Marois. 

Sans surprise, le plan média de cette campagne éclair prévoit une diffusion du message aujourd'hui, demain et mercredi. Par la suite, nons entrerons en effet dans ce que j'appellerais historiquement la trêve de l'été, pause particulièrement nécessaire cet été avec le poids très important qu'a occupé l'actualité politique au cours des derniers mois.  

Ce message, véritable avant-goût de la campagne électorale qui s'en vient, nous rappelle que les spécialistes de la publicité politique ne vendent pas seulement un programme électoral ; ils mettent aussi en forme des discours, des symboles et des images. 

La communication politique vise essentiellement à implanter des images dans la tête des électeurs. Ces images jouent ensuite un rôle clé dans le processus de décision des électeurs.

Par ailleurs, les émotions et les activités des candidats sont soigneusement programmées en fonction de leur impact médiatique.

Évidemment, on sait aussi que les comptes rendus et l’analyse de la publicité électorale font maintenant partie intégrante de la couverture média des campagnes électorales. 

D'ailleurs, au risque de déplaire aux amis journalistes, je continue à croire que la publicité politique semble souvent plus efficace que les nouvelles télévisées pour transmettre des informations sur les enjeux de la campagne. 

En attendant le déclenchement officiel des élections...

lundi 4 juin 2012

Grand Prix de Formule 1 du Canada : un événement clé pour l'image de Montréal


En terme de visibilité à l’échelle planétaire, le Grand Prix de Formule 1 du Canada, présenté la fin de semaine prochaine à Montréal, est sans contredis l’événement canadien le plus important dans le domaine des médias.

Dans les faits, c'est 300 millions de téléspectateurs à travers le monde (dont 70 millions en direct) qui regarderont pendant près de trois heures le Grand Prix du Canada qui, à cause de sa localisation géographique, est présenté à heure de grande écoute (prime time) dans la plupart des pays européens.

Sans surprise, le Grand Prix du Canada de Formule 1 qui se déroule à proximité du centre urbain – un avantage extraordinaire pour l’image de Montréal – se classe régulièrement dans le Top 10 des événements les plus regardés dans le monde et cela, année après année.

Si on fait un petit calcul rapide, on constate qu'en terme de nombre de téléspectateurs, le Grand Prix est l’équivalent d’au moins 4 saisons complètes du Canadien de Montréal ! Il faut dire que cette course de Formule 1 est disponible dans plus de 100 pays à travers le monde.

En jetant un coup d’œil sur le profil des téléspectateurs (hommes / 25-54 ans), on remarque que 65 % de ceux-ci sont Asiatiques et/ou originaires du Moyen-Orient.

Ajoutons à cela les 300 000 spectateurs qui franchissent les tourniquets durant les trois jours de compétition sur l’Île Notre-Dame, dont 20 à 25 % sont Européens ou Américains.

À ce titre, les organisateurs du Grand Prix du Canada estiment que des dizaines de milliers de visiteurs étrangers dépenseront cette semaine à Montréal entre 75 et 100 millions $, que ce soit dans les restaurants, les hôtels ou le transport en commun (300 000 $ de revenus pour la STM en trois jours dans un contexte normal).

Pour toutes ces raisons, on ne sera pas surpris d’apprendre que les droits de retransmission TÉLÉVISION du Grand Prix de Formule 1 (l'ensemble des courses) s’élèvent à plusieurs milliards $.

Par ailleurs, depuis les années 80, l’association des constructeurs automobiles a constamment ajusté sa stratégie mondiale de commandite, de droits de TÉLÉVISION et de publicité.

Jusque-là, il faut se rappeler que les constructeurs automobiles négociaient à la pièce chacune des ententes : nombre de courses, commandites, droits de télévision, etc.

C’était bien sûr avant l’arrivée de Bernie Ecclestone qui, après être devenue propriétaire de l’écurie Brabham en 1971 (pour la modique somme de 120 000 $), devient le patron de l’association des constructeurs automobiles (FOCA) en 1978, puis négocie les célèbres ententes Concorde à partir de 1981.

Les ententes Concorde fixent les redevances des droits de télévision et de commandites de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), des constructeurs automoiles/écuries et de la Formula One Management (i.e. Ecclestone). Par exemple, à l'occasion de la première entente entre les différents partis, 47 % des revenus de télévision allaient aux équipes, 30 % à la FIA et 23 % à la FOM.

Cette année, le Grand Prix de Formule 1 de Montréal compte un partenaire de premier plan : Mercedes-Benz.