vendredi 30 novembre 2012

Nouveau logo pour TVA



TVA dévoilait hier matin son nouveau logo. Conçu par l'agence Sid Lee, ce logo de TVA se veut plus moderne, flexible, épuré, dynamique et simple que le logo précédent. Autant de caractéristiques qui vont faciliter son utilisation et sa déclinaison sur les différentes plateformes médias de TVA.

Comme le rappelait il y a quelques années Pierre Léonard, Vice-président, directeur création / Branding et design / Montréal à Parallèle, gestion de marques : « Un logo communique beaucoup. Les formes et les couleurs transmettent des idées. Les milliers de caractères typographiques existants ont été conçus pour faire ressortir des valeurs qu’ils ajoutent aux mots ».

Un logo symbolise votre marque. Il doit être simple, donner une image positive de votre produit et véhiculer un message. Il doit aussi être original (pensons au logo de l'UQAM avec un accent sur la lettre A), s’adapter aux circonstances (pensons au logo de Google) et traverser les années, 10 à 15 ans idéalement dans le cas d’un logo médias (PS : celui de TVA avait 22 ans avait sa cure de rafraîchissement !).

Au fond, un logo n’est pas seulement un truc pour attirer l’attention des gens. C’est aussi une façon d’évoquer des ambiances et de jouer sur les émotions.

Quand vous décidez d’utiliser la couleur, les formes et les lignes dans la conception de votre logo, votre choix devrait se baser sur des critères objectifs comme la visibilité et la lisibilité, mais aussi sur des critères subjectifs comme les idées que la combinaison de ces éléments graphiques évoquent auprès des consommateurs.

Mission accomplie donc pour TVA et Sid Lee !

jeudi 15 novembre 2012

St-Pierre/Condit : un moment clé pour la UFC



La Ultimate Fighting Championship (UFC) tiendra samedi soir au Centre Bell un gala de combats extrêmes. Au menu, un duel mettant en vedette le champion québécois Georges St-Pierre contre Carlos Condit.

Créée en 1993 à Denver, la UFC est devenue avec le temps la plus importante organisation de combat libre au monde. Comme je le mentionne en entrevue à Benoît Dutrizac, elle doit en partie sa popularité au talent de mise en marché de Dana White, ancien professeur d’aérobie de Las Vegas devenu homme d’affaires, promoteur et actuel président de la UFC.

En janvier 2001, White fait l’acquisition de la UFC avec les gérants de casino Frank Fertitta III et Lorenzo Fertitta pour la modique somme de 2 millions $.

À son arrivée, White revoit de fond en comble les façons de faire de la UFC. Conscient des problèmes d’image de la ligue et désireux de mettre fin aux poursuites à répétition qui entachent la réputation de la franchise, White choisit de nettoyer le monde du combat extrême pour multiplier les occasions d’affaires.  

Pour ce faire, Dana White crée des catégories de pugilistes (jusque là, un lutteur de 300 livres pouvait affronter un spécialiste du karaté de 150 livres) ; il adopte le livre de règlements de la New Jersey Athletic Control Board, lequel interdit les coups derrière la tête ; et il développe le marché de la télévision à la carte (pay-per-view, en anglais), s’inspirant en cela des combats Ali-Frazier, premiers événements du genre à être diffusés à la télévision payante.

De nos jours, grâce à un contrat avec HBO, la boxe reste le sport de matelas le plus populaire en Amérique du nord, mais la durée des combats, la forme de l’arène et la grosseur des gants en font un sport ringard pour toute une génération de jeune gavée de sport extrême.

Quant à la lutte, on le sait maintenant, c’est un spectacle arrangé, donc faux. En outre, les scandales de consommation de stéroïdes, les décès de lutteurs et les excès de langage dans le ring et à la télévision ont fini par nuire à l’image de la WWE.

Sans surprise, les revenus sont stables depuis quelques années. En 2011, la WWE générait des revenus de l’ordre 480 millions $.

En ce qui a trait à la UFC, son modèle d’affaires a l’avantage de garantir des revenus constants grâce à la présentation de galas d’art martiaux à la télévision payante – entre 12 et 16 soirées par an. Ces galas attirent jusqu’à 1,5 millions de clients.

Ceci dit, en terme de revenus totaux, la UFC reste le 3e sport de matelas derrière la boxe et la lutte. Elle peut toutefois se targuer de générer autour de 170 millions $ par an à la télévision payante et d’attirer des commanditaires de premier plan comme Bud Light et Harley-Davidson.

Plus récemment, elle a aussi signé un contrat avec Fox qui lui garantit un accès à la télévision généraliste et des revenus de 700 millions $ au total pour les sept prochaines années.

Mise au monde dans la tête du grand public par une téléréalité, The Ultimate Fighter, présentée à l’antenne de Spike TV de 2005 à 2011, la UFC a donc réussi à se tailler une place au soleil. Mais les défis restent entiers.

Les combats extrêmes multiplient les blessures et les combattants charismatiques à la Georges St-Pierre se font rares. Pour ces deux raisons, la UFC a besoin d’un Georges St-Pierre en grande forme. D’autant plus qu’en cas de victoire samedi, on planifie un prochain combat St-Pierre-Silva dans un stade du Brésil, au stade des Cowboys de Dallas ou au Centre Rogers à Toronto.

vendredi 9 novembre 2012

Placement de produit dans Skyfall

Skyfall, 23e épisode des aventures de James Bond, est un hymne au placement de produit ; une occasion en or pour Heineken, Coke Zero, Walther (revolver), Procter & Gamble, Aston Martin et Omega de s’associer avec le célèbre agent 007. 

Signe des temps, Heineken n'a pas hésité a débourser plus de 45 millions $ pour que James Bond troque sa Vodka Martini pour une bière froide.  

Comment expliquer cet engouement des annonceurs pour James Bond : image, visibilité ? Plus tôt cette semaine, je me penchais sur l'historique du placement de produit dans les James Bond avec Gilles Parent : origine, premiers annonceurs, motivations des entreprises, etc. 

Pour écouter l'entrevue, cliquer ici.

dimanche 4 novembre 2012

Quand James Bond devient une publicité


Lancement dans les prochains jours de Skyfall, le 23e film consacré aux aventures de James Bond. 

Mais l'agent 007, c'est aussi un prétexte en or pour s'associer à un phénomène plus grand que nature et faire ce qu'on appelle communément du placement de produit.

Au cinéma, le placement de produit a débuté officiellement avec le film E.T. Dans une scène clé, un jeune garçon tentait en effet d’établir le contact avec un extraterrestre.

 

Ceci dit, le placement de produit existait déjà en 1873 dans le roman Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne, puis plus tard dans le film The Garage, en 1919, mettant en vedette Fatty Arbuckle.

Dans le cas de la série James Bond, le placement de produit fait son apparition dès le premier film de la série, Dr. No, en 1962. À l’époque, Pan Am et Smirnoff s’associent à Sean Connery.

En 1974, le fabricant de voiture AMC signe un contrat de 5 millions $ pour apparaître dans le film L’homme au pistolet d’or. Dans une scène célèbre du film, on peut voir une AMC tourner sur elle-même. 


Ceci dit, vous noterez que le volant est du mauvais côté (nous sommes en Thaïlande) dans un pays qui ne comptait pas de concessionnaire AMC à l’époque.

En 1997, dans le film Demain ne meurt jamais, 100 % des frais de tournage sont financés à même le placement de produit.

En 2006, dans le film Casino Royale, Daniel Craig se permet d’apostropher un quidam qui ose lui demander s’il porte une Rolex. « Non, c’est une Omega », lui répond sèchement Bond.

Plus près de nous, le film Skyfall sera l’occasion pour Heineken, Coke Zero, Walther (revolver), Procter & Gamble, Aston Martin et Omega de s’associer avec le célèbre agent 007. Pour un, Heineken a déboursé plus de 45 millions $ pour que James Bond troque son traditionnel Martini Vodka pour une bière froide.


Pour les marques, l’association avec le mythe de Bond permet de bâtir ou de maintenir la notoriété de la marque, de rejoindre un auditoire captif, d’éviter le zapping et de façonner l’image du produit (voir mon autre billet à ce sujet).

Sans surprise, le placement de produit est devenu un mode important de communication (voir l'excellent article de Christine Fortier sur
l'histoire du placement de produit).

Aux États-Unis, on évalue que les grands studios de cinéma génèrent plus de 1,2 milliard $ par année en revenus de placement contre 1,8 milliard $ à la télévision (source : Newell, Salmon et Chang).

Il y a quelques années, plus du quart du film Minority Report a été financé à l’aide du placement de produit. Tour à tour, des marques comme Nokia, Lexus et Gap étaient utilisées par le comédien Tom Cruise.

Des années auparavant, l’acteur avait confirmé le pouvoir vendeur du placement de produit. Il avait fait augmenter de 80 % les ventes de verres fumés Oakley après les avoir portés dans Mission impossible 2.

Tom Cruise avait réussi une performance similaire avec la marque Ray-Ban dans le film Risky Business lancé en 1983, faisant passer les ventes annuelles de 18 000 paires à 360 000 paires, puis éventuellement à 4 millions pour Ray-Ban.

Au Québec, le placement de produit a fait son apparition dans la série Lance et compte. À l’époque, la vedette du National, Pierre Lambert, faisait chaque semaine son plein d’essence chez Ultramar.

La pétrolière avait payé 700 000 $ pour commanditer 12 émissions. À la suite de ce placement, la notoriété et le capital de sympathie d’Ultramar explosèrent.


Voir aussi
L'histoire du placement publicitaire dans les James Bond, entrevue avec Benoît Dutrizac au 98,5FM.

Tout ce que vous voulez savoir sur les origines de James Bond, entrevue avec Gilles Parent du FM93.

mardi 30 octobre 2012

Disney achète Lucasfilm pour 4,05 milliards $



Plus tôt aujourd’hui, on apprenait que le géant Disney faisait l’acquisition de Lucasfilm et de la marque Star Wars pour un montant de 4,05 milliards $.
 
À une époque où les studios d’Hollywood privilégient les séries et les valeurs sûres, force est de constater que l’on retrouve dans la marque Star Wars une recette éprouvée, donc rassurante pour un géant comme Disney -- une structure mythique reposant sur des éléments inspirés de westerns, du cinéma japonais, des documentaires de Claude Jutras, du cameraman Jean-Claude Labrecque et des ouvrages de Joseph Campbell, lequel agira éventuellement en tant que conseiller de Lucas dans la saga Star Wars.

Depuis le lancement du premier Star Wars le 25 mai 1977 dans 45 salles (contre 2655 salles de nos jours), George Lucas a plus d’une fois fait preuve d'un sens aigu de la mise en marché, d’abord en révolutionnant l’univers des effets spéciaux (il fonde Industrial Light and Magic ou ILM), ensuite en réinventant le monde du son grâce à THX Ltd, du jeux vidéo avec LucasArts, de la post-production et mixage son avec Skywalker Sound et de l'animation avec le célèbre studio Pixar.

Personnellement, jamais je n’oublierai le « lightsaber » (« sabre de lumière », ou « sabre lumineux »), les pistolets lasers, le double coucher de soleil sur la planète Tatooine ou les chasseurs X-wing.

Pour la petite histoire, le premier projet intitulé The Star Wars contient 14 pages écrites à la main. 

Monsieur Lucas comprend dès le départ l'importance de créer un monde féérique. Pour ce faire, il n’hésite pas à choquer l'industrie. Ainsi, il fait débuter chacun de ses films non pas par un générique, mais par un texte déroulant à l'horizontal et présentant l'intrigue, fortement inspiré des débuts de Flash Gordon, faut-il le préciser. Lucas sera d’ailleurs poursuivi par la Directors Guild of America et de la Writers Guild of America à cause de son refus de débuter ses films par un générique.

Par ailleurs, les 6 films Star Wars de George Lucas utilisent une formule éprouvée, inspirée des écrits de Joseph Campbell.  

Star Wars, c’est le voyage initiatique d’un héros. La série cristallise l’éternel combat entre le bien et le mal avec ses héros et méchants, princes, magiciens et ogres. 

Le premier film sort en 1977, en pleine crise politique et économique. La galaxie de Star Wars est cosmopolite. L’histoire est simple :
  • Un chevalier noir : Darth Vader.
  • Une demoiselle en détresse : la princesse Leia.
  • Un appel à l’aide : R2D2.
  • Un prince charmant qui passe à l’âge adulte : Luke Skywalker.
  • Une mission : délivrer la princesse du méchant.
  • Une aide surnaturelle : un guide, un maître.
  • Un talisman magique : le sabre-laser de son père.
  • Un pouvoir spirituel : la force et Yoda.
  • Des partenaires : Chewbacca et Han.
  • Un labyrinthe : l’Étoile Noire.
  • Un dragon et/ou des monstres : ils abondent.
  • La chasse : les batailles en chasseurs X.
  • La trahison : Lando livre Han à Vader.
  • Les tentations : « sois mon allié ».
  • Le mariage mystique
  • La résurgence du mal : les nombreuses vies du mal.
  • La descente aux enfers : les difficultés s’accumulent.
  • La réconciliation avec le père
À l’évidence, George Lucas est un conteur de grand talent. Il entre à l’University of Southern California pour y étudier le cinéma et tourne son premier film: THX 1138. C’est là qu’il devient un passionné de contes et de légendes. En cours de réflexion, il découvre un livre clé qui va changer sa vie : Les héros sont éternels de Joseph Campbell.

Quand on lui demande d’expliquer le processus créatif relatif à la création de Star Wars, Lucas déclare : « J’ai d’abord essayé d’adapter certains grands principes de la mythologie à mon histoire. Comme cela ne fonctionnait pas, j’ai finalement décidé de laisser tomber et de me concentrer à la rédaction de l’histoire à part entière. J’ai découvert, en me relisant, que tous les principes mythiques étaient présents. »

En entrevue, il affiche une fascination pour le mythe. « Toutes les histoires mythiques possèdent une réserve commune d’images et de symboles », aime à répéter Lucas.

Pour respecter la structure mythique, le héros doit se couper du monde ordinaire, puis subir une série d’épreuves : l’initiation. Luke, l’adolescent rebel, avide d’aventures, se métamorphose ensuite en héros. Au cours de son itinéraire, il croise ogres et magiciens, labyrinthes et pièges.

Cette recette a permis à George Lucas de générer des ventes remarquables. Jusqu’à maintenant, les six films de la série ont généré 4,49 milliards $ de vente de billets et 10 milliards de vente de jouets. On annonce d'ailleurs un 7e film qui sera lancé en 2015.

(En passant, suite aux ventes décevantes des produits associés au film Godzilla en 1998, c’est Lucas qui va racheter la production invendue pour ensuite la faire fondre et la transformer en poupée Star Wars ! Brillant le monsieur !)

En cours de route, Lucas devient un control freak. Il sélectionne les cinémas qui présenteront son film ; il exige de se faire payer à chaque semaine plutôt qu’aux deux semaines ; il exige qu'on lui donne la salle la plus grande du cinéma ; il interdit les publicités avant ses films ; et le film doit rester à l’affiche au moins douze semaines dans chaque salle. 

Lucas développe aussi le concept de teasing afin d'annoncer le lancement prochain d'un autre film de la saga. Mais comme il génère jusqu’à 10 % des profits de la Fox certaines années, on laisse libre cours à ses demandes.

Au total, les ventes de la marque incluant celles des produits dérivés et des films s’élèveraient à près de 30 milliards $. Il est vrai que les différents films de la série ont donné naissance à des jeux vidéo, des romans, des bandes dessinées, et bien sûr, des poupées pour hommes ou figurines, si vous aimez mieux.

Pas mal pour un gars qui accepta de réduire son cachet de moitié pour financer la fin du tournage de son premier film au milieu des années 70 en échange des droits sur les produits dérivés. Une autre approche qui a d’ailleurs changé de fond en comble l’industrie du cinéma et permis à Lucas d’être l’un des actionnaires les plus importants de Kenner qui deviendra par la suite Hasbro, l’un des deux géants du jouet avec Mattel...

dimanche 28 octobre 2012

Marketing sur Twitter : performance de votre compte en fonction du nombre d'abonnés (followers)


Contrairement à ce qu'on pourrait penser, plus le nombre d'abonnés de votre page Twitter augmente, moins le pourcentage de clics de votre compte sera élevé. 

Comme le montre cette infographie de Joanna Franchetti, ce phénomène prend de l'ampleur à partir de 10 000 abonnés. Mais de là à conclure qu'il est préférable de compter quelques centaines d'abonnés seulement, il y a un pas à ne pas franchir.

Le marketing efficace sur Twitter comme sur les autres plateformes web n'est jamais facile. Il est tributaire de l'énergie déployée  par le gestionnaire du compte et de son talent pour dénicher des informations utiles ou divertissantes.

Bien sûr, je vous invite à cliquer directement sur cette infographie pour en saisir toute la richesse : quand twitter sur semaine, durant la journée, etc.

Source : visual.ly

jeudi 18 octobre 2012

Le CRTC refuse l’achat d’Astral par BCE

Que les médias en prennent bonne note : chercher à contrôler plus de 40 % de la tarte médiatique au Canada peut se faire à vos risques et périls. BCE vient de l'apprendre à ses dépens.

Le CRTC vient en effet d’annuler l’achat d’Astral Media par BCE, une transaction de 3,38 milliards $. Dans les faits, l’organisme fédéral avait trois options : approuver, refuser ou modifier l’entente.

Compte tenu du délai des délibérations pour la rédaction du document final – seulement trois semaines – il aurait été surprenant que le CRTC opte pour une entente modifiée avec ce que cela suppose de réflexion. 

Comme je l'indique en entrevue à Paul Houde (l'entrevue débute à 7 : 04), il restait donc deux possibilités : refus en bloc ou acceptation totale.

En achetant Astral, BCE aurait mis la main sur plusieurs joyaux : 
  • Des chaînes payantes de films : Super Écran, HBO et TMN
  • Un réseau radiophonique comptant 84 stations réparties dans 50 marchés au Canada (le 2e plus important réseau au pays avec 17,1 % du marché) 
  • 100 sites Web qui touchent 3 millions d'internautes chaque mois
  • 9500 panneaux d'affichage publicitaires au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique 
  • 24 chaînes de télé spécialisées qui passeraient sous le giron de Bell (Musique Plus, Family, Canal Vie, Historia, Canal D, VRAK.TV, etc.), des canaux rentables et en croissance qui représentent 15 % du marché canadien à eux seuls. 
Malheureusement pour BCE, le CRTC estime que le couple Bell/Astral détiendrait un pouvoir qui pourrait faire « obstacle à une saine concurrence ».

Au final, la performance de BCE durant les audiences du CRTC, la campagne de relations publiques des géants canadiens opposés à la transaction (Quebecor, COGECO, Telus et Rogers) et les nombreux groupes de consommateurs venus faire part de leurs doléances au CRTC auront certainement joué un rôle important.

Pour Pierre Karl Péladeau, cette annonce est une victoire importante. L’arrivée en force de BCE au Québec aurait en effet menacé l’emprise du groupe Quebecor sur le Québec médiatique.

Pour Astral, on retourne donc à la case départ mais rassurons-nous, les prétendants ne manquent pas. Ma prédiction : Rogers fera une nouvelle tentative dans quelques mois.

mercredi 17 octobre 2012

Nike abandonne Lance Armstrong


Coup de théâtre dans le monde de la commandite sportive : Nike abandonne Lance Armstrong.

Trois éléments ont pesé dans la décision de Nike. Premièrement, les récentes révélations de l’agence antidopage américaine (USADA) relatives à Lance Armstrong. Ces révélations sont pour le moins accablantes et révèlent au grand jour un véritable système de triche.

Deuxièmement, la décision de Lance Armstrong de ne pas se défendre contre les allégations de l’agence antidopage américaine. Cette annonce faite au mois d’août dernier a eu l’effet d’une bombe aux États-Unis, en particulier, dans un article cinglant publié dans le New York Times.

Enfin, un troisième facteur, moins connu celui-là, et lié directement à l’image de Nike. Il y a plusieurs années, l’entreprise spécialisée dans les chaussures, les vêtements et le matériel de sport a réalisé une série de deux messages publicitaires portant précisément sur les rumeurs de dopages de l’athlète.

Dans ces deux messages, Armstrong accusait ses détracteurs de jalousie. Par ailleurs, à l’écoute de ces deux messages, vous noterez qu’Armstrong ne mentionne jamais explicitement qu’il ne s’est jamais dopé.



Dans le sillage de la décision de Nike, Anheuser-Busch, Trek (vélo), RadioShack, FRS (boisson énergisante), Honey Stinger (supplément énergisant) et Easton-Bell (casque) ont mis également fin à leur association avec Lance Armstrong.

Pour l’instant, seul le fabricant de lunettes Oakley maintient son partenariat avec Armstrong. Mais cette position est conditionnelle à la décision de l'Union cycliste internationale (UCI).

Comme je le mentionne en entrevue à Michel Villeneuve, animateur de l’émission les amateurs de sports, toutes ces commandites rapportaient à Armstrong 17 millions $ annuellement.

Mince consolation pour Armstrong : Nike maintiendra son support à la fondation Livestrong. 

Un dernier constat et une question maintes fois posées aujourd'hui : comment expliquer la position de Nike dans l'affaire Tiger Woods vs Lance Armstrong ? Deux poids, deux mesures ? Pas tout à fait. 

Essentiellement l’image de marque de Nike repose sur la performance et le dépassement de soi. Or, Woods demeure toujours performant sur un terrain de golf, alors qu'Armstrong, on le sait maintenant, a accompli ses exploits grâce à des substances dopantes. Il a donc triché et cette information est désormais publique.


mardi 16 octobre 2012

Les meilleures publicités de bières brassées ici et ailleurs


Le marketing de la bière est depuis longtemps synonyme de généreux budgets publicitaires, de créativité et de festivité. 

Le Musée de Lachine présente, en collaboration avec l’Association des professionnels de la communication et du marketing (APCM), un concentré des meilleures publicités de bières brassées ici et ailleurs, le lundi 29 octobre prochain, à 19 h 30, à l’Entrepôt de Lachine.

Le tarif est de 6$/personne. Vous pouvez acheter vos billets par téléphone au 514 634-3471, poste 302 ou sur le site Internet https://lachine.artishows.com.
 
Pendant cette projection de 60 min, on pourra voir comment les brasseurs rivalisent en créativité pour capter l’attention des consommateurs de bière et faire mousser les ventes. Certaines publicités sont très drôles, d'autres plus audacieuses et elles ont toutes en commun d'être pétillantes et très divertissantes.

L’ouverture prochaine de l’exposition du Musée de Lachine Pour boire il faut vendre. La publicité et la bière Black Horse au 20e siècle sert de prétexte à cette soirée. 

La bière Black Horse fut le produit vedette de la Brasserie Dawes, fondée à Lachine au 19e siècle, et connut un énorme succès au Québec jusque dans les années 1950. Son emblème, un magnifique percheron noir, a marqué le paysage publicitaire de l’époque. 

Dès décembre prochain, dans les voûtes de l’Entrepôt, on pourra voir cette nouvelle exposition montrant les diverses stratégies publicitaires utilisées par les brasseurs de la Black Horse.


Source : Ville de Montréal

dimanche 14 octobre 2012

Red Bull Stratos: quand le marketing événementiel remplace la publicité traditionnelle


Depuis plusieurs années, le marketing événementiel* est la stratégie de communication numéro 1 du géant de la boisson énergisante Red Bull. Ce n’est pas un hasard. 

Pour être efficace, le contenu d’une action marketing doit toujours aller dans le sens de l’image que cherche à se donner une entreprise. Dans le cas du marketing événementiel, l’événement organisé doit appuyer, voire renforcer l’image de marque de la firme. 

En créant un événement sportif (et scientifique extrême) comme le Red Bull Stratos, le géant de la boisson énergisante Red Bull a entretenu pendant des semaines sa visibilité et son capital de sympathie auprès des adolescents et des jeunes adultes, ses deux publics de choix. 

Mieux encore, en concevant plus de 500 événements dans le monde annuellement, Red Bull est devenue avec le temps un créateur de records, mais aussi un créateur de contenus et de sensations fortes qui seront au final associés à sa marque. Il fallait voir toutes les télévisions du monde retransmettre en direct cet exploit en plein dimanche après-midi. 

En prime, les divers événements auxquels la firme s’associe – deux clubs de football, écuries de Formule 1 ou courses d’avions – contribuent à conforter son image de marque auprès de sa clientèle, une image fondée sur « l’authenticité ». 

Après tout, comme le dit Red Bull : « ce n’est pas du marketing, c’est un exploit sportif. » 

Dans les faits, on devine que les effets de ce marketing événementiel de Red Bull sont nombreux et spectaculaires. 

Les clients potentiels se reconnaissent dans son image extrême entretenue par son association tous azimuts à un homme qui s’apprête à sauter dans le vide à 36 000 mètres d’altitude (Red Bull Stratos) ou par celui qui dévale en patin, au péril de sa vie, une pente glacée à toute vitesse (Red Bull Crashed Ice). 

Par ailleurs, ils ont une meilleure image de Red Bull et ils pensent que le géant de la boisson énergisante est un leader dans son secteur d’activité (ce qu’il est avec son rival de toujours Monster Energy Drink). 

En s’associant à un événement, la firme cherche donc à maximiser les éléments suivants : exclusivité d’association, droit de se présenter comme le commanditaire officiel, droit d’utiliser le nom, le logo et l’image de l’événement, visibilité sur le site de l’événement, occasions d’actions de relations publiques, etc. 

Évidemment, cela permet à Red Bull de bénéficier directement de l’extraordinaire couverture médiatique qu’engendre l’événement, surtout lorsque celui-ci est remis à cause de vents solaires trop importants. Je précise que ces événements lui permettent de garantir une visibilité à l’échelle de la planète sans jamais recourir aux moyens classiques de la communication marketing. Génial ! 

Sans surprise, un sondage mené par l’Event Marketing Institute (EMI) a montré que la proportion des investissements en marketing événementiel dans les entreprises est passée de 22 % à 27 % entre 2006 et 2007. (1) En 2008, 51,7 milliards de dollars ont été investis en marketing événementiel aux États-Unis selon Media Post. (2)

Dans ce contexte, les critères permettant d’évaluer la commandite sont nombreux: nombre de téléspectateurs, visibilité sur les lieux de l’événement et dans la couverture médiatique, image de l’événement, potentiel commercial, couverture en temps réel, mentions de l'entreprise et présence de la télévision.

L’ABC du marketing événementiel sportif efficace se résume à quelques principes simples. Parmi ceux-ci, trois règles incontournables: 1) ciblez (dans la mesure du possible) et entretenez votre image ; 2) prenez des risques, mais pas trop ; et 3) préparez-vous en cas de catastrophe. Pour maximiser vos chances de réussite et vous protéger, revêtez toujours la cape de l’exploit sportif. 


* D’après les HEC Montréal, le marketing événementiel fait référence à l’organisation d’événements spéciaux tels que : lancements de produits, conférences de presse, inaugurations, ouvertures de magasin, anniversaires, rencontres d’employés, réunions d’affaires.

(1)  Event View 2008 North America, Event Marketing Institute 
(2) Ad, Marketing Spending to rise 3.9% in 2008, Media Post, Erik Sass July 16 2008