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mardi 15 août 2017

Elvis toujours aussi vivant


Cette semaine marque le 40e anniversaire de la mort d’Elvis Presley. Mais une revue en surface des revenus des stars vivantes comme décédées permet de constater à quel point Elvis Presley a traversé avec succès l’épreuve du temps.

Qu’il s’agisse de son nom, son image, sa voix, sa signature ou son mouvement de hanche – autant d’éléments protégés par le droit sur l’image aux États-Unis – force est de constater qu’Elvis Presley n’a rien perdu de sa popularité. Il faut dire que Core Media Group (anciennement CKX), a longtemps fait un travail admirable afin de « garder en vie » Elvis avant de vendre son 85 % des droits de la star à Authentic Brand Group en 2013.

En plus d’Elvis, Authentic Brand Group possède les droits sur l’image de Muhammad Ali, Marilyn Monroe et Michael Jackson.

À elle seule, la propriété de Graceland qui attire annuellement 600 000 visiteurs a généré des ventes de près de 20 millions $ l'an dernier.

Évidemment, il est tout à fait superflu de demander à Elvis de déclarer qu'il emploie ou qu'il est satisfait du produit annoncé; il suffit d'affirmer, de prouver par l'évidence, c'est-à-dire en montrant la star près du produit, que l'objet existe dans le monde où elle vit.

À cet égard, on évalue que le marché des stars décédées vaut à lui seul plus de 800 millions $ annuellement à travers le monde.

Grâce à Creative Management Group ou CMG Worldwide, une firme basée dans la région d'Indianapolis et qui comptait jusqu’à tout récemment dans sa banque plus de 200 vedettes mortes ou vivantes (James Dean, Fred Astaire, Babe Ruth, Jayne Mansfield, Lou Goering, Betty Page, Malcom X, le Géant Ferré, Maurice Richard, etc.), les stars disparues sont assurées de faire les beaux jours de la publicité et du marketing.

Évidemment, l'avantage de ces emprunts posthumes en marketing est considérable: comme vous le dira GreenLight, une autre firme qui fait dans les stars décédées, tous les disparus sont de braves gens, sympathiques, à l’abri des surprises, des amants, des maîtresses ou de la drogue.

Elvis Presley, John Wayne, James Dean, autant de personnages qui sont à la fois des héros mythiques et des stéréotypes susceptibles de plaire à un large public. Ils ont alors comme fonctions diverses de figurer, investis par délégation de pouvoir, comme les protagonistes d'une épopée ancienne.

En plus de favoriser l’attention et l’identification, les vedettes décédées du cinéma, de la musique ou du sport bénéficient généralement d’un fort capital de sympathie.

En réalité, la star décédée permet souvent de communiquer un aspect de la personnalité du produit.

Pour acquérir rapidement un taux de notoriété satisfaisant, la célébrité a toujours été un formidable accélérateur. Dans les faits, la vedette représente souvent une assurance sur la visualisation de la publicité. Même lorsque celle-ci est décédée…

jeudi 11 mai 2017

Disney fera escale à Québec, Baie-Comeau et Saguenay


Le navire Disney Magic fera escale à Baie-Comeau, Saguenay et Québec à l'automne 2018. Pour la vieille capitale, il s’agit d’une prise majeure qui confirme encore une fois le pouvoir d’attraction de la ville de Québec dans l’univers de la croisière, une industrie qui a généré des revenus de 39,6 milliards $ en 2016 et qui emploie près de 1 million de travailleurs selon la Cruise Lines International Association.

Rappelons d’ailleurs pour l’avoir vue de mes propres yeux dans les ports d’embarquements de Princess Cruises et Norwegian Cruise Line (NCL) que la ville de Québec sert régulièrement d’argument clé pour ces géants des mers en quête de nouvelles clientèles. C’est un exploit remarquable dans une industrie dominée par les voyages aux Caraïbes – 33,7 % du chiffre d’affaires de l’industrie de la croisière.

L’univers de la croisière est un oligopole composé de plusieurs marques (62 entreprises en 2016 qui possèdent plus de 448 navires – 26 nouveaux navires en 2017 ; 17 en 2018 et 22 en 2019) dominé par trois joueurs clés : Carnival, Norwegian Cruise Line (NCL) et Royal Caribbean.

Plus récemment, il faut ajouter à ce trio la firme Disney qui détient 2,8 % du marché et qui a fait l’acquisition de quatre paquebots afin de viser le marché des plus jeunes, un marché fort prometteur : le Disney Magic, le Disney Wonder, le Disney Dream et le Disney Fantasy.

En 2021 et 2023, deux autres paquebots s’ajouteront à la flotte Disney. C’est dire le potentiel pour Québec et l’importance de faire le meilleur travail possible sur le plan marketing. Disney possède aussi une île privée, Castaway Cay.

Carnival, le Coca-Cola de la croisière, domine l’industrie avec 48 % du marché ou 106 navires. Il est suivi par Royal Caribbean avec 23 % du marché ou 42 navires. 

Royal Caribbean peut se vanter d’avoir 7 des 10 paquebots les plus grands du monde dont l'Allure of the Seas et l'Oasis of the Seas (deux bateaux deux fois plus longs que le Titanic) qui transportent jusqu'à 8500 personnes chacun.

La firme Norwegian Cruise Line ou NCL ferme la marche avec 8 % du marché (22 navires). Les 23 autres membres de la Cruise Lines International Association (CLIA) se séparent les quelques parts de marché restantes.

Carnival Corporation a été fondé par Ted Arison en 1972. À l’époque Arison se porte acquéreur pour 1$ d’un bateau destiné à la ferraille, l’Empress of Canada, un navire qu’il rebaptisera le Mardi Gras. 

Carnival compte aujourd’hui 65 000 employés et opère sous 10 marques différentes, dont AIDA Cruises, Carnival Cruise Line, Costa Cruises, Fathom, P&O Cruises, P&O Cruises Australia, Cunard, Princess Cruises, Holland America Line et Seabourn.

Dans les faits, Ted Arison de Carnival et Knut Kloster de Norwegian Cruise Line sont à l’origine du marketing  qui caractérise la croisière moderne, un repositionnement fondé sur le loisir et le divertissement avec des casinos, des cinémas, de multiples restaurants et piscines, des magasins, etc.

Arison et Kloster ont d’ailleurs été des partenaires lors de la création de Norwegian Cruise Line en 1966 avant de se séparer.

Dans les années 60, ces deux génies de l'industrie comprennent intuitivement qu’avec l’arrivée de l’avion à réacteur, la croisière transatlantique classique est un produit en voie de disparition.

Pour assurer un flot continu de clientèles et de revenus, Arison et Kloster démocratisent la croisière et s’assurent que la classe moyenne pourra monter à bord. Car une fois sur le bateau, tous les espoirs de dépenses sont évidemment permis...

Arison et Kloster mettent au point la recette marketing du futur en croisière. Pour survivre, l'industrie de la croisière reposera dorénavant sur le divertissement, ce qu’Arison appellera les « Fun Ships » sur lesquels on retrouvera tantôt golf, patinoire, piste de jogging, carrousel, bars, salles de spectacles, gymnase, cinéma, librairie, piscine, spa, casino, terrain de basketball, etc.

Arison initiera la publicité à la télévision pendant que Princess Cruises fera dans le placement de produit en 1984, aidé en cela par l'émission de télévision Love Boat, une série qui sera diffusée pendant 10 ans à la télévision ; une série mettant en vedette un paquebot de Princess Cruises, une entreprise qui sera éventuellement acquise par Carnival en 2003.

Pour Québec, l’addition de Disney Cruises est une excellente nouvelle sur la plan financier. En 2016, plus de 24 millions de clients ont sillonné les mers du globe sur un navire de croisière.

Et aux dernières nouvelles, l'industrie de la croisière croît au rythme de 7 % par an. Statistiquement, plus de 60 % de la clientèle est Américaine ou Canadienne avec une moyenne d’âge de 48 ans et un salaire familial moyen de 109 000 $. Un marché potentiel extraordinaire pour Québec, le Saguenay et Baie-Comeau !

mercredi 20 mai 2015

Norwegian Dawn - pas de conséquence à moyen terme



Au moment où nous apprenons que le Norwegian Dawn, un navire de 92 000 tonnes, s’est échoué hier soir sur un récif peu après son départ des Bermudes avec plus de 2443 passagers et 1059 membres d‘équipage à son bord, il m’apparaît opportun de nous pencher sur l’industrie de la croisière, un business qui génère un chiffre d’affaires de 36 milliards $ annuellement sur la planète.  

L’industrie de la croisière est un oligopole dominé par trois joueurs clés qui possèdent plus de 90 % du marché : Carnival, Norwegian Cruise Line (NCL) et Royal Caribbean.

(Plus récemment, il faut ajouter à ce trio la firme Disney qui a fait l’acquisition de quatre paquebots afin de viser le marché des plus jeunes – et donc des familles. En 2010, on estime que 1,6 million d’enfants ont fait une croisière avec papa ou maman).

Carnival, le Coca-Cola de la croisière, domine l’industrie avec 48 % du marché ou 106 navires. Il est suivi par Royal Caribbean avec 23 % du marché ou 42 navires. 

Royal Caribbean peut se vanter d’avoir 7 des 10 paquebots les plus grands du monde dont l'Allure of the Seas et l'Oasis of the Seas (deux bateaux deux fois plus longs que le Titanic) qui transportent jusqu'à 8500 personnes chacun.

La firme Norwegian Cruise Line ou NCL ferme la marche avec 8 % du marché (22 navires). Les 23 autres membres de la Cruise Lines International Association (CLIA) se séparent les quelques parts de marché restantes.

Carnival a été fondé par Ted Arison en 1972. La firme compte aujourd’hui 65 000 employés et opère sous 10 marques différentes, dont Carnival, Princess, Holland, Costa et Cunard.

Dans les faits, Ted Arison de Carnival et Knut Kloster de Norwegian Cruise Line sont à l’origine du marketing  qui caractérise la croisière moderne, un repositionnement fondé sur le loisir et le divertissement avec des casinos, des cinémas, de multiples restaurants et piscines, des magasins, etc.

Fait à noter, Arison et Kloster ont été des partenaires lors de la création de Norwegian Cruise Line avant de se séparer.

Au début des années 60, ces deux génies de l'industrie comprennent intuitivement qu’avec l’arrivée de l’avion à réacteur, la croisière transatlantique classique est un produit en voie de disparition.

Dans ce contexte, ils mettent au point la recette marketing du futur en croisière. Pour survivre, l'industrie de la croisière reposera dorénavant sur le divertissement, ce qu’Arison appellera les « Fun Ships » 
sur lesquels on retrouvera tantôt golf, patinoire, piste de jogging, carrousel, bars, salles de spectacles, gymnase, cinéma, librairie, piscine, spa, casino, terrain de basketball, etc.

Arison initiera aussi la publicité à la télévision et le placement de produit en 1984, aidé en cela par l'émission de télévision Love Boat mettant en vedette un paquebot de Princess, une entreprise qui sera éventuellement acquise par Carnival.

Pour assurer un flot continu de clientèles et de revenus, Arison et Kloster comprennent qu'il faudra également démocratiser la croisière et s’assurer que la classe moyenne puisse monter à bord. Car une fois sur le bateau, tous les espoirs de dépenses sont évidemment permis...

En 2015, on estime que 23 millions de clients sillonneront les mers du globe sur un navire de croisière contre 8 millions en 2008. Ils dépenseront en moyenne 1800 $ chacun par croisière.
Côté destination, 37% des voyageurs visiteront les Caraïbes.

Au dernière nouvelle, l'industrie de la croisière croît au rythme de 7 % par an. Statistiquement, plus de 60 % de la clientèle est Américaine ou Canadienne avec une moyenne d’âge de 48 ans et un salaire familial moyen de 109 000 $.

Dans le cas du bref naufrage du Norwegian Dawn sur un récif, on sait maintenant que cet incident  n’aura pas d’impact à moyen terme sur l'industrie. D’autant plus que le président de NCL Andy Stuart a pris la peine de se rendre aux Bermudes afin d’échanger avec les passagers. On appelle ça des relations publiques efficaces.

vendredi 3 septembre 2010

26 % des gens âgés utilisent les médias sociaux


Selon un billet récent de eMarketer, 47 % des utilisateurs d'Internet âgés de 50 à 64 ans et 26 % des personnes âgées de 65 ans et plus utilisent les sites de réseautage. Ce sont les sites Facebook et LinkedIn qui sont les plus populaires auprès de ce groupe d'âge.

Selon Pew, les gens âgés s’intéressent aux médias sociaux pour trois raisons :

  1. Ils veulent renouer avec des amis et des connaissances du passé.

  2. En tant que lieu de rassemblement, les réseaux sociaux permettent aux parents de garder le contact avec leurs enfants et leurs petits-enfants.

  3. Pew constate que les personnes souffrant de maladies chroniques sont plus susceptibles que les autres d’être en ligne. Or, les personnes âgées sont plus à risque d'éprouver un problème de cette nature.

Ceci dit, eMarketer soulève une question intéressante relative à la hausse des gens âgés sur ces différentes plateformes : est-ce que les jeunes utilisateurs cesseront de « trouver » les réseaux sociaux cool lorsque les parents et les grands-parents s’y intéresseront massivement ? Ça reste à voir.

jeudi 11 juin 2009

Les gens âgés sous-représentés dans la publicité


Les images de l’aîné, telles que présentées dans la publicité, conduisent à un constat central en publicité : les gens âgés occupent une place secondaire dans les images publicitaires (Carrigan et Szmigin, 2000).

En 1980, Gantz, Gartenberg et Rainbow (1980: 56-60) indiquent qu’on retrouve trois «vieilles personnes» pour cent personnes dans la publicité. Plus récemment, les gens âgés de plus de 50 ans représentent autour de 15 % des modèles de la publicité (Carrigan et Szmigin, 1998).

Par ailleurs, les femmes âgées sont les grandes absentes dans les images publicitaires (Gantz et al., 1980; England et al., 1981). D’après Ursic et al. (1986 : 133), 80 % des gens âgés représentés dans la publicité étaient des hommes en 1980 (contre 74% en 1965 et 77% en 1970), ce qui confirme qu’il y a un vieillissement différentiel dans la publicité. C’est ce qui explique peut-être pourquoi les consommateurs plus âgés se sentent ignorés par la publicité en général (Long, 1998).

La faible présence de gens plus âgés dans la publicité se confirme, quels que soient les publics visés (Kvasnicke, Beymer et Perloff, 1982) ou le type de produit annoncé : publicité touristique (Javalgi et al., 1992; Peterson, 1998), chaînes d’hôtels (Peterson, 2001), produits pharmaceutiques (Lill et Peterson, 2001), campagnes de communication publique pour des hôpitaux (Peterson et Kapoor, 1996), des collèges ou des universités (Peterson et al., 2000).

Par ailleurs, la recherche publicitaire indique que la publicité entretient généralement une vision péjorative des aînés. La personne âgée est un cliché (Singer, 1983, 1986). Le discours publicitaire est négatif (Moschis, 1989; Lexchin, 1990; Wolfe, 1990).

L'image de la personne âgée dans la publicité fait peur; elle évoque symboliquement la solitude (Aronoff, 1974). Les gens âgés sont souvent des caricatures, des gens sans importance et sans individualité (Gantz, Gartenberg et Rainbow, 1980: 59).


Voir aussi :
Conférence de Luc Dupont intitulée La représentation du vieillissement dans la publicité lors d'un colloque d'EDUPAX présenté à Montréal en 2011.

Chapitre de livre de Luc Dupont édité aux éditions des Presses de l’Université Laval (PUL) et intitulé L'âgisme : Comprendre et changer le regard social sur le vieillissement sous la direction de Martine Lagacé, directrice du département de communication à l'Université d'Ottawa.

lundi 11 mai 2009

Conférence à l'ACFAS

Dans le cadre du Congrès annuel de l’ACFAS, je donne cet avant-midi une conférence portant sur l’image des gens âgés dans la publicité.

On y retrouvera des données sur la présence des gens âgés dans la publicité, l’image des gens âgés dans la pub, ce que les consommateurs pensent des gens âgés, ce que les gens âgés pensent d’eux-mêmes, etc.

Pour ceux qui ne seront pas présents, cette conférence a fait l’objet d'une conférence intitulée La représentation du vieillissement dans la publicité lors d'un colloque d'EDUPAX présenté à Montréal en 2011 et d’un chapitre dans un livre édité aux éditions des Presses de l’Université Laval (PUL) et intitulé L'âgisme : Comprendre et changer le regard social sur le vieillissement.