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vendredi 3 mai 2013

Marc Simoneau meurt à 72 ans



L'ex-animateur de radio et journaliste de sport Marc Simoneau est décédé ce matin à l’âge de 72 ans.

Véritable bourreau de travail, Marc Simoneau prenait rarement plus d’une semaine de vacance par an et couchait régulièrement dans le stationnment du Colisée. 

Ce passionné des Nordiques et de baseball a engagé la première femme animatrice de ligne ouverte de sport au Québec, Danielle Rainville. (Ceci dit, je précise que Marcelle Saint-Cyr et Robin Herman ont été les premières femmes  à entrer dans le vestiaire après un match de la LNH dans les années 70.)

Marc Simoneau a aussi lancé la mode des collections de cartes de sports, engagé Alain Crête « un petit jeune talentueux » à la description des matchs des Nordiques, fait une place de choix au sport amateur à Québec et jasé football de la LNF dans ses émissions avant que cela ne devienne « in » de le faire dans les lignes ouvertes.

Par ailleurs, Marc Simoneau se faisait un devoir d'enregistrer des dizaines de matchs de hockey par semaine par l’intermédiaire de sa célèbre antenne parabolique.

Celui qui s’est fait connaître à la radio de CHRC et de CJRP avec André Arthur (un duo du tonnerre et des joutes verbales inoubliables !) découpait des centaines d'articles dans les journaux afin d'alimenter ses échanges avec les amateurs de sports (« son grand livre bleu »). Véritable junkie de l'info, il se faisait également un devoir de dévorer le USA Today afin de s'alimenter en nouvelles.

Ses entrevues et ses disputes avec Réjean Tremblay sont mémorables. Ses bulletins de sport à la télévision de Télé Capitale et son amour pour Madeleine, son épouse, alimentaient la légende. Mais plus que tout, Marc Simoneau était reconnu pour son langage coloré et son style direct, sans détour, un journaliste authentique comme il y en a très peu aujourd'hui.
 
Roi du scoop, Marc Simoneau a joué un rôle clé en 1979 dans le boycott des produits Molson à Québec. Devant ce tollé, le Canadien de Montréal, propriété de Molson, exigea un nouveau vote sur la fusion qui permit aux Nordiques de Québec d'accéder à la LNH. 

Marc Simoneau était un personnage unique dans l'histoire du hockey et du sport à Québec. Des heures et des heures de plaisir à l'écouter sur mon radio AM

En 2011, j'ai eu le privilège de rencontrer Monsieur Simoneau pendant plusieurs heures à sa maison. J'en garderai toujours un souvenir indélébile. C'est à ce moment que j'ai compris que Marc Simoneau, c'était Monsieur Passion, un homme entier. J'en parle d'ailleurs ici avec Gilles Parent du FM93.

mardi 8 mars 2011

Combien vaut le Centre Videotron à Québec ?

Au moment où nous apprenons que Quebecor sera le gestionnaire et le commanditaire du futur amphithéâtre qui sera construit à Québec pour la modique somme de 1,3 million $ par an sur les 25 prochaines années (2,5 millions $ par an si Québec obtient une équipe de la LNH), il convient de se poser la question : pourquoi commanditer un édifice sportif comme Pierre Karl Péladeau le fait à Québec ou d'autres entreprises ailleurs en Amérique du nord ?

Comme je le mentionne à Benoît Dutrizac du 98,5 FM à Montréal, les effets de la commandite sont nombreux. En commanditant un amphithéâtre sportif, une entreprises comme Quebecor cherche à augmenter sa visibilité et son capital de sympathie auprès du public.

Concrètement, le commanditaire cherche à maximiser les éléments suivants : exclusivité d’association, droit de se présenter comme le commanditaire officiel, droit d’utiliser le nom, le logo et l’image de l’événement, visibilité sur le site de l’événement, visibilité sur le matériel publicitaire et promotionnel, visibilité sur les produits dérivés, occasions d’actions de relations publiques et d'affaires (vendre ses services/produits dans l'amphithéâtre), billets pour l’événement, droits de tournage TV et cinéma, etc.

Pour toutes ces raisons, les entreprises sont prêtes à débourser des sommes importantes pour associer leurs marques à un stade sportif. Voici quelques exemples (montants déboursés annuellement) :

Air Canada Centre, Toronto : 1,5 million $ (expire en 2019)
American Airlines Arena, Dallas : 2,1 millions $ (expire en 2019)
American West Arena, Phoenix : 866 667 $ (expire en 2019)
Fleetcenter, Boston : 2 millions $ (expire en 2010)
Gaylord Center, Nashville : 4 millions $ (expire en 2018)
HP Pavilion, San Jose : 3,1 millions $ (expire en 2016)
Office Depot Center, Floride : 1,4 million $ (expire en 2013)
Pepsi Center, Denver : 3,4 millions $ (expire en 2019)

Les critères permettant d’évaluer le montant de la commandite sont nombreux : nombre de visiteurs, visibilité sur les lieux de l’événement et sur le matériel publicitaire, image de l’événement, potentiel commercial, couverture par les médias, mentions des commanditaires et présence de la télévision ; des éléments centraux pour une entreprise comme Quebecor.

dimanche 19 décembre 2010

Top 10 de mes meilleurs billets de l'année

L'année tire à sa fin. C’est le moment de vous dévoiler mes 10 billets qui ont généré le plus de clics et de RT durant la dernière année :

1.
10 raisons pour lesquelles Quebecor (et donc Videotron) s'intéresse aux Nordiques de Québec
Pour la plupart des gens, le sport, c’est d’abord l’exploit sportif. Mais derrière cette façade, il y a le véritable nerf de la guerre : le produit que l’on programme et diffuse. Voici les 10 raisons pour lesquelles Pierre Karl Péladeau s’intéresse aux Nordiques.

2.
TOP 100 des meilleurs outils Twitter
Ma liste des 100 meilleurs outils Twitter pour gérer votre marque ou votre compte, mesurer vos performances, automatiser certains processus, etc.

3.
Meilleurs sites internet pour voir de la publicité
J'ai toujours rêvé de trouver dans un billet la liste des meilleurs sites Internet pour visionner ou regarder de la publicité TV, panneau-affiche, abribus, autobus, etc. Comme je n'ai jamais trouvé exactement ce que je cherchais, j'ai décidé de créer ce répertoire. Dans le même genre, j'ai aussi fait le répertoire des meilleurs sites pour voir/concevoir des logos.

4.
Comment débuter dans les médias sociaux
Faisons comme si vous veniez d'assister à une de mes conférences sur les médias sociaux et que vous décidiez de vous lancer officiellement dans ce nouvel espace de communication en explosion. Voici mes 5 conseils pour débuter efficacement dans le monde des médias sociaux.

5.
Sur l'importance de la créativité en publicité
Mon TOP 5 des meilleurs messages publicitaires pour la cuvée 2010 du festival international des publicités de Cannes (sans ordre précis).

6.
Les moments clés de l'histoire d'Apple
À l'occasion du lancement du iPad et du iPhone 4, retour obligé sur les moments clés de l'histoire d'Apple, un géant de la techno mais aussi du marketing.

7.
Comment concevoir un emballage qui vend
En marketing, l’emballage fait parfois toute la différence. Comme je le mentionnais lors d'une conférence sur l'emballage (packaging) présentée au 1er congrès de l'association des microbrasseries du Québec (AMBQ), c’est l’emballage qui donne souvent aux gens le goût de se procurer votre produit.

8.
Les 10 pires prédictions médias de tous les temps
Ma liste des 10 pires prédictions médias de tous les temps. Un billet de 2009 qui se faufile dans le Top 10 de 2010.

9.
L'histoire du «Swimsuit Issue» de Sports Illustrated
Depuis son lancement en 1964, le numéro spécial du Sports Illustrated (SI) a généré plus de 1 milliard de dollars de revenus publicitaires pour l'empire Time. Pourtant, à l’instar de la frénésie publicitaire entourant le Super Bowl, l’aventure de SI spécial maillots débute par accident.

10.
10 plus grands échecs de lancement de produits
L’histoire des 10 flops marketing les plus importants de tous les temps : New Coke, Ford Edsel, Pepsi Crystal, parfum Bic, etc. Personnellement, mon billet favori.


Voir aussi :
TOP 10 des mes meilleurs billets de 2009

mercredi 15 décembre 2010

TOP 10 nouvelles marketing et publicité de 2010

Retour sur les 10 nouvelles marketing et publicité qui ont retenu notre attention en 2010 (pour ceux qui préfèrent une entrevue radiophonique sur le sujet avec Benoît Dutrizac, cliquer ici):

1. Internet plus populaire que la télévision au Canada
Pour la première fois de l’histoire canadienne,
la firme de sondage Ipsos Reid constate que les Canadiens passent maintenant plus de temps chaque semaine à surfer sur le Net qu'à regarder la télévision.

2. Marée noire : la gestion de crise de BP fait jaser
Année difficile pour
BP aux prises avec une marée noire au large des côtes de la Louisiane. Initialement, l’équipe de relations publiques de BP rejette la faute sur les exploitants de la plateforme, qu’il s’agisse d’Halliburton ou de Transocean. En parallèle, les médias (et le gouvernement) cherchent à savoir si la pétrolière acceptera de payer l’ensemble de la facture consécutive au nettoyage de la marée noire. BP donne des réponses évasives.

3. Placement de produit : Oakley frappe un grand coup
Oakley distribuant gratuitement aux 33 mineurs du Chili des paires de lunettes à son effigie.
Selon la firme Front Row Analytics, le placement de produit consécutif à la retransmission en direct de l'évacuation des mineurs aura entraîné des retombées médiatiques de l'ordre de 41 millions $ pour Oakley.

4. Marketing de la Coupe du monde : la FIFA se renouvelle (enfin)
La FIFA revoit sa stratégie mondiale de commandite et de publicité. L'IEG Sponsorship Report indique que le tournoi de 2010 a généré des revenus de commandite de 1,6 milliard $ (dans les faits, entre 2007 et 2010) par rapport à 584 millions $ (Coupe du monde précédente, entre 1999 et 2002).

5. Média : CNN fête son 30e anniversaire
Fondé en 1980 par le magnat des médias Ted Turner,
le réseau de télévision CNN est présent dans plus de 212 pays et territoires. Dans la catégorie anniversaire, il faut aussi signaler le 25e anniversaire du Nouveau Coke et le 60e anniversaire de la télécommande.

6. Maclean’s surprend en utilisant une image du Bonhomme Carnaval
Le magazine Maclean’s soulève la controverse en utilisant sur sa couverture une
image du Bonhomme Carnaval.

Auparavant, CKAC fait jaser en utilisant une femme sexy pour sa campagne de publicité.

7. Videotron s'intéresse aux Nordiques de Québec
C’est confirmé : les grands câblodistributeurs et géants de la téléphonie mobile sont à la recherche de contenus pour rehausser leur offre.
Videotron (Nordiques) et Rogers (Maple Leafs) se montrent intéressés à faire l’acquisition d’équipes de la LNH.

8. La STM envisage de vendre les lignes de métro à des commanditaires
Ce nouveau support s’ajouterait
aux autres produits publicitaires qui sont déjà disponibles dans le métro de Montréal.

9. Les produits sans nom ont le vent dans les voiles
Est-ce à cause du ralentissement économique ou de la crise boursière ? Quoi qu'il en soit, les ventes de produits sans nom – ou marque maison, marque générique ou marque privée – ont augmenté significativement depuis 2007 et atteignent maintenant 21.9 % des parts de marché dans le secteur de l’alimentation, selon Nielsen.
Les coupons-rabais ou bons de réduction connaissent également une nouvelle popularité.

10. La révolution iPad
Impossible de jeter un coup d'oeil sur 2010 sans parler du iPad d'Apple. À l’évidence, le iPad sera à l'ordinateur portable ce que l'iPod a été au walkman.
Le iPad, c'est peut-être aussi le salut des journaux et des magazines dont les versions en papier s'essoufflent.

Une chose est certaine toutefois : s ’il faut se fier aux annonces faites au Consumer Electronics Show de Las Vegas au début 2010, la mobilité des contenus représente l'avenir du marketing et de la publicité.

Déjà à la fin du mois de décembre 2009, une étude de Morgan Stanley confirmait que le marché du sans-fil connaîtrait dans les prochaines années une croissance fulgurante, en particulier le téléphone intelligent 3G (smartphone) et la tablette internet (voir tableau ci-haut tiré de eMarketer).

En attendant, il sera intéressant le voir comment les Canadiens accueilleront le lancement du nouveau réseau d’information Sun TV News lors du premier trimestre de 2011. On s'en reparlera sûrement.

jeudi 30 septembre 2010

10 raisons pour lesquelles Quebecor (et donc Videotron) s'intéresse aux Nordiques de Québec


Le sport évolue, se transforme. Depuis les premières retransmissions télévisées de la Soirée du hockey en 1952 à l’antenne de Radio-Canada, l’ensemble des relations unissant le sport et le monde des médias est en constante mutation.
 

Pour la plupart des gens, le sport, c’est d’abord l’exploit sportif. Mais derrière cette façade, il y a le véritable nerf de la guerre : le produit que l’on programme et diffuse. Voici les 10 raisons pour lesquelles Pierre Karl Péladeau s’intéresse aux Nordiques :
 

1. Parce qu’à l’ère de la multiplication des chaînes et des plateformes médias, le contenu dynamique est le nerf de la guerre pour engranger des revenus dans le secteur des télécommunications. Parlez-en à Ted Turner qui, le premier, s’est porté acquéreur des Braves d’Atlanta depuis revendus à Liberty Media.
 

2. Parce que Quebecor à lancé TVA Sports et que le futur de la télévision repose sur la télévision spécialisée, au détriment de la télévision généraliste traditionnelle.

Ultimement, Quebecor pourrait privilégier une autre avenue et créer un réseau entièrement consacré à la nouvelle équipe de Québec, un genre de Leafs TV ou de MSG (Rangers de New York + Knicks).

3. Parce qu’en pleine crise des médias – multiplication des chaînes et des supports, fermeture de journaux, création de nouvelles plateformes – les équipes de sport sont des sources de contenu permettant de ralentir le déclin des supports traditionnels.
 

Au Québec comme ailleurs dans le monde, le déclin des médias traditionnels à la fin des années 90 est le produit d’un environnement particulièrement menaçant caractérisé par cinq changements en profondeur : l’apparition de la télévision spécialisée, de nouvelles mesures de l’audience, l’apparition de la télécommande, la naissance du magnétoscope et des messages publicitaires de plus en plus courts.
 

On le devine bien, ce nouvel ordre va contribuer à changer la façon de concevoir, d’acheter et de mettre en marché le sport.
 

4. Parce que le sport est idéal pour faire jouer la convergence et jouer à l’infini les mêmes contenus. La convergence des médias que l’on connaît depuis quelques années est un facteur qui permet de comprendre le succès du couple sport/médias. Car évidemment, la convergence permet un relais publicitaire (et marketing) d’une puissance jamais égalée.
 

Comme je le mentionne en entrevue à la télévision, cette convergence a donné naissance à un nouvel ordre médiatique caractérisé, entre autres, par l’abolition des barrières historiques entre les différents médias. En multipliant les médias, on multiplie les forces.
 

5. Parce que le sport est une extraordinaire plateforme pour le monde de la publicité, de la promotion et de la commandite, trois éléments fondateurs du monde médiatique. Le maillage propriété sportive/propriétés médiatiques prend alors tout son sens.

Je tiens ici à ajouter que l’équipe de vente des Nordiques a déjà fait ses preuves dans ce secteur, récoltant la 6e position dans la LNH en terme de vente de publicité lors de la saison 1995 : publicités sur les bandes, affichages, promotion, commandites, etc.
 

En plus de créer la première mascotte de la LNH en 1986 (Badaboom), d’initier la publicité sur les bandes de patinoire et la publicité sur la glace, Marcel Aubut est à l’origine de la publicité sur les marches d’escalier. Emplacement jugé audacieux à l’époque, la marche d’escalier publicitaire est devenue depuis un passage obligé dans de nombreux amphithéâtres sportifs.
 

6. Parce que le réseau RDS, une machine à imprimer de l'argent, occupe le premier rang de l’écoute des chaînes spécialisées francophones, chez les hommes âgés de 18 à 49 ans et que, sans club professionnel, il ne peut y avoir de station spécialisée dans le sport pour Quebecor.
 

La télévision spécialisée permet un ciblage pointu des clientèles. Les télévisions spécialisées offrent plusieurs environnements très ciblés, des niches stables. Les publics de la télévision spécialisée sont plus restreints mais les canaux thématiques offrent une segmentation serrée. Ils conviennent notamment aux annonceurs qui cherchent à se différencier.
 

(Je tiens ici a rappeler que le modèle d’affaire du CRTC favorise nettement les chaînes spécialisées au dépend des généralistes. C’est profondément injuste mais c’est comme ça.)
 
7. Parce qu’une équipe de hockey à Québec pourrait contribuer à rentabiliser le nouveau réseau cellulaire de Quebecor en augmentant le nombre de clients, hausser le trafic et donc les revenus. Au moment d'écrire ces lignes, la LNH négocie d'ailleurs, avec ses partenaires américains dont Fox Sports pour finaliser une entente relative à la retransmission des matchs de hockey sur téléphone intelligent.
 

Dans le même ordre d'idée, Quebecor a annoncé que les matchs présentés à TSN et RDS seront disponibles sur son nouveau réseau sans fil. Ceci dit, comme le rapporte Vincent Brousseau-Pouliot, « RDS, n'a pas l'intention de partager la diffusion des matchs du Tricolore sur téléphone portable avec son principal concurrent au Québec après la saison 2010-2011. » 

En d'autres mots, Quebecor doit absolument partir à la recherche de contenu pour maximiser son investissement dans son réseau sans fil.
 

8. Parce qu'à l'instar de n’importe quelle guerre commerciale impliquant des médias, les opérateurs sont en compétition les uns avec les autres pour mettre la main sur les clients et les contenus.  
Ainsi, BCE a fait récemment l’acquisition du réseau CTVglobemedia dans une transaction de 3,2 milliards $. Elle est aussi co-propriétaire du Globe & Mail. Enfin, BCE est associé aux Canadiens de Montréal.
 

9. Parce qu’on sait que les nouvelles technologies vont donner naissance à des stratégies publicitaires innovatrices fondées sur la géolocalisation qui permettront aux commanditaires de minimiser la fragmentation des auditoires et l’abondance des messages publicitaires.
 

10. Finalement, parce que le mariage unissant le sport aux géants des médias est une formule éprouvée.

Bell et Rogers sont maintenant propriétaire des Maple Leafs de Toronto. Le club des Rangers de New York est le jouet d’un géant de la câblodistribution (Cablevision) depuis 1997. En 1996, Comcast et Spectacor (mieux connu sous le nom de SMG) achètent l’équipe des Flyers pour la somme de 250 millions $. Ce que compte faire Quebecor avec les Nordiques n’est pas complètement nouveau, qu’on se le dise.

Voir aussi :
Réflexions sur le retour possible des Nordiques - entrevue avec Gilles Parent du FM93
Pourquoi Quebecor s'intéresse aux Nordiques de Québec - entrevue avec Benoît Dutrizac du 98,5 Montréal

mardi 21 septembre 2010

Retour des Nordiques à Québec : quand les télécommunications remplacent la bière...


Ce n’est pas la première fois que des géants de la télécommunication comme Quebecor (Videotron) ou Bell se montrent intéressés par des équipes sportives, particulièrement des clubs de hockey. Profil de 5 équipes de la LNH qui ont été impliquées à un moment ou a un autre dans des transactions de nature médiatique :

Rangers de New-York – Le club est lancé par le promoteur de boxe Tex Richards dans les années 20, mais en réalité, il est la propriété de Jim Norris, de Détroit, pendant plusieurs décennies. L'équipe passa d’ailleurs très près de déménager à Détroit à une certaine époque.

Le club des Rangers est possédé pendant un certain temps par une corporation (Gulf+Western) qui rêvait de devenir un studio de cinéma (Paramount). L’équipe est achetée par un géant des médias (Viacom) et passe éventuellement aux mains d’un géant de la câblodistribution (Cablevision) en 1997 pour 195 millions $.

Maple Leafs de Toronto – Propriété du Teacher’s Pension Fund de l’Ontario et d’autres groupes incluant Bell Globemedia à hauteur de 15%. C’est donc dire que Bell connaît et comprend la valeur d’un club de hockey.

Flyers de Philadelphie – Le club a été payé 2 millions $ en 1967 par Ed Snider. En 1996, Comcast et Spectacor (mieux connu sous le nom de SMG) achètent l’équipe de Snider pour la somme de $250 millions. Ceci dit, Snider est toujours impliqué dans les activités du club.

L’Avalanche du Colorado – Marcel Aubut et son groupe achètent les Nordiques de Québec en 1988 pour 18 millions $. Ils revendent l’équipe sept ans plus tard pour 75 millions $ à Comsat. Submergé par les déficits accumulés, le géant de la communication satellite se défait de l’équipe en 2000. L’équipe est achetée par Stan Kroenke pour la modique somme de 450 millions $ (incluant les Nuggets de la NBA et le Pepsi Center).

Canadiens de Montréal -
Plus près de nous, la firme BCE achète une participation minoritaire dans le Canadien lors de la vente du club à la famille Molson.

Plusieurs raisons expliquent l'intérêt de BCE -- mais aussi de Videotron et donc de Pierre Karl Péladeau -- pour le sport professionnel. Dans un
article récent, le journaliste Martin Leclerc de Rue Frontenac écrit :

« Les grands câblodistributeurs et géants de la téléphonie mobile sont désespérément à la recherche de contenus pour rehausser leur offre auprès d’une clientèle qui génère des milliards en revenus. Au Canada, en plus d’être rentables, les équipes de la LNH sont des sources intarissables de contenu et des hameçons d’une incroyable efficacité pour fidéliser les clients. »

Par ailleurs, comme je le mentionne dans un billet intitulé 10 raisons pour lesquelles Quebecor (et donc Videotron) s'intéresse aux Nordiques de Québec, souvenons-nous que la télévision spécialisée est en train de bouleverser les modes de production et de programmation de la télé traditionnelle ; que RDS, une machine à imprimer de l'argent, occupe le premier rang de l’écoute des chaînes spécialisées francophones, chez les hommes âgés de 18 à 49 ans ; et que sans club professionnel, il ne peut y avoir de station de sport pour Quebecor.

Voir aussi :
Réflexions sur le retour possible des Nordiques - entrevue avec Gilles Parent du FM93
Pourquoi Quebecor s'intéresse aux Nordiques de Québec - entrevue avec Benoît Dutrizac du 98,5 Montréal