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lundi 8 juin 2015

Des combattants attaquent la UFC en justice

Extrait de mon entrevue portant sur la UFC avec François Guillaume Lemouton, journaliste à l'Équipe, un magazine français spécialisé dans la nouvelle sportive.
 
Q (François Guillaume Lemouton) - La situation de l’UFC est-elle comparable à celle des grandes ligues sportives nord-américaines (NBA, NHL, etc ) ?
 
R (Luc Dupont) - Sur le plan légal, cette situation s'inscrit dans la mouvance sportive nord-américaine actuelle. Comme on l'a vu récemment, des joueurs de football et de basketball de la NCAA ont poursuivi leur ancienne ligue universitaire pour obtenir une compensation sur l’argent qui aurait dû leur revenir. On a vu la même chose au Canada avec des joueurs de hockey juniors qui ont tenté de constituer un syndicat.
 
Ceci étant dit, sur le plan stratégique, la situation ne s'apparente pas aux autres grandes ligues sportives nord-américaines. D'abord parce que sur le plan juridique, les ligues de sports sont constituées d'équipes, donc de différentes entités, ce qui n'est pas le cas pour la UFC.
 
Autre constat : dans les grandes ligues sportives nord-américaines, il y a une masse critique de joueurs par ligue et par équipe. Pour le pugiliste de la UFC, le rapport de force avec les propriétaires est différent pour ne pas dire à peu près inexistant ; il est laissé seul à lui-même.
 
Cela explique probablement pourquoi il n'y a pas de syndicat qui protège les sports de combats comme la boxe, la lutte ou le culturisme. Cela explique également la stratégie de communication-marketing des combattants de la UFC qui, conscients de cette limite, ont multiplié les annonces et les poursuites durant la période des fêtes.
 
Fait à noter, il y a plusieurs années, certains lutteurs de la WWF (devenue depuis la WWE) ont tenté sans succès de créer un syndicat de combattants. Malheureusement, les lutteurs les mieux payés ont refusé de risquer une diminution de salaire pour le bien commun. Idem pour les culturistes. 
 
Quant aux ligues de sports professionnelles comme la NBA, la NFL ou la LNH, elles ont traversé la tempête des lois antitrusts à la fin des années 60 et au début des années 70. Cela a d'ailleurs donné naissance à des «ligues rebelles» comme la American Basketball League (ABA), la World Football League (WFL) et à l'Association mondiale de hockey (WHA, en anglais), trois ligues crées... par des avocats !  
 
 
Q - Cette situation justifie-t-elle une évolution de son modèle économique (avec un partage des revenus négocié régulièrement avec les combattants) ?
 
R - Je suis convaincu que certaines pratiques de la UFC devront être revues, entre autre, celle permettant à la ligue d'égaler tout contrat signé avec une autre ligue de combat extrême.
 
 
Q - Peut-on dire que l’UFC est d’une certaine manière victime de son succès ?
 
R - Ce problème était latent depuis plusieurs années déjà. Dans le passé, le réseau ESPN aux États-Unis a soulevé la question dans plusieurs topos. Mais pour que l'histoire prenne sa vitesse de croisière, il fallait attendre la retraite d'une première génération de combattants à succès et bien sûr, il fallait aussi que la UFC devienne un succès ce qui est maintenant le cas.
 
 
Q - Cette plainte qui va obliger l’UFC à se défendre publiquement (et par ailleurs à révéler certains chiffres sur son business), menace t elle le développement de l’UFC.. ? 
 
R - Cette plainte va obliger la UFC à se défendre publiquement et à révéler ses sources de revenus, je pense ici aux droits de télévision (télévision à la carte et contrats de télévision avec les diffuseurs nationaux aux États-Unis et ailleurs dans le monde), revenus Internet, vente de produits dérivés dont les chandails, les jeux vidéo et les figurines d'actions, droits sur l'image (branding), commandites/sponsors, etc.
 
Je ne crois pas que l'acquisition de ligues concurrentes comme la Strikeforce posera de problème à la UFC. Ce sont plutôt les contrats liant la UFC aux combattants qui vont faire l'objet du litige : droits sur l'image des combattants et restrictions sur les carrières et les mouvements entre ligues d'arts martiaux.
 
Je me permettrai aussi une prédiction : à la surprise de plusieurs, nous allons apprendre que le salaire moyen d'un combattant de la UFC s'élève à environ 100 000 $.
 
Si le jugement qui sera rendu à Las Vegas était à la faveur des combattants de la UFC, tout devient possible.

lundi 18 novembre 2013

Georges Saint-Pierre : l'emblème de la UFC


L’annonce d’une possible retraite pour Georges Saint-Pierre (dans les faits, GSP a parlé d’une pause) n’est pas une bonne nouvelle pour la UFC. Il suffisait de voir la réaction d’après combat de Dana White, président de la UFC, réaction parfois condescendante, faut-il le dire, pour s’en convaincre.

Mettons les choses au clair : le modèle d’affaire de la UFC a besoin de Georges Saint-Pierre. C’est une question de bonne santé financière.

Mise au monde dans la tête du grand public par une téléréalité, The Ultimate Fighter, présentée à l’antenne de Spike TV de 2005 à 2011, la UFC a réussi à se tailler une place au soleil. Mais les défis restent entiers.

Le modèle d’affaires de la UFC repose principalement sur la présentation de galas d’arts martiaux à la télévision payante – entre 12 et 16 soirées par an. Évidemment, pour rentabiliser l’opération, il faut beaucoup de téléspectateurs payants.

Grâce à la présence de Georges Saint-Pierre, les galas de télévision à la carte (Pay Per View ou PPV, en anglais) de la UFC attirent près de 1 million d’abonnés. 

Sans GSP, ces galas présentés à la télévision payante (PPV) attirent moins de 400 000 clients. C’est dire l’importance de Georges Saint-Pierre pour la UFC.

Évidemment, quand Georges Saint-Pierre prend place dans l’octogone, la UFC vend plus de billets, plus de télévision à la carte, donc plus de commandites.

À 55 $ pièce pour visionner un gala, la différence entre une présence et une absence de Georges Saint-Pierre est de l’ordre d'environ 30 millions $ de revenus  supplémentaires pour la UFC !

Pour ses sacrifices physiques et psychologiques (on parle peut-être ici d'une centaine de commotions en carrière selon un expert), Georges Saint-Pierre a reçu 9 millions $ par an pour ses deux derniers combats – donc autour de 4,5 millions $ par combat – selon le magazine Forbes.

S’ajoute à cela des bonis de présence (200 000 $), de victoire (200 000 $) et une somme de 3 millions $ pour la douzaine de commanditaires de GSP :  Gatorade, Under-Armour, NOS (Coca-Cola), Bacardi, 888poker, Electronic Arts, TouchFit (application), etc.

En outre, GSP tire des revenus de la vente de son livre et de la publicité, pensons à son message avec Google, par exemple.

Georges Saint-Pierre engrange donc des revenus de 12 millions $ par an. (À titre de comparaison, Anderson Silva a déjà fait 500 000 $ pour porter le logo de Burger King durant un combat en 2012.)

Armé de ses 3,5 millions de fans sur facebook, d’un portefeuille garni et d’une présence dans le prochain film Captain America qui sera lancé en 2014 (il jouera le rôle de Batroc the Leaper, un vilain), le temps est peut-être venu pour Saint-Pierre de songer à l’après carrière.

Malheureusement pour la UFC, comme je le mentionne en entrevue à Benoît Dutrizac, les combattants charismatiques à la Georges St-Pierre se font rares.

Un coup d’œil à la conférence d’avant-match de la UFC en disait long sur les défis de la UFC à ce chapitre : Chael Sonnen qui tombe endormi lorsqu’un reporter de TVA ou de RDS pose une question en français (quel manque de classe !), Johny Hendricks qui fait à peu près la même chose au moment où Saint-Pierre prend la parole. Ce n'était pas beau à voir.

Pour envahir avec succès les marchés étrangers – dont le Mexique – les combattants de la UFC vont devoir s’ajuster culturellement et s’inspirer d’un GSP. Un modèle à suivre.

Pour en savoir plus :
Histoire de la UFC - entrevue sur les origines

jeudi 17 décembre 2009

Quiz média & communication 2009


En cette fin d’année, je vous invite à tester vos connaissances en médias, communication, marketing et publicité. Bonne chance !

(Pour ceux qui veulent connaître mes prédictions 2010 dans le monde des médias, cliquer ici.)

1- Au plus fort de la crise des médias traditionnels, à combien s’élevait la dette de Canwest Global Communication, propriétaire du quotidien National Post ? Réponse

a) 1,3 milliard $
b) 2,5 milliards $
c) 3,3 milliards $
d) 3,9 milliards $

2- Selon eMarketer, quel pourcentage d’internautes lisaient un blogue en 2009 ? Réponse

a) 20,3 %
b) 35,9 %
c) 40,5 %
d) 48,5 %

3- Laquelle des entreprises suivantes a dû modifier sa promotion « deux morceaux de poulet grillé gratuits » après qu’Oprah en eut parlé dans son émission de télévision ? Réponse

a) McDonald’s
b) KFC
c) Wendy’s
d) Burger King

4- En avril 2009, dans un duel amical, l'acteur américain Ashton Kutcher obtient son millionnième follower en premier, battant du même coup un géant des médias TV ? Qui suis-je ?
Réponse

a) ABC
b) NBC
c) CNN
d) FOX

5- Le 20 avril 2009, Seth Godin a prédit dans son blogue la fin d’à peu près tous les quotidiens d’importance aux États-Unis au plus tard en quelle année ? Réponse

a) 2011
b) 2012
c) 2013
d) 2015

6- Selon Arbitron, combien d’Américains écoutaient la radio sur Internet mensuellement en 2009 ? Réponse

a) 22 millions
b) 34 millions
c) 39 millions
d) 42 millions

7- Quel anniversaire le code barre a-t-il fêté en juin 2009 ? Réponse

a) 20e
b) 30e
c) 35e
d) 40e

8- Selon un sondage SOM publié en juin, combien de Québécois ont une page sur Facebook ? Réponse

a) 500 000
b) 1 000 000
c) 1 350 000
d) 1 600 000

9- Quel a été le média traditionnel le moins touché par les nouvelles plateformes en 2009 ? Réponse

a) La télévision
b) Le panneau-affiche
c) Le quotidien
d) La radio

10- Selon NADbank, quel pourcentage de Canadiens de 18 ans et plus lisent au moins une édition imprimée d’un quotidien à chaque semaine, en 2009 ? Réponse

a) 55 %
b) 60 %
c) 67 %
d) 73%

11- Durant un gala de la Ultimate Fighting Championship (UFC) tenu en juillet 2009 au Mandalay Bay de Las Vegas, quel commanditaire a été ridiculisé par un combattant dans la conférence d’après-match ? Réponse

a) Coca-Cola
b) Budweiser
c) Master Card
d) Bacardi

12- Comment se nomme l’outil qu’a lancé l’Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) et ses 64 agences de publicité membres, un nouveau projet d’envergure, qui permettra aux annonceurs d’expérimenter et de trouver de nouvelles combinaisons publicitaires pouvant prédire le succès ou l’échec d’une offensive communicationnelle ? Réponse

a) SuperLab
b) AdLab
c) PubLab
d) YUL-LAB

13- En novembre, onde de choc dans le monde du branding. McDonald's Allemagne annonce que le célèbre logo du géant de la restauration rapide utilisera dorénavant une nouvelle combinaison de couleur. De quelle combinaison s’agit-il ? Réponse

a) Jaune-vert
b) Bleu-vert
c) Vert-blanc
d) Rouge-bleu

14- L’année 2009 a été sans conteste l’année du site de microblogage Twitter. Selon eMarketer, combien de membres le site de microblogage Twitter comptera-t-il l’an prochain ? Réponse

a) 10 millions
b) 15 millions
c) 20 millions
d) 26 millions

15- Adidas fêtait cette année son 60e anniversaire de naissance. Selon la recherche, quel pourcentage de gens se procurent des chaussures de sport pour faire autre chose que du sport ? Réponse

a) 20 %
b) 30 %
c) 50 %

d) 80 %

dimanche 12 juillet 2009

UFC : quand la commandite déraille


La Ultimate Fighting Championship (mieux connu sous le nom de UFC) tenait samedi soir au Mandalay Bay de Las Vegas un gala de combat extrême. Au menu, un duel mettant en vedette le champion québécois Georges St-Pierre contre Thiago Alves. Sans surprise, le Québécois a remporté le match contre un Brésilien chancelant.

Puis la sauce s’est gâtée…

Dans la finale de championnat des poids lourds, Brock Lesnar faisait face à Frank Mir. Monsieur Lesnar, surnommé « Here Comes The Pain » lorsqu'il luttait à la WWE, a mis son opposant KO au deuxième round sous un concert de hués. Lesnar, déstabilisé, a réagi vivement aux invectives en montrant ses deux majeurs à la foule, puis il a manqué de respect et de fair play envers Mir en le menaçant à nouveau.

Dans l'entrevue d’après match, Lesnar a encouragé les fans à le huer et il a continué à narguer Mir. Jusque-là, un très bon show pour un circuit professionnel qui cherche à percer le marché de la télévision spécialisée (les soirées de la UFC sont généralement présentées à la télévision à la carte ou pay-per-view et attirent jusqu’à 5 millions de branchements).

Lesnar a toutefois commis une faute grave en s’attaquant au commanditaire principal de la soirée, Bud Light. « Maintenant, je vais boire une glacière pleine de Coors Light, Coors Light, car Bud Light ne me donnera pas un sous ce soir. » Puis il a ajouté « Hé, je pourrai obtenir le dessus sur ma femme. »

Conscient que le commanditaire de la UFC n’allait pas apprécier et après un savon de la part de Dana White, président de la UFC, Lesnar s’est présenté à la conférence de presse avec une Bud Light dans la main. Dans une chorégraphie minutieusement préparée, il a pris quelques gorgées, puis il l’a placé bien en vue devant lui.

« Tout d'abord, je tiens à présenter mes excuses », a déclaré Lesnar. « J'ai manqué de professionnalisme, après le combat. Je m'en excuse. Je présente aussi mes excuses à Bud Light. Je bois toutes les marques de bières. » Reste à voir comment Anheuser-Busch, brasseur de la Bud Light et nouveau commanditaire principal (il remplace Harley-Davidson au centre de l'octogone), réagira à cet impair.

Quant à Lesnar, il ne perd rien pour attendre. Au menu pour l’automne, un certain Fedor Emelianenko, parole de Monsieur White. D’autres flammèches en perspective.