Aucun message portant le libellé Promotion. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Promotion. Afficher tous les messages

vendredi 13 janvier 2017

Film sur les origines de McDonald's


Le film Le Fondateur met en scène Ray Kroc, un décrocheur qui a fait depuis la liste des 100 personnes les plus importantes du 20e siècle selon le magazine Time et qui est à l'origine d'une chaîne de restaurants qui attire chaque jour 60 millions de clients.

En 1954, Ray Kroc sillonne les rues de l'Amérique en tant que vendeur itinérant. Il a été tour à tour vendeur de gobelets de carton pendant 16 ans et distributeur de machines à milk-shakes.

Intéressé par la vitesse et la productivité, Ray Kroc peine à introduire ses machines à milk-shakes dans les restaurants de type drive-in, très populaires auprès des adolescents. 

Un jour, une importante commande le conduit à San Bernadino, dans le sud de la Californie, où il rencontre les frères Richard et Maurice McDonald – des gros clients de Ray Kroc. Ça adonne bien, les ventes de machine à milk-shakes sont en déclin à cause des déplacements migratoires dans les banlieues.

Les frères McDonald s’y connaissent en restauration. En 1937, ils lancent avec papa un restaurant de hot dogs; en 1940, un McDonald's drive-in ; et en 1948, un McDonald's version améliorée.

À force d'essais et d'erreurs, les deux restaurateurs ont imaginé une approche innovatrice sur le point de révolutionner le domaine de la restauration rapide :

  • Un menu simple - 9 item (hamburger, frites, boissons gazeuses et milk-shake, entre autres)
  • Un minimum d'employés
  • Un service rapide au comptoir (moins de 30 secondes – pas de vaisselle)
  • Une mascotte SPEEDEE que l’on retrouve encore devant les premiers restaurants McDonald's
  • Une machine à condiment qui permet d’accélérer le service
  • Des restaurants propres, propres, propres
  • Un branding redoutable (premier à utiliser massivement la publicité et la promotion)
  • Une architecture distinctive - les restaurants McDonald’s sont en forme d’arche
Sans surprise, Ray Kroc est initialement en admiration devant les deux frères. Après tout, ceux-ci ont généré des ventes en hausse de 40% en trois ans, De vrais génies du marketing!

Mais soyons honnêtes : les frères n’ont pas inventé cette recette – ils l’ont améliorée. Dans les faits, White Castle invente le fast-food en 1921 mais les fondateurs commettent deux erreurs : non au crédit (il faidra payer comptant chaque nouveau restaurant) et non aux franchises.

Conscient du potentiel extraordinaire des restaurants McDonald’s, Ray Kroc devient un nouveau partenaire d'affaires de la famille McDonald’s. Kroc espère développer le concept à grande échelle grâce à deux idées.

Dans un premier temps, il veut augmenter la cadence des franchises aux États-Unis à l’origine puis à l’internationale par la suite - ce qu'il fera à partir de 1967 avec le Canada.

Dans un deuxième temps, Kroc crée une entreprise qui aura le mandat d’acheter des emplacements qui seront par la suite offerts aux franchisés pour générer encore plus de frics. Kroc fait donc dans l'immobilier.

Mais il y a un problème : les frères McDonald aiment ça peinard - pas trop de stress. Sans surprise, la chicane éclate. Les frères font des cachettes – ils veulent garder un resto.

En 1961, Ray Kroc décide d’acheter les frères pour 2.7 millions $ (1 million $ après taxe pour chacun des frères) et des redevances à venir, une clause du contrat qui n’apparaît pas dans le contrat «pour un pas effrayer les futurs franchisés». Un porcentage sur les ventes qui ne sera jamais payé!

À travers le temps, les franchisées seront à l’origine des meilleures idées de McDonald’s : filet de poisson en 1965 (pour répondre à la demande d’un quartier catholique qui ne consomme pas de viande le vendredi), le Big Mac cinq ans plus tard, le service à l’auto en 1975 en Arizona (les militaires d’une caserne avoisinante ne peuvent pas entrer dans le restaurant mais tiennent à manger du McDonald's), le chausson aux pommes et enfin, l’Œuf McMuffin en 1971.

Comme je le rappelle dans cette entrevue avec Benoît Dutrizac, Ray Kroc est un personnage coloré qui s’est présenté très longtemps comme le fondateur des restaurants McDonald’s.

La beauté du film Le Fondateur est de rétablir les faits. Ray Kroc est un joueur central du développement des fast-food McDonald’s. Sans lui, on ne parlerait pas d’une chaîne dont la valeur boursière dépasse maintenant les 100 milliards $ et des ventes de 25 milliards $ par an. 

Mais les initiateurs de ce magnifique succès de marketing, ce sont les frères McDonald comme le reconnaissait d’ailleurs avec justesse Fred Turner, ex-PDG de McDonald’s en 1991.

Après tout Turner s’y connaît en restaurants McDonald’s. Il avait en effet débuté dans l’entreprise en tant que responsable des grills. C'était en 1956!

vendredi 27 novembre 2015

Action de grâce, Vendredi fou et Cyber lundi

Le derby officiel du magasinage des Fêtes a commencé hier avec l’Action de grâce américaine, le vendredi fou (Black Friday, en anglais) et lundi prochain, les consommateurs ont droit aux aubaines du Cyber Lundi. 

On ne réalise pas toujours à quel point la séquence « Action de grâce américaine - vendredi fou - et Cyber Lundi » joue un rôle clé dans le lancement des festivités du temps des fêtes. Il est vrai que depuis quelques années, les rabais de Noël arrivent de plus en plus tôt.

C’est à l’Action de grâce américaine que l’on doit le TV Dinner en 1953 et la première publicité TV de Coca-Cola en 1950.

Sans surprise, on comprend que les centres commerciaux font des pieds et des mains pour attirer le maximum de consommateurs. En entrevue, j’en parle d’ailleurs avec Gilles Parent du FM93.

Lors du vendredi fou de cette année (Black Friday), on estime que 1 million de Canadiens seront « malades », histoire de préparer le magasinage de Noël.   

Il est vrai que depuis 2005, le Cyber Lundi mêle les cartes en ce qui a trait à la consommation et oblige les commerces à réfléchir au marketing omnical, un sujet que j’abordais récemment lors d’une conférence à Montréal.  

Signe des temps, la mobilité représente maintenant 20 % de l’ensemble des transactions.

lundi 12 mai 2014

50e anniversaire du Nutella

À l'occasion du 50e anniversaire de création du Nutella, j’en profite pour faire la petite histoire de la tartinade numéro 1 dans l'esprit de millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde. 
 
Comme vous le verrez en écoutant cette intervention, dans le domaine des tartinades sucrées comme ailleurs, le marketing prend beaucoup d'importance : publicité, commandite, conditionnement de produit, promotion, image et branding, nom du produit, etc. 

Quel est l’avenir de la tartinade sucrée? En entrevue, j'en parle avec Dominique Arnoldi de l'émision Bien dans son assiette à l'antenne de Radio-Canada. 
 
 

mercredi 4 décembre 2013

Journée «portes ouvertes» en AGENCE DE PUBLICITÉ !



Dans le cadre de la Semaine de la publicité et du marketing qui se tiendra du 27 au 31 janvier 2014, les agences membres de l’Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) vous ouvrent leurs portes le vendredi 31 janvier 2014 et vous offrent la chance de vivre une expérience de familiarisation en agence de publicité durant une demi-journée. 

Que vous soyez intéressés par la création, la stratégie, le service-conseil, les médias ou l’interactif, il y en aura pour tous les goûts !

Comment participer ? Complétez le formulaire ci-joint. Les places sont limitées.

Premier arrivé, premier servi !

Source : AAPQ

vendredi 22 novembre 2013

Catching Fire muscle son marketing



À l'occasion du lancement cette semaine du deuxième film de la série Hunger Games : Catching Fire sur les écrans canadiens et américains, il m’apparaît opportun de se pencher sur le marketing de ces longs métrages (4 films au total) inspiré des romans du même nom (3 romans au total). 
 
On trouve dans la marque Hunger Games des romans bien ficelés mettant en vedette des jeunes âgés de 12 à 18 ans ; une société du futur à la merci d’un centre névralgique aux visées contrôlantes ; des thèmes éternels (le dépassement de soi, l’injustice, la pauvreté, l’amour, les forces du mal, la guerre des classes, la corruption) ; une téléréalité extrême et des personnages archétypaux. 

Pour maximiser les chances de réussite du lancement du film Hunger Games, la stratégie de mise en marché du premier film qui a généré des ventes de 700 millions $ à travers le monde s’était avant tout éloignée des réflexes classiques, c.-à-d. achat de publicité dans les journaux, publicité TV le jeudi soir avant la première et multiplication de la visibilité potentielle avec des affiches. 

À l’ère d’Internet, l’opération marketing de Lionsgate avait plutôt misé sur l’utilisation des médias sociaux. Par exemple, sur Facebook, on pouvait constater avec amusement que chaque district (l’équivalent de nos provinces au Canada) possédait sa propre page. Le Capitol (la capitale maudite des romans d’Hunger Games) avait également son propre compte Twitter. 

Dans le cas du lancement du deuxième film, Hunger Games : Catching Fire, on a multiplié à l’infini les bandes-annonces sur YouTube. On a aussi créé un faux magazine en ligne Capitol Couture, une parodie des magazines de mode avec de fausses entrevues et de fausses marques. 

Une promotion de Cover Girls permet aux fans de choisir un district en lien avec des codes couleur. L’affiche du film, inspiré par le travail de Kris Kuksi, met en scène Katniss. 

On a aussi établi des partenariats avec les sites internet de MTV, IGN, Yahoo Movies, Empire, MSN et Huffington Post. Qui plus est, on a alimenté en photos les plateformes Instagram, Tumblr et Facebook. 

Dans ce qui promet d'être une autre recette mille fois copiée, cette stratégie de relations publiques a permis à Hunger Games de générer des pré-ventes aux guichets remarquables. 

Évidemment, la vente de romans a facilité les choses en préparant le terrain. Depuis septembre 2008, les 3 romans de la série mettant en vedette 12 districts et 24 participants se sont écoulés à environ 26 millions d’exemplaires (copies vendues et imprimées). 

La série de trois romans est d'ailleurs le plus gros vendeur de l'histoire d'Amazon depuis mars 2012 devant la série d'Harry Potter.

Les livres de la série sont disponibles dans 38 pays et ils ont été traduits en 26 langues. Au-delà des chiffres de vente des livres, le succès d'Hunger Games se mesure par le nombre de supports promotionnels, d'objets et de vêtements sur lesquels on retrouve les héros principaux. 

Tous ces artifices marketing n’enlèvent rien aux qualités de l’œuvre de Madame Collins. Mais à l’évidence, le succès d'Hunger Games repose sur une extraordinaire machine de marketing s'appuyant au final sur les médias sociaux.

dimanche 6 octobre 2013

Conférences au Spa Show en compagnie de Simon St-Hilaire



Quel plaisir ce weekend de me retrouver au congrès Spa Show Montréal organisé par Esthétique Spa International en même temps que Simon St-Hilaire, conférencier sur la vente et le service à la clientèle. J'en ai profité entre mes différentes conférences pour assister aux quatre conférences de Simon St-Hilaire données dans des salles pleines à craquer.

Simon St-Hilaire en est déjà à sa 20e année comme formateur à temps plein dans la vente stratégique, la relation avec la clientèle, la vente au détail et la gérance de vente. Au-delà de 800 organisations ont retenu ses services pour des séminaires privés. Il donne aussi des formations et des séminaires en anglais.

Son humour, son charisme, son audace et son habileté auprès des groupes placent Simon St-Hilaire dans une classe à part. Merci Simon pour les nombreux conseils, trucs et suggestions !

mardi 30 juillet 2013

Comment vendre des tartinades sucrées : la recette Nutella



On apprenait récemment que la production des tartinades Map-O-Spread et du caramel Grenache, deux produits créés par des entreprises familiales d'ici, restera au Québec. 

Dans le sillage de cette nouvelle, je me suis penché en entrevue aujourd’hui sur les origines de Map-O-Spread et du caramel Grenache. Par la même occasion, j’en ai profité pour faire la petite histoire du compétiteur numéro 1 de ces deux produits, j’ai nommé la tartinade Nutella. 

Comme vous le verrez en écoutant cette intervention, dans le domaine des tartinades sucrées comme ailleurs, le marketing prend beaucoup d'importance : publicité, commandite, conditionnement de produit, promotion, image et branding, nom du produit, etc. 

Quel est l’avenir de la tartinade sucrée? En entrevue, j'en parle avec Dominique Arnoldi de l'émision Bien dans son assiette à l'antenne de Radio-Canada.

mercredi 25 mai 2011

Comment expliquer le succès d'Oprah Winfrey ?

Oprah Winfrey animait aujourd'hui le dernier épisode de son populaire talk-show après 25 ans de diffusion. Au total, ce sont 30 000 invités, 4561 shows et 1 000 000 de participant(e)s en studio qui auront défilé dans ce quart de siècle marqué au fer rouge de la confession publique et de l'introspection. Ce faisant, Oprah aura indirectement contribué à redéfinir la normalité et la vie privée.

Mais derrière Oprah Winfrey, il y avait aussi une recette marketing, de grands moments de télévision (qui ne se souvient pas, par exemple, du comportement étrange de Tom Cruise sautant sur le sofa de manière débridée ou de la promotion du Poulet Frit Kentucky (PFK) qui a mal tourné aux États-Unis ?) et un formidable empire média qui a fait d’Oprah une milliardaire : magazines, livres, site internet, radio satellite et plus récemment, une station de télévision.

À l'occasion de la dernière d'Oprah, retour donc sur la révolution Oprah avec Gilles Parent et Catherine Bachand du FM93 : impacts économiques, origine de l’émission, influences, moments incontournables, recettes de son succès, etc.

vendredi 19 novembre 2010

Comment expliquer le succès de Harry Potter


Lancement aujourd’hui sur les écrans nord-américains du dernier film de la série Harry Potter. Plus tôt cette semaine, on apprenait d'ailleurs qu’une copie illégale de 36 minutes du film circulait sur internet. Coup de marketing ou non, voici l’occasion rêvée de revenir sur le succès de la marque Harry Potter.

Au départ, comme je le mentionnais en entrevue à Benoît Dutrizac du 98,5 FM à Montréal, on trouve dans la marque Potter des romans bien ficelés, des objets aux noms magiques, des thèmes éternels (la vie au pensionnat, le passage à l’âge adulte, le bien contre le mal, etc.) et des personnages archétypaux.

Mais pour une auteure qui a l’habitude de nier l’importance du marketing et de la publicité dans son succès personnel, Madame Rowling et son équipe ont plus d’une fois fait preuve d'un sens aigu de la mise en marché.

Pour un, Madame Rowling comprend dès le départ l'importance d'adapter son oeuvre aux différents marchés planétaires. Ainsi, les textes des romans Harry Potter ont été traduits de l’anglais à « l’américain ». Le titre du premier livre Harry and the Philosopher’s Stone est devenu Harry Potter and the Sorcerer’s Stone aux États-Unis.

Madame Rowling a aussi modifié son nom pour attirer le maximum de lecteurs. Au moment de la publication du premier tome de la série, l’éditeur de la première édition demande à Madame Joanne Kathleen Rowling (c'est le véritable nom de l’auteure des romans Harry Potter) de signer ses romans avec un nom neutre, ceci afin de rallier le maximum de jeunes lecteurs masculins.

Depuis ce temps, Madame Rowling utilise les lettres J et K au lieu du prénom Joanne Kathleen pour signer ses livres. Elle devient donc J. K. Rowling.

L’histoire de l’auteur des romans Harry Potter utilise une formule éprouvée. Son mariage raté, sa séparation houleuse et la poursuite qui s’en est suivie, son manuscrit refusé par douze des plus grands éditeurs dont Penguin et HarperCollins, tout cela à été largement raconté dans les revues à potins et dans les journaux à grands tirages. Or, la légende de la mère célibataire sans un sou est en partie un mythe.

Madame Rowling est une relationniste de grand talent. En entrevue, elle affiche un mépris profond pour la publicité (ce qui amuse toujours beaucoup les journalistes), elle minimise le rôle joué par le marketing dans le succès de ses romans (un vieux réflexe d’écrivains, spécialement dans le cas des auteurs à succès) et à l’occasion, elle se moque un peu méchamment du géant Spielberg (une attitude très populaire en Europe, dois-je le dire).

Du côté de son éditeur, la stratégie caractérisant le lancement de chacun des ouvrages est prévisible et toujours efficace. Dans un premier temps, on fait grand état de la date de lancement du prochain livre. Par la suite, on alimente la presse en rumeurs sur le contenu et les intrigues probables du livre.

Par ailleurs, lors d’un lancement de livre ou de film, il y a toujours quelques incidents qui viennent perturber l’ordre normal des choses, comme c’est d’ailleurs le cas avec le film lancé cette semaine (voir premier paragraphe).

Évidemment, on ne manque jamais de mentionner que le dernier livre – ou le dernier film – est peut-être un peu trop effrayant pour les enfants… Un vieux truc qui garantit bien sûr l’intérêt des plus jeunes !

Dans les faits, la machine de communication-marketing de l'éditeur réussit généralement très bien à susciter l’intérêt du lecteur avec des informations spectaculaires : droit du livre, nombre de copies imprimées et vendues, nombre de langues (traduction), ventes le premier jour, montant investi dans la promotion des films, etc.

Idéalement, l’éditeur donne l’information au compte-gouttes pour assurer et maintenir l’intérêt des fans. Dans ce dernier cas, la machine à rumeurs laisse souvent un doute dans l’esprit du lecteur : « Est-ce qu’il y aura assez de livres pour tout le monde ? »

Sans surprise, cette recette a permis à Harry Potter de générer des ventes remarquables. Jusqu’à maintenant, les 7 romans de la série se sont écoulés à 400 millions d’exemplaires et ils ont entraîné des revenus de 5,4 milliards $ à l’échelle planétaire (1,7 milliard $ en Amérique du nord seulement).

Les livres de la série sont vendus dans 140 pays et ils ont été traduit en 67 langues. Le premier livre de la série a même été traduits en latin, en gallois, en gaélique et en grec ancien. Au-delà des chiffres de vente des livres, le succès Harry Potter se mesure par le nombre de supports sur lesquels on retrouve le héros : édition régulière, éditions de luxe, t-shirts, pyjamas, casquettes, sacs à dos, crayons, iPod, agendas, posters, jouets.

Les différents films de la série ont donné naissance à des jeux vidéo (8) conçus par Electronic Arts. Plus récemment, Universal et Warner Brothers ont créé « Le Monde Magique de Harry Potter » à Universal Orlando, en Floride. C’est dire la puissance de la marque Harry Potter.

Au total, les ventes totales de la marque, incluant celles des produits dérivés s’élèveraient à près de 25 milliards $, selon The Times de Londres. À eux seul, les États-Unis représentent 55 % des ventes mondiales. Pour répondre à la forte demande pour les livres de Harry Potter aux États-Unis, le New York Times à même crû bon créer une liste séparée best-seller de la littérature pour enfants, en 2000.

Comprenons-nous bien. Tous ces artifices marketing n’enlèvent rien aux qualités de l’œuvre de Madame Rowling. Il s’agit à l’évidence d’une auteure dotée d’une imagination remarquable. C’est aussi une conteuse hors pair, un talent exceptionnel. Mais à l’évidence, le succès Harry Potter repose également sur une extraordinaire machine de marketing. Il ne faut jamais l’oublier…

Voir aussi :
Entrevue avec Alain Crête du 98,5 FM sur le
marketing Harry Potter

lundi 8 novembre 2010

La LNH vend ses billets à rabais dans certains arénas


En marketing, la promotion est une stratégie particulièrement prisée en période de ralentissement économique.

Or, comme le démontre le journaliste Stéphane Cadorette dans une série d’articles consacrés à la LNH, les activités de promotion occupent maintenant une place de choix dans la stratégie de mise en marché du hockey professionnel.

Dans un premier article intitulé
Le Lighting au prix du hockey junior, Monsieur Cadorette jette un coup d’œil sur les promotions qui ont cours dans LNH durant la présente saison. À titre d’exemple, on y apprend que les Panthers de la Floride offrent leurs abonnements pour 38 matchs pour la modique somme de 354,75 $, une maigre pitance de 8,25 $ par match !

Mais attention, ce n'est pas tout.
En Caroline, on annonce des billets à 9,99 $ pour voir les Hurricanes. De son côté, les Thrashers offrent à une famille quatre billets et quatre repas à 85 $, pour des matchs contre des clubs aussi vendeurs que Pittsburgh, Chicago et Washington. C'est dire la difficulté qu'éprouvent certains clubs à boucler leur budget. Le message est clair : il faut asseoir des fesses dans les amphithéâtres !

Dans un deuxième article, Monsieur Cadorette s'intéresse au taux d'occupation des différents arénas de la LNH. Comme on peut s'en douter, la réalité est que « plusieurs arénas à travers le circuit sont désertés par les amateurs, même en ce début de saison. »

Monsieur Cadorette rapporte qu'avant les matchs d’hier soir, pas moins de huit clubs ne parvenaient pas à remplir 80 % de leurs gradins, soit les Devils du New Jersey (79,4 %), le Lightning de Tampa Bay (79 %), les Stars de Dallas (75,7 %), les Islanders de New York (72,3 %), les Panthers de la Floride (71,3 %), les Blue Jackets de Columbus (64,5 %), les Thrashers d’Atlanta (58,9 %) et les Coyotes de Phoenix (53,7 %).

Évidemment, dans le contexte économique actuel, ces réductions sont probablement efficaces pour augmenter les ventes de billets à court terme -- et attirer les familles et les plus jeunes --deux publics particulièrement ciblés par ces promotions. Mais cette stratégie de promotion est plus risquée à long terme.

En effet, si la promotion permet d’obtenir des résultats rapides, on ne peut prétendre à un effet durable. Le professeur Don Schultz écrit : « L’un des plus grands risques est de donner naissance à un groupe de consommateurs désireux de profiter systématiquement des occasions et de détruire ainsi la structure interne du prix du produit. »

En outre, comme le mentionne Claude Cossette et René Déry, auteurs du livre La publicité en action : « Si le prix courant est continuellement réduit de 33 %, on finira par en déduire que le produit n’a jamais valu plus de 66 %. »

Reste à savoir si un club de la LNH à Québec serait condamné à offrir des rabais semblables pour attirer les amateurs. C'est une question qui fait l'objet
d'un troisième article de Monsieur Cadorette. Bonne lecture !

jeudi 30 septembre 2010

10 raisons pour lesquelles Quebecor (et donc Videotron) s'intéresse aux Nordiques de Québec


Le sport évolue, se transforme. Depuis les premières retransmissions télévisées de la Soirée du hockey en 1952 à l’antenne de Radio-Canada, l’ensemble des relations unissant le sport et le monde des médias est en constante mutation.
 

Pour la plupart des gens, le sport, c’est d’abord l’exploit sportif. Mais derrière cette façade, il y a le véritable nerf de la guerre : le produit que l’on programme et diffuse. Voici les 10 raisons pour lesquelles Pierre Karl Péladeau s’intéresse aux Nordiques :
 

1. Parce qu’à l’ère de la multiplication des chaînes et des plateformes médias, le contenu dynamique est le nerf de la guerre pour engranger des revenus dans le secteur des télécommunications. Parlez-en à Ted Turner qui, le premier, s’est porté acquéreur des Braves d’Atlanta depuis revendus à Liberty Media.
 

2. Parce que Quebecor à lancé TVA Sports et que le futur de la télévision repose sur la télévision spécialisée, au détriment de la télévision généraliste traditionnelle.

Ultimement, Quebecor pourrait privilégier une autre avenue et créer un réseau entièrement consacré à la nouvelle équipe de Québec, un genre de Leafs TV ou de MSG (Rangers de New York + Knicks).

3. Parce qu’en pleine crise des médias – multiplication des chaînes et des supports, fermeture de journaux, création de nouvelles plateformes – les équipes de sport sont des sources de contenu permettant de ralentir le déclin des supports traditionnels.
 

Au Québec comme ailleurs dans le monde, le déclin des médias traditionnels à la fin des années 90 est le produit d’un environnement particulièrement menaçant caractérisé par cinq changements en profondeur : l’apparition de la télévision spécialisée, de nouvelles mesures de l’audience, l’apparition de la télécommande, la naissance du magnétoscope et des messages publicitaires de plus en plus courts.
 

On le devine bien, ce nouvel ordre va contribuer à changer la façon de concevoir, d’acheter et de mettre en marché le sport.
 

4. Parce que le sport est idéal pour faire jouer la convergence et jouer à l’infini les mêmes contenus. La convergence des médias que l’on connaît depuis quelques années est un facteur qui permet de comprendre le succès du couple sport/médias. Car évidemment, la convergence permet un relais publicitaire (et marketing) d’une puissance jamais égalée.
 

Comme je le mentionne en entrevue à la télévision, cette convergence a donné naissance à un nouvel ordre médiatique caractérisé, entre autres, par l’abolition des barrières historiques entre les différents médias. En multipliant les médias, on multiplie les forces.
 

5. Parce que le sport est une extraordinaire plateforme pour le monde de la publicité, de la promotion et de la commandite, trois éléments fondateurs du monde médiatique. Le maillage propriété sportive/propriétés médiatiques prend alors tout son sens.

Je tiens ici à ajouter que l’équipe de vente des Nordiques a déjà fait ses preuves dans ce secteur, récoltant la 6e position dans la LNH en terme de vente de publicité lors de la saison 1995 : publicités sur les bandes, affichages, promotion, commandites, etc.
 

En plus de créer la première mascotte de la LNH en 1986 (Badaboom), d’initier la publicité sur les bandes de patinoire et la publicité sur la glace, Marcel Aubut est à l’origine de la publicité sur les marches d’escalier. Emplacement jugé audacieux à l’époque, la marche d’escalier publicitaire est devenue depuis un passage obligé dans de nombreux amphithéâtres sportifs.
 

6. Parce que le réseau RDS, une machine à imprimer de l'argent, occupe le premier rang de l’écoute des chaînes spécialisées francophones, chez les hommes âgés de 18 à 49 ans et que, sans club professionnel, il ne peut y avoir de station spécialisée dans le sport pour Quebecor.
 

La télévision spécialisée permet un ciblage pointu des clientèles. Les télévisions spécialisées offrent plusieurs environnements très ciblés, des niches stables. Les publics de la télévision spécialisée sont plus restreints mais les canaux thématiques offrent une segmentation serrée. Ils conviennent notamment aux annonceurs qui cherchent à se différencier.
 

(Je tiens ici a rappeler que le modèle d’affaire du CRTC favorise nettement les chaînes spécialisées au dépend des généralistes. C’est profondément injuste mais c’est comme ça.)
 
7. Parce qu’une équipe de hockey à Québec pourrait contribuer à rentabiliser le nouveau réseau cellulaire de Quebecor en augmentant le nombre de clients, hausser le trafic et donc les revenus. Au moment d'écrire ces lignes, la LNH négocie d'ailleurs, avec ses partenaires américains dont Fox Sports pour finaliser une entente relative à la retransmission des matchs de hockey sur téléphone intelligent.
 

Dans le même ordre d'idée, Quebecor a annoncé que les matchs présentés à TSN et RDS seront disponibles sur son nouveau réseau sans fil. Ceci dit, comme le rapporte Vincent Brousseau-Pouliot, « RDS, n'a pas l'intention de partager la diffusion des matchs du Tricolore sur téléphone portable avec son principal concurrent au Québec après la saison 2010-2011. » 

En d'autres mots, Quebecor doit absolument partir à la recherche de contenu pour maximiser son investissement dans son réseau sans fil.
 

8. Parce qu'à l'instar de n’importe quelle guerre commerciale impliquant des médias, les opérateurs sont en compétition les uns avec les autres pour mettre la main sur les clients et les contenus.  
Ainsi, BCE a fait récemment l’acquisition du réseau CTVglobemedia dans une transaction de 3,2 milliards $. Elle est aussi co-propriétaire du Globe & Mail. Enfin, BCE est associé aux Canadiens de Montréal.
 

9. Parce qu’on sait que les nouvelles technologies vont donner naissance à des stratégies publicitaires innovatrices fondées sur la géolocalisation qui permettront aux commanditaires de minimiser la fragmentation des auditoires et l’abondance des messages publicitaires.
 

10. Finalement, parce que le mariage unissant le sport aux géants des médias est une formule éprouvée.

Bell et Rogers sont maintenant propriétaire des Maple Leafs de Toronto. Le club des Rangers de New York est le jouet d’un géant de la câblodistribution (Cablevision) depuis 1997. En 1996, Comcast et Spectacor (mieux connu sous le nom de SMG) achètent l’équipe des Flyers pour la somme de 250 millions $. Ce que compte faire Quebecor avec les Nordiques n’est pas complètement nouveau, qu’on se le dise.

Voir aussi :
Réflexions sur le retour possible des Nordiques - entrevue avec Gilles Parent du FM93
Pourquoi Quebecor s'intéresse aux Nordiques de Québec - entrevue avec Benoît Dutrizac du 98,5 Montréal

mardi 17 août 2010

Quel est l'avenir des coupons rabais ?

Dans un article récent publié dans le magazine L’épicerie, Stéphane Bordeleau s’intéresse aux coupons dans la stratégie promotionnelle des épiceries au Québec et ailleurs dans le monde.

On y apprend qu’aux États-Unis, les bons de réduction ou coupons rabais constituent encore l’un des outils promotionnels les plus utilisés. En 2009, les Américains ont utilisé 3,3 milliards de coupons. En marketing, il faut dire que les coupons ont plusieurs avantages, spécialement en période de récession :
  • Ils peuvent relancer une marque en déclin.
  • À court terme, ils augmentent votre part de marché.
  • Ils génèrent de l’intérêt autour de votre produit.
  • Ils permettent de rejoindre un grand nombre de consommateurs dans un court laps de temps.
  • Ils réduisent les infidélités. Selon ACNielsen, les utilisateurs de coupons restent fidèles plus longtemps à la marque que les consommateurs qui bénéficient des rabais directement en magasin.
  • Ils peuvent être utilisés pour attirer l’attention des consommateurs sur une nouvelle saveur ou un nouveau format.
  • Ils donnent le goût aux gens d’essayer votre produit. On estime que 65 % des coupons utilisés permettent de rejoindre de nouveaux clients (50 % pour les marques établies).

D’après Nielsen, 58 % des familles utilisaient les bons de réduction en 1971, 65 % les utilisaient en 1975 et 76 % en 1980. Ce sont les familles de la classe moyenne qui sont les plus grands utilisateurs de ces coupons.

Le taux d’utilisation des bons de réduction varie en fonction des pays. Au Canada, le taux de retour en 2004 est d’environ 4 %. En comparaison, selon un article publié il y a quelques années sur AdAge, le retour des coupons s’élève à 56 % en Belgique, 16 % en Italie et en Espagne, et 7,5 % en Angleterre.

En réalité, comme je le mentionnait à l'émission L'Épicerie, les coupons ont deux désavantages. Premièrement, plus de 20 % des coupons sont utilisés frauduleusement, ce qui pose de plus en plus de problèmes aux entreprises. Ensuite, les coupons n’augmentent pas la fidélité à la marque ni la courbe des ventes à moyen et à long terme. En réalité, une promotion sur 10 génère une hausse des ventes supérieure à 10 %.

dimanche 10 mai 2009

Quand Oprah parle poulet

C'est bien connu, la distribution de coupons permet d’accélérer les ventes à brève échéance. KFC (anciennement Kentucky Fried Chicken) l'a appris à ses dépends la semaine dernière aux États-Unis.

Durant l'une de ses émissions, Oprah Winfrey a invité les gens a profiter de la promotion « deux morceaux de poulet grillé gratuits » offerte par les restaurants KFC (ou PFK au Canada français, anciennement le Poulet Frit Kentucky). Le coupon en ligne que l'on pouvait retrouver sur le site d'Oprah a suscité tellement d'enthousiasme que KFC a dû modifier ses plans initiaux... faute de poulet. Comme quoi, la promotion peut parfois se retourner contre son auteur.

En 1993, Maytag Angleterre a évité de peu le fiasco à la suite d’une offre de billets d’avion gratuits avec chaque achat de 150 $ de produits Hoover. Plus de 200 000 clients demandèrent un voyage aérien gratuit!

Aux Philippines, Pepsi-Cola a dû faire face à 800 000 gagnants après avoir donné un mauvais numéro gagnant lors d’un concours. La multinationale a eu droit à de violentes manifestations. Elle a finalement acheté la paix en donnant 20 $ à chaque détenteur d’un billet gagnant.

Mine de rien, les activités de promotion sont en train de changer notre façon de magasiner, spécialement en période de ralentissement économique. Les demandes d’information ou de documentation, les essais gratuits ou l’adhésion à un club ont tous révolutionné la promotion.