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lundi 22 mars 2010

CRTC rend sa décision - retour sur mes prédictions

Le CRTC a tranché.

Voici mes sept prédictions faites le 18 mars 2010 et ce que le CRTC nous annonce aujourd'hui :

Prédiction 1
Le CRTC autorisera les redevances, mais celles-ci ne seront pas déterminées/fixées par le CRTC. Elles seront plutôt négociées à la pièce avec les différents distributeurs de signaux à travers le pays. On s’inspirera donc ici du modèle américain. Prédiction audacieuse...

Décision du CRTC : le CRTC invite les stations généralistes et les distributeurs de signaux à négocier les uns avec les autres. Conséquemment, le CRTC ouvre la porte aux redevances mais celles-ci seront négociées à la pièce. 1 point.

Prédiction 2
En échange de ces redevances, les différentes stations généralistes devront s’engager à réinvestir un nombre de dollars supplémentaires dans la production de contenus canadiens, ce qu’on appelle communément le Fonds d'amélioration de la programmation locale.

Décision du CRTC : le CRTC propose une nouvelle règle aux télévisions généralistes. Celles-ci devront investir 30 % de leur revenu brut en contenu canadien. Ceci dit, le CRTC ouvre la porte à la flexibilité entre stations généralistes et spécialisées à l'intérieur d'un même groupe. 1 point.

Prédiction 3
Le CRTC invitera les distributeurs de signaux comme Videotron, Bell, Rogers, Shaw et Cogeco à ne pas augmenter significativement le coût de leur service mensuel.

Décision du CRTC : non précisé mais logiquement, la solution choisie par le CRTC (négociation TV généraliste vs diffuseurs) empêchera les diffuseurs de hausser significativement les coûts de la facture mensuelle, autour de 1.50 $ par mois au Québec. 1 point.

Prédiction 4
Dans ce contexte, les diffuseurs de contenus seront contraints de revoir/modifier les forfaits (packages) de stations de télévision, cela pour le plus grand bonheur des abonnés canadiens.

Décision du CRTC : pas abordé dans la décision du CRTC mais la réaction initiale de Bell m'indique que les diffuseurs comprennent qu'ils seront contraints de trouver une nouvelle manière de vendre les différentes stations généralistes et spécialisées. La recette reste à concocter. 0,75 point.

Prédiction 5
Je pourrais me tromper mais je serais étonné que les annonces du CRTC fassent plaisir à l’industrie de la télévision spécialisée (Astral et Corus). Attendez-vous à une réaction forte de la part de ces deux géants.

Pas de déclaration officielle au moment de mettre ce billet en ligne.

Prédiction 6
Radio-Canada/CBC ne sera pas admissible aux mêmes redevances que les chaînes privées généralistes.

Décision du CRTC : Radio-Canada / CBC ne touchera pas de nouvelle redevance. 1 point.

Prédiction 7
Je serais estomaqué si le CRTC n’autorise pas les redevances aux réseaux généralistes. Après tout, je vous rappelle que cette fois-ci, c’est le CRTC qui a rouvert ce dossier suite aux problèmes financiers de quelques grands joueurs de la télévision généraliste au Canada.

Décision du CRTC : le CRTC autorise les redevances. 1 point.

Note finale : 5,75 sur 6 (avec option sur un 6,75 sur 7)
Bravo prof !

jeudi 18 mars 2010

Décisions du CRTC relatives aux redevances pour les chaînes généralistes : mes 7 prédictions


Les chaînes généralistes comme TVA, V, Global ou CTV doivent-elles toucher des redevances sur les revenus du câble? Le CRTC tranchera lundi prochain.

Voici mes sept prédictions :

Prédiction 1
Durant les audiences de l'automne dernier, le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, a suggéré l'hypothèse d'une redevance mensuelle de 25 cents par abonné pour chaque chaîne généraliste. Or, le je prédis que le CRTC penchera pour une autre option.

Le CRTC autorisera les redevances, mais celles-ci ne seront pas déterminées/fixées par le CRTC. Elles seront plutôt négociées à la pièce avec les différents distributeurs de signaux à travers le pays. On s’inspirera donc ici du modèle américain. Prédiction audacieuse...

Prédiction 2
En échange de ces redevances, les différentes stations généralistes devront s’engager à réinvestir un nombre de dollars supplémentaire dans la production de contenus canadiens, ce qu’on appelle communément le Fonds d'amélioration de la programmation locale.

Prédiction 3
Le CRTC invitera les distributeurs de signaux comme Videotron, Bell, Rogers, Shaw et Cogeco à ne pas augmenter significativement le coût de leur service mensuel.

Prédiction 4
Dans ce contexte, les diffuseurs de contenus seront contraints de revoir/modifier les forfaits (packages) de stations de télévision, cela pour le plus grand bonheur des abonnés canadiens.

Prédiction 5
Je pourrais me tromper mais je serais étonné que les annonces du CRTC fassent plaisir à l’industrie de la télévision spécialisée (Astral et Corus). Attendez-vous à une réaction forte de la part de ces deux géants.

Prédiction 6
Radio-Canada/CBC ne sera pas admissible aux mêmes redevances que les chaînes privées généralistes. Deux options : 1- le CRTC va accorder des redevances seulement aux réseaux privés généralistes ou 2- le CRTC va établir ce que j’appellerais un différentiel de redevances, c’est-à-dire, un pourcentage de redevance particulier à la CBC/Radio-Canada, par exemple, 25 sous par abonné.

Le CRTC justifiera cette décision en s'appuyant sur le montant en dollars des subventions annuelles allouées à la CBC/SRC.

Prédiction 7
Je serais estomaqué si le CRTC n’autorise pas les redevances aux réseaux généralistes. Après tout, je vous rappelle que cette fois-ci, c’est le CRTC qui a rouvert ce dossier suite aux problèmes financiers de quelques grands joueurs de la télévision généraliste au Canada.

Si jamais le CRTC refuse les redevances aux stations généralistes, je vous annonce que les menaces de CTV et de Global seront mises à exécution – fermeture de stations locales à court terme et dans le pire des cas, fermeture d’un de ces deux réseaux à long terme (3 à 5 ans).

Si j’obtiens quatre prédictions sur sept, je serai content de ma performance. En dessous, un peu déçu ; au-delà, plutôt satisfait de mes talents de Nostradamus !

vendredi 20 novembre 2009

Quel est l’avenir de la télé généraliste au Canada ?

« Les câblodistributeurs et les télédiffuseurs généralistes se livrent présentement un duel devant les commissaires du CRTC sur la question des redevances. De nombreux points de vue sur le sujet ont été mis de l’avant », nous rappelle Katia Germain, du Canal Argent, dans une entrevue questions/réponses à laquelle j'ai participé un peu plus tôt aujourd'hui.

Comme je le mentionne dans cette entrevue, ce sont probablement les audiences du CRTC les plus importantes des 20 dernières années. En fait, nous sommes à une croisée des chemins.

Le modèle actuel de la télé généraliste qui date d’une vingtaine d’années ne tient plus la route à cause de l’arrivée d’Internet et de technologies comme le magnétoscope numérique, la multiplication des chaînes, la fragmentation des auditoires et le zapping (action de changer de chaîne durant les pauses commerciales ou entre les émissions).

Par ailleurs, comment expliquer que les stations spécialisées reçoivent des redevances et pas les généralistes ? La logique au départ était d’accorder des redevances aux spécialisées parce qu’elles débutaient. Aujourd’hui, plusieurs génèrent beaucoup de revenus et produisent peu de contenu original. Il faut donc revoir la répartition des redevances.

Pour lire la suite de l'entrevue et mes prédictions sur ce qu'annoncera éventuellement le CRTC,
cliquer ici.

mercredi 18 novembre 2009

Sondage Léger Marketing : les TV généralistes traitées injustement

Une enquête réalisée au Québec entre le 21 et le 28 octobre dernier par la firme Léger Marketing a permis de révéler que 71 % des répondants trouvaient injuste que les télés généralistes n’aient pas accès aux redevances et que de telles redevances devraient être versées à parts égales aux télés généralistes et spécialisées (51 % vs 49 %).

L’enquête a aussi permis de faire la preuve de l’attachement des Québécois à la télévision généraliste, les répondants estimant, dans une proportion de 80 %, que celle-ci jouait un rôle majeur dans la préservation et le rayonnement de la culture québécoise et, dans une proportion de 76 %, que les pouvoirs publics avaient la responsabilité de protéger l’industrie télévisuelle québécoise.

lundi 16 novembre 2009

Pourquoi la TV est le média le plus puissant ?


Cette semaine, les bonzes de la télévision canadienne se réuniront à Gatineau afin de définir un nouveau partage des revenus entre la TV généraliste et la TV spécialisée. C'est l'occasion rêvée de revenir sur les forces de la télévision généraliste.

Au départ, disons qu'environ la moitié des budgets de publicité des grands annonceurs se retrouve à la télévision. Ce n’est pas un hasard.

Selon le légendaire David Ogilvy, « La télévision est apparue comme le plus puissant médium pour vendre la majorité des produits. » La publicité offre cinq avantages:

1. La télévision est multisensorielle
La télévision est le seul média qui vous permet d’utiliser l’image, le mouvement, la couleur et le son, ce qui confère à votre publicité un pouvoir quasi magique.

Contrairement aux autres médias qui exploitent un sens, la télévision joue sur deux sens. La combinaison du son et de l’image crée un fort impact. Cela fait de la télévision un média particulièrement persuasif.

2. La télévision est un média prestigieux
La télévision rehausse l’image de votre produit auprès des consommateurs. Elle donne de la crédibilité à votre marque. Pour cette raison, la télévision est particulièrement efficace pour lancer un nouveau produit ou développer une image de première classe.

3. La télévision est excellente pour modifier la perception d’un produit
Lorsque l’affaire des clients empoissonnés a frappé Tylenol, l’entreprise a utilisé en priorité la publicité télévisée pour rassurer la population. La campagne fut si efficace que Tylenol dépassa éventuellement Aspirin en terme de vente.

4. La télévision est un média de notoriété et de rappel
Quand on demande aux consommateurs de nommer une publicité qui les a marqués, près de 90% des messages publicitaires cités sont des messages diffusés par la télévision. Cela illustre bien le pouvoir de la télévision sur les gens.

5. La télévision garantit une couverture nationale
Le petit écran vous permet de rejoindre rapidement votre clientèle. En achetant différentes émissions sur différentes stations, vous touchez de vastes auditoires. Voilà pourquoi la télévision est un bon média pour annoncer des produits de consommation courants comme le détersif, le shampooing ou le dentifrice.

***
La fascination pour le petit écran ne date pas d’hier. En 1961, les foyers canadiens regardaient la télévision pendant 40 heures par semaine. En 1962, la télévision rejoignait déjà 88% des foyers québécois. C’était bien avant l’arrivée de la télévision en couleurs en 1966. De nos jours, 99% des foyers québécois possèdent au moins un téléviseur et 62% en comptent plus d’un.

mardi 19 mai 2009

Le CRTC accorde une licence de deux ans à TVA


Afin de pouvoir analyser et évaluer correctement l’effet des nouvelles technologies sur la télévision, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a décidé la semaine dernière de renouveler les licences du télédiffuseur généraliste privé TVA pour une période de deux ans -- CTV et Global ont été renouvelé pour un an. C’est une bonne idée.

Au Canada comme ailleurs, le Web et l'émergence de plusieurs plateformes commencent à affecter les chaînes généralistes. Par exemple, il y a quelques temps, un rapport de PriceWaterhouse Coopers présentait la télévision conventionnelle comme le secteur de l'industrie des médias canadiens faisant face au plus grand défi au chapitre de la croissance des revenus au cours des cinq prochaines années.

Selon TD Newcrest et Yankee Group, la fragmentation, l'impact des nouvelles technologies comme la transmission numérique, et la télévision à haute définition (HD) et des nouvelles plateformes sont à l'origine de cet environnement difficile pour les radiodiffuseurs conventionnels.

Pour contourner les nombreux problèmes de la télévision, attendez-vous à voir de plus en plus de marques s'associer à des émissions (Ma maison Rona) et des segments d'émission (cotes boursières Desjardins). La multiplication des messages et le placement de produit (Coca-Cola dans American Idol) deviendront également la norme.